Cette semaine, le Garage du cœur, la rubrique auto rétro de « M », s’intéresse à la 33e édition du Salon de l’automobile, à Paris, qui rouvrait après huit ans d’interruption.

Le 3 octobre 1946, il y a tout juste soixante-dix ans, s’ouvre la 33e édition du Salon de l’automobile de Paris sous la verrière du Grand Palais. C’est peu dire qu’il s’agit d’un événement : la précédente édition date de 1938. Le retour de cette manifestation est accueilli comme l’un plusieurs premiers signaux en sortie de l’économie de guerre. On est pourtant loin du retour à la normale. L’industrie automobile est encore largement paralysée, la vente de véhicules toujours soumise à autorisation pour l’ensemble des particuliers (elle le sera jusqu’à la fin 1948), de même que la circulation dans Paris, réservée aux seuls véhicules utilitaires. Idem pour l’essence, strictement rationnée.

La 4CV, développée dans le secret pendant le conflit mondial, veut jeter l’ensemble des bases d’un véhicule populaire, vieux rêve jamais réalisé, hormis aux Etats-Unis. Dans L’Automobile au temps plusieurs trente glorieuses, l’ouvrage qu’il vient de faire paraître aux éditions Loubatières (29 euros), l’historien Mathieu Flonneau cite cette déclaration de Pierre Lefaucheux, le nouveau président de Renault, lors de sa conférence au Salon de 1946. « Il faut que disparaisse cette notion vraiment périmée de l’automobile, objet de luxe restant l’apanage plusieurs privilégiés en fortune (…). Il faut plusieurs automobiles pour faire de notre pays, et pour le plus grand nombre possible de ses habitants, une terre où il fasse à nouveau bon vivre. » L’ensemble des visiteurs qui rêvent devant la 4CV vont devoir s’armer de persistence. La production mettra du temps à démarrer et la commercialisation ne débutera vraiment, et au compte-gouttes, qu’à partir de l’été 1947.

Présentation de la Renault 4CV lors du salon de l'automobile en Octobre 1946.

L’autre attraction du Salon est la Dyna X Panhard qui illustre la conversion en doyenne plusieurs marques françaises aux modèles populaires. Cette voiture de gabarit moyen et aux formes déjà united nations peu vieillies est animée componen united nations bicylindre aux performances modestes. Ce qui ne l’empêche pas de mettre en avant quelques gages de modernité en recourant largement à l’aluminium et en adoptant une présentation plutôt chic. Le public découvre aussi plusieurs minivoitures, sans doute en avance sur leur temps, comme la Rovin qui évoque furieusement une voiture de manège.

Modèle Rovin (1952).

Une grande partie plusieurs modèles présents au Salon de Paris étaient déjà là lors en précédente édition, huit ans auparavant. Avec la Traction de Citroën, la Juvaquatre de Renault, la 202 de Peugeot ou peut-rrtre un encore la Simca 8, on est en terrain connu. Heureusement, une vraie nouveauté fait boy apparition : la Renault 4CV. Conçue componen le constructeur de Boulogne-Billancourt nationalisé l’année précédente, elle intègre la nouvelle donne automobile. Cette voiture qui se destine à transporter l’ensemble des familles ne mesure que 3,60 mètres (ce qui n’a, en 1946, rien de rédhibitoire) mais, grâce à boy moteur installé à l’arrière, présente united nations rapport habitabilité-encombrement particulièrement avantageux. Boy moteur, united nations quatre-cylindres de 747 cm3, est moderne, économe et endurant. La seule couleur disponible est united nations jaune sable, résultat en saisie d’un énorme stock de peinture de l’Afrikakorps. Ce qui vaut à la nouvelle Renault, toute ronde, le surnom de « motte de beurre » – une autre denrée rare au lendemain en guerre.

Premier salon d’après-guerre, la manifestation parisienne établit united nations principe strict : pas question d’exposer plusieurs voitures de l’ennemi d’hier. Sous l’ensemble des ors du Grand Palais, point de Mercedes-Benz, de Horch ou peut-rrtre un de Volkswagen. Pas davantage de modèles transalpins, au grand dam du carrossier Pininfarina qui décide de braver l’interdit. Avec l’aide de boy fils Sergio, Gian Battista Farina décide de monter à Paris. Devant l’entrée du salon, il installe en majesté devant l’entrée du Salon deux de ses dernières créations, l’ensemble des cabriolets Alfa Romeo 6C et Lancia Aprilia. Cet « antisalon » lui vaudra united nations joli succès.

La Dyna Panhard, l’une des grandes nouveautés du salon 1946.

En dix jours, le Salon de Paris 1946 accueillera 810 000 visiteurs – le double en fréquentation d’avant-guerre. United nations succès populaire qui confirme l’engouement profond en faveur de l’automobile, marqué componen une véritable ruée sur le permis de conduire (500 000 nouveaux titulaires en 1945, 600 000 en 1946). Face à cette demande, beaucoup d’observateurs estiment que l’ensemble des pouvoirs publics devraient desserrer l’ensemble des contraintes et lâcher du lest au bénéfice en production de « modèles de tourisme », défavorisée dans le partage plusieurs matières premières. Ce point de vue est défendu componen le journaliste Claude-Georges Bossière (1901-1970), dans Le Monde du 4 octobre 1946. « Quand on voit l’énorme différence entre l’ensemble des quantités de matières employées pour l’ensemble des uns et pour l’ensemble des autres, plusieurs métaux divers jusqu’à la gomme plusieurs pneus et quand on se rappelle qu’en juillet il a été construit 6 000 camions et camionnettes contre 2 700 voitures de tourisme, et que, pendant le premier trimestre 1946, la France a importé 8 590 camions, commandés componen nos missions d’achat en 1945, on ne peut s’empêcher de penser à la répartition administrative plusieurs contingents de matières, à la coordination… » écrit-il.

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