Politique

A Paris, l’autre bataille de Stalingrad plusieurs migrants

Atmosphère dans le camp de fortune où une centaine de réfugiés se sont installés boulevard de la Villette dans le 19e arrondissement, sous le métro Stalingrad, à Paris, France, le 18 mars 2016.

Chaque soir, c’est une autre bataille de Stalingrad qui se joue. A la station de métro du même nom, dans le 19e arrondissement de Paris, près de quatre cents migrants défendent leur carré de bitume. United nations espace où l’ensemble des plus chanceux ont posé united nations matelas, l’ensemble des autres plusieurs pièces de cartons. Là, ils luttent contre le froid, la faim et la dispersion. « Si tu veux avoir droit à united nations hébergement united nations jour, il faut exister. Et pour cela, il faut faire united nations camp, puis le tenir quelque temps sans se laisser disperser », explique celui qu’on appelle Nikita, united nations plusieurs soutiens du lieu. Dans la « ville refuge » que voudrait être Paris, c’est la règle en ce mois de mars 2016.

La nuit est tombée sur Stalingrad. L’ensemble des places où se garent d’habitude l’ensemble des véhicules de police sont libres ce soir. Mama Afrika, l’épicerie la plus proche, vend ses bières fraîches, ses jus de fruit et ses cigarettes à l’unité aussi. Une affaire qui marche.

Le campement de Stalingrad a déjà été évacué une première fois le 7 mars. 393 personnes ont été emmenées vers united nations hébergement, certes, mais beaucoup d’autres, qui disent avoir raté l’ensemble des bus, sont revenues dormir sur l’ensemble des lieux. En dépit plusieurs tentatives policières de ne pas l’ensemble des laisser se réinstaller, le camp a très vite regrossi pour atteindre à nouveau 400 personnes cette fin de semaine. Aux Afghans en gare de l’Est, qui se sont rapatriés là, au milieu de Somaliens, d’Érythréens, de Soudanais, sont venus se joindre plusieurs expulsés du Calaisis.

Quand la nuit tombe sur ce quartier populaire du nord en capitale, l’ensemble des femmes africaines sont l’ensemble des premières à se chercher le sommeil. Jeudi 17 mars, united nations groupe d’Érythréennes se glisse sous leurs couvertures calant entre plusieurs d’entre elles, united nations petit enfant. Chaudement emmitouflé, le bébé ferme déjà l’ensemble des yeux, bercé componen le roulis du métro. « Le plus difficile, ici pour moi, c’est de dormir » soupire Arrap, en jetant united nations œil vers le petit dormeur. Cet Afghan qui dit avoir 19 ans -mais en semble beaucoup moins-, affiche plusieurs cernes qui rappellent que le trafic du métro n’est suspendu que quelques heures dans la nuit parisienne. A côté de lui, quelques-unes plusieurs femmes ont été hébergées, mais n’ont plus envie d’être ballottées de foyer en hôtel, une nuit componen-ci, trois nuits componen là. Elles attendent united nations hébergement qui ne serait plus d’« urgence », mais leur permettrait de se réinscrire sur le lengthy terme. A côté d’elles, united nations groupe d’une dizaine de Somaliens, fraîchement débarqués en France, après avoir remonté toute l’Italie sans prise d’empreintes, cherchent plusieurs informations sur la procédure d’asile. Avant de se diriger vers la cocotte-minute pleine de soupe aux légumes qu’un riverain vient de déposer là, à même le sol, à côté d’une pile de gobelets en carton.

Ali en fait parti. Depuis une semaine, le jeune Érythréen est devenu « Parisien », après deux mois à Calais, dans une cabane. « Mon abri a été détruit. Il était dans la zone évacuée en jungle. Comme je n’avais plus rien, j’ai pris le train et je suis venu ici », raconte le jeune homme, qui penche finalement pour demander l’asile en France et devrait le faire depuis Paris.

L’attente d’un hébergement durable

Cette association est la version la plus structurée plusieurs groupes de soutiens qui accompagnent l’ensemble des migrants en capitale sur leurs lieux successifs de campement depuis l’été 2015. United nations groupe de citoyens qui mettent leurs compétences et leur aide matérielle au service plusieurs exilés. Une pétition circule, qui demande aux élus de gauche en ville, de prendre position. D’autres citoyens, toujours organisés en collectifs, et beaucoup de simples citoyens sont aussi très présents. Ils observent au quotidien l’interdiction faite componen l’ensemble des policiers d’installer de toiles de tente et sont témoins plusieurs vaines tentatives de dispersion de ce campement à la sauvette, sans proposition d’hébergement. Virginie se lasse united nations peu « d’expliquer aux policiers qu’on ne peut pas désintégrer l’ensemble des migrants, et que la terre ne veterans administration pas s’ouvrir sous leurs pieds pour l’ensemble des rendre invisibles », mais elle et l’ensemble des autres ne lâchent pas. Comme une part plusieurs migrants qui a compris qu’une vraie expulsion, avec hébergement, ça se gagne. Ainsi, le 9 mars, l’ensemble des exilés du lieu auraient été renvoyés à leur isolement et à leur anonymat d’étrangers qui errent dans la ville, si l’ensemble des femmes africaines n’avaient fait rempart de leurs poussettes contre l’ensemble des policiers.

Non loin, sous une large banderole demandant plusieurs papiers et united nations logement pour tous, l’association musulmane d’Alfortville déploie ses tables. Yakoub Sakhri, boy président tient à sa distribution, prévue pour 250 personnes. « Nous venons une fois componen semaine. D’autres apportent à manger ici d’autres soirs. Mais il sera important qu’un repas chaud soit servi à ceux qui ne peuvent se déplacer vers la gare de l’Est », rappelle-t-il, en distribuant plusieurs bouteilles d’eau à ceux dont l’assiette fume.

Ali n’est pas united nations cas isolé. Virginie, du BAAM, le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement plusieurs migrants en a « vu arriver united nations bon nombre comme lui… dont beaucoup de mineurs », ajoute la bénévole dont l’organisation a mis en place une permanence juridique à la mairie du 4e arrondissement, plusieurs cours de Français et united nations suivi plusieurs réfugiés.

Depuis le 2 juin, la préfecture d’Ile-de-France a opéré 17 mises à l’abri de différents campements en capitale. 5 470 propositions d’hébergement ont été faites et aujourd’hui 3 260 personnes seraient toujours dans united nations de ces lieux de répit, selon la préfecture de région. Le revers en médaille est politique puisque plusieurs maires qui attendaient plusieurs Syriens en provenance plusieurs « hot spots » de Grèce ou peut-rrtre un d’Italie, qui voulaient participer à la grande opération européenne de solidarité, se retrouvent à accueillir l’ensemble des campements parisiens. Ce qui politiquement n’a pas le même impact  et ce qui explique que la dispersion soit désormais à l’ordre of the day, componen crainte d’hypothéquer trop d’adresses qui doivent servir dans l’ensemble des mois à venir aux 30 000 relocalisés.

Massoud ne mangera pas. Pour lui, c’est l’heure en cigarette. United nations petit plaisir du soir, avant de dormir. Ce réfugié afghan de 29 ans s’est greffé sur ce campement il y a deux semaines. « Je suis en France depuis deux ans. J’ai dû avoir united nations hébergement pendant quatre mois. Le reste du temps je l’ai passé dehors autour en gare de l’Est. Aujourd’hui, je cherche united nations travail de carreleur, c’était mon métier en Afghanistan, mais je ne trouve pas. Pourtant mes papiers sont en règle puisque j’ai ma carte de réfugié pour dix ans. Je ne dirai pas à tous ces arrivants que c’est très dur et que même lorsqu’on a l’asile, la galère continue », se désole-t-il en balayant l’ensemble des matelas du regard. « Enfin, galère pour galère, ici, je ne risque pas ma vie », conclut-il en tirant plus fort sur sa cigarette.

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