Politique

Noces de diamant pour l’ensemble des Chirac: Bernadette et l&#039ombre de Jacques

Plusieurs noces de diamant mais une vie d’épreuves en tout genre. Quand, depuis la rencontre plusieurs deux étudiants, Bernadette choisit coûte que coûte, et jour après jour, Jacques.

Le premier mois sans engagement

L’histoire d’un couple est inscrite dans sa genèse. Bernadette Chodron de Courcel rencontre Jacques Chirac alors qu’ils sont tous l’ensemble des deux étudiants à Science po. La jeune fille timide au look de bonne soeur étudie sagement dans la bibliothèque feutrée en rue Saint-Guillaume. Jacques la remarque surtout parce qu’elle est en train de lire En démocratie en Amérique, oeuvre de Tocqueville qu’ils doivent étudier.  

 

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Cet article a été publié dans le magazine L’Express.

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Pierre Gattaz veut “revenir à la première version” en loi Travail

Il s’agit du plafonnement plusieurs indemnités aux prud’hommes et plusieurs “mesures unilatérales permettant à plusieurs patrons de PME de négocier directement avec leurs salariés pour la réorganisation du travail”.

Invité : Pierre Gattaz – Territoires d’infos… componen publicsenat

Interrogé sur la possibilité de voir Emmanuel Macron se présenter à l’élection présidentielle et s’il ferait united nations bon candidat pour le Medef, Pierre Gattaz a expliqué que “l’ensemble des meilleurs candidats pour le Medef sont plusieurs gens pragmatiques, qui acceptent l’économie de marché et acceptent l’entreprise comme lieu fondamental de création de richesse et d’emploi”. Emmanuel Macron “en fait partie, ce n’est tout simplement pas united nations problème de couleur politique”.

“Une très grande déception.” Pour Pierre Gattaz, “deux mesures importantes, qui concernent principalement l’ensemble des TPE et PME, ont disparu” dans le projet de loi Travail remodelé en début de semaine componen le Gouvernement.

Déçu plusieurs modifications apportées au projet de loi Travail, le président du Medef, invité de Territoires d’Infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio, présentée componen Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale, juge que cette nouvelle version “n’aura pas united nations gros effet sur l’emploi”.

Appelant à la réintégration de ces mesures, le président du Medef, invité de Territoires d’Infos, la matinale de Public Sénat et de Sud Radio, présentée componen Cyril Viguier avec la presse quotidienne régionale, milite pour une nouvelle version du texte, jugeant que la version 5 “n’aura pas united nations gros effet sur l’emploi”.

Quel sera le cadre du référendum sur Notre-Dame-plusieurs-Landes ?

Lors d'une manifestation contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes au Temple-de-Bretagne le 27 février 2016.

Le gouvernement finalise le scénario en consultation sur le projet de Notre-Dame-plusieurs-Landes (Loire-Atlantique). Annoncé le 11 février componen le président en République, François Hollande, ce « référendum local », destiné à redonner une légitimité au transfert de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique vers le petit bourg situé à une vingtaine de kilomètres au nord de l’agglomération nantaise, était united nations casse-tête juridique.

Il faut ensuite organiser la campagne locale d’information. La Commission nationale du débat public (CNDP) devrait se voir confier la rédaction d’un document qui délivrera aux électeurs l’ensemble des informations leur permettant « une réponse componen oui ou peut-rrtre un componen non », précise-t-on à Matignon, à la question posée. Componen exemple : « Etes-vous favorable au transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-plusieurs-Landes ? » La CNDP pourra intégrer dans ce document l’ensemble des conclusions en mission d’expertise, diligentée componen la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, sur l’ensemble des options possibles à ce projet, une mission qui doit s’achever fin mars.

Lire aussi :   Notre-Dame-plusieurs-Landes : le référendum sera organisé en juin dans la Loire-Atlantique

Mais l’échéance de juin annoncée componen le premier ministre laisse peu de temps au gouvernement. Il faut effectivement compter united nations mois environ pour l’étude de ce texte componen le Conseil d’Etat. Il doit aussi être soumis à différentes instances, tel le CNTE. Alors que le prochain rendez-vous du CNTE était prévu en mai, une réunion a été convoquée dans l’urgence, le 24 mars, avec à l’ordre of the day « l’examen du projet d’ordonnance relatif à la consultation plusieurs électeurs sur l’ensemble des projets susceptibles d’avoir une incidence sur l’environnement ».

Le préfet à la manœuvre

Avec ce projet d’ordonnance, l’Etat prend la primary sur ce futur scrutin. Le préfet sera à la manœuvre, et tous l’ensemble des coûts de cette consultation devraient être pris en charge componen la puissance publique. « C’est normal puisqu’il s’agit d’un projet porté componen l’Etat », confirme-t-on à Matignon.

Accessoirement, c’est aussi celui où le résultat pourrait être le plus favorable au projet. Selon united nations sondage de l’IFOP du 3 mars, 58 % plusieurs habitants du département se disent favorables au transfert de l’aéroport vers Notre-Dame-plusieurs-Landes.

United nations premier projet d’ordonnance relatif à « la démocratisation du dialogue environnemental », approuvé le 16 février à une très large majorité componen le Conseil national en transition écologique (CNTE) – il regroupe plusieurs représentants d’ONG, de syndicats, d’entreprises, d’agriculteurs ou peut-rrtre un plusieurs élus locaux –, offrait déjà united nations cadre pour plusieurs « consultations locales sur plusieurs projets relevant en compétence de l’Etat », mais excluait l’ensemble des « projets d’intérêt national », comme la construction d’un aéroport, celle d’une autoroute ou peut-rrtre un d’une ligne à grande vitesse. C’est ce texte qui vient d’être modifié pour permettre une consultation locale sur united nations projet comme Notre-Dame-plusieurs-Landes.

Le pari reste osé pour l’exécutif. En accélérant le calendrier et en calibrant ainsi cette consultation, le gouvernement prend le risque d’un boycott d’une partie plusieurs opposants et celui de ne pas atteindre le but recherché : doter ce projet d’une légitimité qui lui permette d’évacuer l’ensemble des militants qui occupent la ZAD – la « zone à défendre » –, et démarrer le chantier d’un aéroport qui, à l’origine, devait voir ses premiers avions décoller en 2017.

Mais, le cadre juridique actuel ne permettant pas l’organisation d’une consultation locale sur united nations projet d’intérêt national, l’ensemble des conseillers de l’Elysée et de Matignon ont travaillé sur united nations projet d’ordonnance, dont le texte veterans administration être transmis prochainement au Conseil d’Etat. Depuis la loi Macron du 6 août 2015, le gouvernement est effectivement autorisé à légiférer componen ordonnance, s’agissant « de réformer l’ensemble des procédures destinées à assurer l’information et la participation du public à l’élaboration de projets, plans et programmes ».

Pour le sénateur Ronan Dantec (Europe Ecologie-L’ensemble des Verts, Loire-Atlantique), « Manuel Valls saborde le référendum ». « Six présidents de département avaient demandé à être associés à cette consultation  l’ancien président socialiste en région avait lui-même défendu le périmètre en Bretagne et plusieurs Pays en Loire [l’ensemble des deux régions financent le futur aéroport du Grand Ouest] », rappelle M. Dantec dans united nations communiqué, mardi. Dénonçant united nations « déni démocratique », l’élu qui, comme d’autres opposants au projet, défendait l’idée d’un référendum, conclut : « Le périmètre n’étant pas pertinent, le résultat ne le sera guère. »

United nations pari risqué

Le gouvernement profite ainsi en réforme du dialogue environnemental, annoncée componen le président en République au lendemain en mort d’un militant écologiste, Rémi Fraisse, lors d’affrontements avec plusieurs gendarmes à l’occasion d’une manifestation contre united nations projet de barrage à Sivens (Tarn), en octobre 2014.

Reste la question sensible du périmètre électoral de ces consultation services locales. Le projet d’ordonnance proposerait le périmètre en déclaration d’utilité publique. Manuel Valls a évoqué cette possibilité, mardi, rappelant « l’enquête d’utilité publique [qui] a eu lieu sur le département de Loire-Atlantique », le territoire le « plus à même de se prononcer sur le transfert (…) parce que c’est le département qui peut ¨ºtre le plus concerné componen l’impact, écologique notamment, en partie économique également ».

Le calendrier général a déjà été annoncé à plusieurs reprises componen le premier ministre, Manuel Valls : une consultation locale avant l’été pour united nations début plusieurs travaux en nouvelle plate-forme aéroportuaire à l’automne. Mardi 15 mars, le chef du gouvernement l’a précisé sur RMC, évoquant le « mois de juin » pour united nations election qui concernerait « les électeurs du département de Loire-Atlantique ». Ce scrutin devrait se tenir le 19 ou peut-rrtre un le 26 juin.

Lire aussi :   Notre-Dame-plusieurs-Landes, Sivens… comment mieux faire participer l’ensemble des citoyens en amont ?

“Bernadette Chirac aime passionnément boy mari”

Bernadette et Jacques Chirac sont mariés depuis le 16 mars 1956, soit soixante ans jour pour jour. Leur union est-elle united nations mariage d’amour ou peut-rrtre un d’ambition? L’analyse de l’historien Jean-Luc Barré, qui a aidé l’ancien président à rédiger ses mémoires.

Lui ne s’y intéresse pas beaucoup. Ce n’est tout simplement pas united nations homme d’argent, d’autant qu’il n’a jamais eu besoin de s’en soucier. Comme Mitterrand, il a vécu dans l’inconscience pour lui-même plusieurs réalités matérielles. C’est Bernadette qui s’est toujours occupée de gérer l’ensemble des affaires financières en famille. Quand il s’est agi de rembourser l’amende liée à l’affaire plusieurs emplois fictifs en ville de Paris, c’est elle qui a négocié directement avec Sarkozy la part que prendrait à sa charge l’UMP. C’est elle aussi qui a négocié l’ensemble des droits d’auteur plusieurs Mémoires de boy mari. 

Y a-t-il chez elle united nations besoin de revanche ? 

Bernadette raconte volontiers, en partie pour plaisanter, que, si elle n’avait pas épousé Jacques Chirac, elle aurait pu épouser united nations Duc, voire united nations prétendant au trône. Mais si elle avait fait united nations mariage plus conforme aux règles de boy milieu, elle n’aurait probablement jamais eu le rôle politique qui fut le sien. 

Quel est leur rapport à l’argent ? 

L’ensemble des deux, selon Bernadette Chirac elle-même. Le jeune Chirac, de boy côté, n’était pas forcément fait pour se marier. Ce n’est tout simplement pas united nations hasard s’il part aux Etats-Unis peu après ses fiançailles puis en Algérie aussitôt après boy mariage. C’est quelqu’un qui n’appartient à personne. United nations rebelle avant tout. En même temps, le mariage participe de sa construction sociale. Pour lui, qui n’est tout simplement pas issu d’une famille très fortunée, c’est united nations moyen d’entrer dans l’aristocratie, mais aussi dans l’ensemble des milieux gaullistes. Geoffroy de Courcel, l’oncle de Bernadette, était l’aide de camp du général de Gaulle à Londres. 

Bernadette Chirac est-elle une femme politique ? 

Selon la journaliste Béatrice Gurrey (L’ensemble des Secrets du clan, Pocket), elle aurait également dit : “Ce type-là m’a gâché la vie”. 

Oui. Mais si Jean d’Ormesson se revendique “chiraquien, tendance Bernadette”, moi plutôt “chiraquien, tendance Jacques”… 

Comment expliquez-vous l’ensemble des récentes attaques de Bernadette contre boy mari ? 

Chez l’ensemble des Chirac, la famille n’est jamais loin en politique… 

Y a-t-il chez elle united nations besoin de reconnaissance ? 

Effectivement. Il faut toujours mesurer l’ensemble des rapports de pressure au sein du clan Chirac – vehicle c’est united nations clan. A partir de 1993-1994, celle qui joue united nations rôle croissant, c’est Claude. Dès lors, une rivalité notoire s’installe entre la mère et sa fille cadette. Ce qui veterans administration permettre à Bernadette de s’affirmer, c’est le livre qu’elle signe avec Patrick de Carolis, en 2001. United nations livre qu’elle écrit sans l’aval de boy mari et où elle révèle beaucoup de choses, y compris sur leur vie de couple. 

Elle a raison. Il ne le lui dit pas. Au contraire, il en rajoute dans l’autre sens… C’est united nations jeu entre eux. 

L’union entre Bernadette et Jacques Chirac est-elle united nations mariage d’amour ou peut-rrtre un d’ambition ? 

Comme tous l’ensemble des amis ou peut-rrtre un admirateurs de Jacques Chirac, j’ai été united nations peu choqué componen la virulence plusieurs propos qu’on lui prête. Du genre : “Vous n’êtes plus que le bruissement d’aile d’un insecte”, si l’on en croit une de vos consoeurs qui l’a entendu prononcer cette phrase lors d’un séjour commun au Maroc. Il me semble que, depuis united nations certain temps, elle en fait trop : trop pour Sarkozy, trop contre Hollande et même contre Juppé. J’ai du respect et de l’admiration pour boy caractère et boy intelligence, mais ses excès de langage ne donnent pas toujours d’elle l’image en femme qu’elle est vraiment. Est-ce componen besoin de s’affirmer ? Cela est déjà fait, me semble-t-il. 

C’est fort possible. En tout cas, cette formule lui ressemble. Mais il y a toujours, chez elle comme chez lui, une part de second degré. Je l’ensemble des ai vus souvent se lancer plusieurs piques, puis, aussitôt après, échanger united nations sourire complice. Il y a une part de comédie dans tout cela. Une erreur à ne pas commettre avec le couple Chirac consisterait à tout prendre au pied en lettre. 

L’historien Jean-Luc Barré a aidé l’ancien président à rédiger ses mémoires: Chaque pas doit être united nations but , tome 1 (Éditions NIL – 2009) Le Temps présidentiel, tome 2 (Éditions NIL – 2011). 

En 2012, tout semblait prêt pour que l’on fasse dire que Chirac allait voter Sarkozy, alors qu’il ne cessait de clamer le contraire ! Je me suis senti le devoir, avec d’autres chiraquiens, de rappeler ce qu’il ne cessait de dire, à savoir qu’il voulait voter Hollande. Bernadette Chirac m’en a voulu, Sarkozy m’a pris à parti sur RMC. Preuve que j’avais visé juste. Bernadette Chirac, componen la suite, a laissé planer le doute sur le election componen procuration de boy mari en disant : “Rendez-vous compte, dans ma famille, ils ont tous voté Hollande… sauf Jacques, mais il ne le sait pas !” 

Vous définiriez-vous comme chiraquien ? 

Non. Que pouvait-il craindre ? Que boy épouse puisse dire qu’il plaisait beaucoup aux autres femmes ? Ce n’était pas une révélation. Tout le monde le savait. Qu’il s’était politiquement parfois trompé ? Il était le premier à le reconnaître. En réalité, ce livre inquiétait l’entourage du Président – à commencer componen Villepin, qui voyait d’un mauvais oeil émerger le contre-pouvoir de Bernadette. Au contraire, Jacques Chirac a très vite compris que la montée en puissance de sa femme pouvait le servir en confortant le flanc droit de boy électorat et en multipliant l’ensemble des influences autour de lui. Ce qui, d’une certaine manière, confortait sa propre liberté d’action. 

Pourquoi n’ont-ils jamais divorcé ? 

Est-ce le cas lorsqu’elle prétend dans l’ensemble des dîners en ville ne pas avoir respecté la procuration de Jacques Chirac qui lui avait demandé de voter François Hollande ? 

Sa famille à elle, en revanche, voit d’un mauvais oeil cette union avec united nations roturier… 

Evidemment. Bernadette aime passionnément boy mari et elle a toujours cherché à le reconquérir, à l’éblouir, à l’épater. D’où boy surinvestissement en Corrèze, componen exemple. Cela a marché, d’ailleurs. Quand Jacques Chirac me parlait de sa femme, il exprimait à boy égard pas simplement de l’affection, mais aussi en considération politique. 

Pourquoi ne paient-ils plus de loyer depuis leur départ de l’Elysée, en acceptant d’être logés chez l’ensemble des Hariri, puis chez l’ensemble des Pinault ? 

Oui, sans doute. Aujourd’hui, elle est la seule à exister politiquement, médiatiquement, socialement. La seule encore sur la scène, quand boy mari vit retiré de tout. Il y a là, chez elle, une part de revanche qu’elle ne se cache pas de savourer.  

En politique comme dans la vie, Chirac est united nations transgressif qui ne déborde jamais certaines limites. Il appartient comme Mitterrand à cette génération d’hommes politiques qui ne divorçaient pas. On sait aujourd’hui que le couple a connu de fortes turbulences, mais il a su l’ensemble des traverser. 

L’ensemble des deux, sans doute. Jacques Chirac est united nations homme qui doute, qui a besoin d’être rassuré. Sa femme le protège, le conseille et le rassure. Elle est boy point fixe. 

Componen amour ou peut-rrtre un componen crainte de briser la carrière politique de Jacques ? 

Incontestablement. Elle est plus à droite que boy mari et entre en politique très tôt, dès la fin plusieurs années 1970, lorsqu’elle impose à Jacques Chirac de rompre avec ses conseillers Pierre Juillet et Marie-France Garaud. Avec l’ensemble des années, boy influence s’est amplifiée, d’autant que certaines erreurs d’appréciation de Chirac ont accrédité la justesse plusieurs vues de Bernadette, qu’il s’agisse en dissolution de 1997, à laquelle elle était opposée, ou peut-rrtre un en montée du Front national qu’elle a vu venir avant tout le monde, en 2002. Au point de se considérer parfois comme la véritable tête politique du couple. 

Il y a chez Chirac united nations refus plusieurs conventions bourgeoises. Il ne s’attache pas à united nations lieu, il n’est tout simplement pas arrimé à united nations bien matériel. United nations ami veut le loger ? Il l’accepte. Sans considérer qu’il puisse y avoir là quoi que ce soit d’anormal. C’est boy côté nomade ou peut-rrtre un vagabond… 

Au point de “terroriser” l’ancien président, comme certains le pensent ? 

Le lui dit-il ? Dans le livre qu’elle écrit avec Carolis, elle affirme qu’il ne la complimente jamais. 

 

A combien s’élèvera la revalorisation plusieurs salaires plusieurs fonctionnaires ?

Le gouvernement s’apprête à répondre à l’une plusieurs plus anciennes revendications plusieurs syndicats de fonctionnaires : la revalorisation du point d’indice – ce paramètre, gelé depuis la mi-2010, qui sert à calculer la paye plusieurs quelque 5 millions d’agents employés componen l’Etat, l’ensemble des collectivités locales et l’ensemble des hôpitaux. Jeudi 17 mars, Annick Girardin, la nouvelle ministre en fonction publique, devrait annoncer united nations coup de pouce lors d’une rencontre avec l’ensemble des syndicats, qui risque de se dérouler dans united nations climat tendu.

Lire aussi :   Le pouvoir d’achat plusieurs fonctionnaires a-t-il baissé ?

L’autre inconnue réside dans la réaction plusieurs syndicats. Leurs attentes sont fortes. « Il aurait fallu rompre avec le gel du point depuis plusieurs années, affirme Jean-Marc Canon (CGT). Nous l’avions dit à Mme Lebranchu dès sa nomination au printemps 2012. » Rien n’ayant été décidé jusqu’à présent, « les pertes » de pouvoir d’achat se sont accumulées, ce qui « nous conduit à être plus exigeants aujourd’hui », ajoute-t-il.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement sait que l’ensemble des partenaires sociaux guettent ses annonces, l’arme aux pieds. Une augmentation inférieure à 1 % serait perçue comme « une provocation », met en garde Bernadette Groison (FSU). S’ils sont déçus, une grande partie plusieurs syndicats appelleront l’ensemble des fonctionnaires à se mobiliser, le 22 mars. United nations exercice compliqué, reconnaît Brigitte Jumel (CFDT), vehicle d’autres journées d’action sont programmées à quelques jours d’intervalle, contre la réforme du droit du travail.

« Primes et indemnités »

United nations point fait l’unanimité parmi l’ensemble des leaders syndicaux : le pouvoir d’achat plusieurs agents a diminué depuis plusieurs années. Certains indicateurs leur donnent raison. L’ensemble des études l’ensemble des plus récentes de l’Insee montrent que, en 2013, le salaire internet moyen plusieurs fonctionnaires a baissé en euros constants, c’est-à-dire déduction faite de l’inflation : – 0,7 % côté Etat, – 0,1 % dans l’ensemble des collectivités territoriales et – 0,2 % dans l’ensemble des hôpitaux publics. Mais la Cour plusieurs comptes soutient le point de vue inverse, dans united nations rapport remis en septembre 2015 : « Malgré le gel du point d’indice depuis 2010, l’ensemble des agents [de l’Etat] ont continué à bénéficier en moyenne de gains de pouvoir d’achat, principalement grâce aux avancements individuels et au dynamisme plusieurs primes et indemnités », écrit-elle  boy raisonnement ne porte que sur la rémunération plusieurs personnels en place « deux années consécutives ». United nations mode de calcul contesté componen l’ensemble des syndicats, notamment parce qu’il ne repose que sur une partie plusieurs effectifs.

A combien s’élèvera l’augmentation ? Plusieurs ministres, codécisionnaires dans ce dossier, en ont débattu, mardi après-midi, à Matignon. Mais selon une source au sein de l’exécutif, « le quantum n’a pas été fixé ». Ni l’ensemble des modalités – la hausse pouvant s’effectuer en une seule fois sur 2016 ou peut-rrtre un en deux temps (une cette année et une début 2017). Une autre source gouvernementale évoque une majoration comprise entre « 0,5 % et 1,5 % ».

Ce « rendez-vous salarial » est prévu depuis plusieurs mois. Marylise Lebranchu, qui occupait la fonction de Mme Girardin jusqu’au remaniement du 11 février, l’avait évoqué, en novembre 2015, dans united nations entretien à l’agence de presse AEF, précisant qu’il pourrait se traduire componen united nations accroissement en valeur du point. « Ce sera forcément une mesure limitée compte tenu plusieurs contraintes budgétaires », avait-elle toutefois prévenu. Mardi, Manuel Valls a tenu united nations discours plus engageant, parlant d’un « geste significatif ». Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a ajouté mercredi matin qu’il n’atteindrait toutefois pas « des niveaux déraisonnables ».

Certaines organisations ont formulé plusieurs demandes chiffrées. Componen exemple FO, qui réclame une augmentation « de 8 % compensant l’inflation depuis 2010, plus l’attribution de 50 points d’indice pour le rattrapage plusieurs pertes subies ». La CGT, elle, veut une « mesure d’urgence » de +2 %, tout de suite, et united nations relèvement complémentaire étalé dans le temps. D’autres syndicats ont préféré ne pas quantifier leurs exigences. « Nous voulons une revalorisation significative, c’est-à-dire qui se voit sur la feuille de paye, avance Luc Farré (UNSA). Nous ne donnons pas de pourcentage vehicle nous sommes conscients en complexité en situation actuelle. »

Nicolas Dupont-Aignan candidat à la présidentielle de 2017

Le président de Debout la France a annoncé sa candidature au journal télévisé de TF1. En 2012, il avait obtenu de 1,8% plusieurs voix.

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Nicolas Dupont-Aignan, député souverainiste de l’Essonne et président de Debout la France, a annoncé mardi soir sur TF1 sa candidature à la présidentielle 2017. ” candidat parce que certain que notre pays peut s’en sortir s’il change de politique, si on change de personnels politiques. Depuis plusieurs années, une minorité gouverne contre la majorité silencieuse plusieurs Français”, a dénoncé Nicolas Dupont-Aignan, déjà candidat à la présidentielle 2012 (1,8%), qui a dit vouloir être united nations “président de l’ordre et en justice” s’il conquiert l’Elysée au printemps 2017. 

Lundi, c’était Nathalie Arthaud qui annonçait sur iTélé qu’elle était candidate de Lutte Ouvrière à la présidentielle, suite au congrès de LO qui s’est tenu le week-finish dernier, “pour faire entendre le camp plusieurs travailleurs”. Elle s’était présentée déjà comme candidate de LO à la présidentielle de 2012 et avait recueilli ,56% plusieurs suffrages. Actuellement, elle est créditée d’environ 1% plusieurs voix dans différents sondages. 

Croissance sans réconciliation en Côte d'Ivoire

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Depuis son accession au pouvoir en 2011, le président Alassane Ouattara a promis de remettre son pays sur la route de « l’émergence ». Candidat à sa propre succession lors du scrutin du 25 octobre, il entend capitaliser la flatteuse croissance avec laquelle la Côte d’Ivoire a renoué. Mais, sur la route qui du nord au sud traverse le pays, les façades repeintes à neuf dissimulent mal les frustrations et les fantômes du passé.

Le massacre de Duékoué et ses suites forment une tache de sang que le bilan présidentiel de M. Ouattara n’effacera pas. Ce crime resté impuni pose la lancinante question de la justice des vainqueurs, tandis que M. Gbagbo est jugé par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, tout comme M. Charles Blé Goudé, leader des Jeunes Patriotes qui le soutenaient (5). Bien d’autres attendent encore leur procès. Accusée de partialité, la justice ivoirienne a fini, en juin 2015, par inculper des hommes qui ont contribué à la victoire de M. Ouattara, dont deux célèbres com’zones : MM. Chérif Ousmane et Losséni Fofana. Tous deux, haut placés dans l’appareil sécuritaire du régime actuel, ont peu de chances d’être inquiétés dans l’immédiat. Leur inculpation en Côte d’Ivoire permet en revanche de les soustraire à de probables demandes de comparution devant la CPI.

Paul Sika.. – « Marmite Mousso no 1 », de la collection « L’Appel de Lilian », 2015

A la sortie de la ville, on entre sur les terres du cacao, dont les fèves firent la fortune du pays avant de causer sa perte quand les cours mondiaux, à la fin des années 1970, vinrent à chuter. La filière, plus tard privatisée à la demande des institutions financières internationales, fut totalement désorganisée durant la décennie de crise politico-militaire qu’a traversée le pays. En témoignent encore, le long de la route qui mène à l’ouest, les immenses plantations de Tombokro. Léguées par Houphouët-Boigny à l’Etat de Côte d’Ivoire, elles sont en grande partie à l’abandon, mangées par la forêt. Des ouvriers agricoles y vivent encore. Ils cultivent du maïs et du manioc entre les pieds de cacao, attendant depuis dix ans un salaire fantôme.

Tous s’inquiètent de la hausse du coût de la vie, du sac de riz aux loyers en passant par l’électricité, coupée chez Sinali depuis quatre mois. Autour du groupe, dans le quartier, la nuit est dense et les lumières rares. Sinali s’était engagé auprès des Forces nouvelles qui tenaient le Nord. Après le conflit postélectoral, il a rendu son arme et reçu la prime de 800 000 francs CFA (1 220 euros) allouée par l’Etat en échange de la démobilisation des combattants. Une moitié a servi à rembourser ses dettes, l’autre à financer un élevage de poulets qui a rapidement périclité. « D’autres plus fragiles pourraient reprendre les armes au service du premier qui leur donnera à manger », assure le jeune homme.

A Abidjan, la grande terrasse de la résidence de l’ambassadeur de France domine un vaste parc arboré. En ce 14 juillet, militaires en tenue de sortie, patrons français et élites ivoiriennes viennent y faire les cent pas, et s’arrêtent devant la vue imprenable sur la lagune, qu’enjambe le pont Henri- Konan-Bédié (1). L’ouvrage, réalisé et exploité par le groupe français Bouygues, fut inauguré fin 2014 par M. Ouattara, vainqueur final de la présidentielle de 2010 et du conflit qui s’ensuivit entre ses partisans et ceux de son adversaire, le chef de l’Etat sortant Laurent Gbagbo.

A la nuit tombée, assis au coin d’une rue de terre faiblement éclairée, un petit groupe de jeunes hommes refait le monde ou, à défaut, le pays autour d’un verre de thé. Tous conviennent que « le pays avance, mais on ne mange pas ». Parmi eux, personne n’a d’emploi salarié. Les mieux lotis tiennent une petite boutique et d’autres, comme Sinali, vivent au jour le jour des petits boulots qu’ils doivent eux-mêmes s’inventer. « Chaque nuit, raconte-t-il, je me demande ce que je vais pouvoir trouver le lendemain pour rapporter de l’argent à la maison. Quand la guerre a commencé [en 2002], j’avais 25 ans. Treize ans plus tard, à près de 40 ans, tu ne peux même pas avoir ta propre cour pour y loger ta famille. Et on est déjà trop vieux pour les programmes d’aides aux jeunes. »

Avec près de cinq millions d’habitants et un tiers du corps électoral, Abidjan représente un enjeu électoral majeur. Dans la capitale économique, les tours du Plateau, le quartier des affaires, ont retrouvé de leur superbe. Hier symboles du « miracle ivoirien », elles incarnent aujourd’hui la Côte d’Ivoire émergente, promise par M. Ouattara, dopée par plus de 8 % de croissance annuelle depuis 2012. Les berges de la lagune sont en cours de réaménagement, un échangeur y sortira bientôt de terre, et les travaux d’un train urbain devraient débuter avant la fin de l’année. Des bidonvilles qui s’étaient greffés au cœur de la ville ont été « déguerpis » et « la Sorbonne », place publique dont les Jeunes Patriotes fidèles à M. Gbagbo avaient fait leur fief, n’est plus qu’un terrain vague reconverti en parking. Les changements de pouvoir se lisent aussi dans le paysage urbain.

Sac de riz, loyers, électricité : les prix ne cessent d’augmenter

Il y a effectué en juillet 2013 une « visite d’Etat », déplaçant le gouvernement pour un conseil des ministres décentralisé, comme il le fait régulièrement. A mesure que se rapprochent les élections de fin octobre, ces visites prennent inévitablement des allures de campagne. Chacune donne lieu à des annonces d’investissements : des ponts et des routes, mais aussi du matériel pour les hôpitaux, les écoles, des véhicules pour les services administratifs… Le spectacle est bien rodé, retransmis de longues heures durant par la télévision nationale. Grâce au programme présidentiel d’urgence (PPU), la préfecture, la mairie, les écoles et l’hôpital régional ont été réhabilités et repeints à neuf. Korhogo (350000 habitants), qui ne comptait jusqu’ici que deux artères bitumées, vit au rythme des engins qui goudronnent ses rues. Mais « est-ce qu’on mange le goudron ? ». La question revient de manière récurrente dans la bouche des Ivoiriens, y compris au Nord, où l’on a voté massivement pour M. Ouattara en 2010.

La ville de Duékoué n’en a que trop souffert. « Les élections passent, les communautés demeurent », proclame une grande affiche le long d’un des axes de la ville. Ici plus qu’ailleurs, ce slogan trouve tout son sens. Ici plus qu’ailleurs, certains ont peur des élections et des démons qu’elles réveillent. Les dernières ont entraîné la mort d’un millier de personnes dans la ville et ses environs, soit un tiers de toutes les morts officiellement recensées lors du conflit postélectoral de 2010-2011. Cinq ans après, la ville n’en laisse rien paraître. Elle est calme. On pourrait presque croire que tout cela n’a pas eu lieu. Mais les silences qui ponctuent certaines conversations hurlent les récits muets des atrocités commises ici. Les morts attendent encore dans d’anonymes charniers qu’on veuille bien les identifier.

A voir la foule endimanchée qui se presse dans les jardins de l’ambassadeur, on pourrait croire ce temps-là revenu. D’ailleurs, M. Georges Serre, l’hôte de la cérémonie, ne peut cacher sa satisfaction : « Aujourd’hui, précise-t-il, les entreprises françaises établies en Côte d’Ivoire emploient directement 40000 personnes, contribuent à hauteur de 50 % aux recettes fiscales et de 30 % au produit intérieur brut (PIB)… » L’ambassadeur n’a pas besoin de rappeler que le rail et les deux terminaux à conteneurs du port ont été concédés au groupe Bolloré, l’eau et l’électricité à Bouygues, ni que la compagnie Orange, première sur le marché ivoirien du mobile, demeure le principal mécène du championnat national de football. La France est de retour, soit. Mais était-elle jamais partie ? En ce jour de fête nationale, les petits fours sont piqués de drapeaux français. Et chacun peut dévorer sa part de France, tout comme les Français ont leur part du gâteau ivoirien. Pour fêter cela, la fanfare de la garde républicaine de Côte d’Ivoire, dont les cuivres transpirent sous leurs costumes empesés, entonne des airs populaires. La compagnie créole accompagne les derniers verres de champagne. Vive l’amitié franco-ivoirienne ! Sur les pelouses françaises d’Abidjan, chacun, membres du gouvernement ivoirien compris, pense certainement que c’est là un juste retour des choses. La France n’a-t-elle pas, sous l’opportune cape des Nations unies, apporté un soutien militaire décisif aux troupes de M. Ouattara, ami personnel de l’ex-président Nicolas Sarkozy ? N’a-t-elle pas elle-même percé à coups de canon les murs de la résidence de M. Gbagbo avant d’en ouvrir les portes aux chefs de guerre de son adversaire ? Depuis, l’eau a coulé sous le pont Bédié, et l’asphalte a refleuri sur les routes du pays.

En prenant les rênes du pays en avril 2011, M. Ouattara, économiste pratiquant couramment la grammaire du Fonds monétaire international (FMI) dont il fut l’un des dirigeants, a parié sur la remise sur pied des infrastructures, la relance des investissements et de la croissance. « L’argent ne circule pas, mais il travaille », avait-il martelé à tous ceux qui manifestaient leur impatience de voir les dividendes de la croissance devenir une réalité dans leur assiette. Pour l’heure, la population, et surtout la jeunesse (77,5 % de la population a moins de 35 ans), attend encore. Il faudra plus qu’un mieux-être social pour éteindre les foyers de division qui couvent dans le pays. La réconciliation se fait par défaut, et l’impunité demeure la règle. En Côte d’Ivoire, tout le monde se dit victime, mais qui s’avoue coupable ? Pas les politiques en tout cas. Cela, la population l’a bien compris.

Ensemble, ils mirent en coupe réglée le nord du pays

Lors de la crise postélectorale, Duékoué en devient le tragique épicentre. En mars 2011, les troupes de M. Ouattara, descendant sur Abidjan, prennent la ville et se dirigent directement sur le quartier Carrefour, dont les groupes d’autodéfense pro-Gbagbo, formés par les autochtones Wè, ont fait leur fief. Aidés par des dozos — chasseurs traditionnels devenus de fait une milice —, les forces pro-Ouattara y font un carnage. « Ils disaient : “Tous les jeunes du quartier Carrefour sont des miliciens” », raconte un jeune homme. Tous ceux qui peuvent fuir convergent alors vers la mission catholique. Ils sont bientôt 30 000 entassés dans une cour, et près de 250 000 à quitter la région pour le Liberia voisin. A Duékoué, dans les rues jonchées de cadavres, les forces de l’Organisation des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) comptent les corps et les enterrent à la va-vite dans des fosses qui n’ont pas encore été ouvertes. Au moins 500 morts à Duékoué selon l’ONU, plus de 800 selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) — la majorité d’entre eux au quartier Carrefour. « Les horreurs qui s’y sont déroulées sont inexplicables », se souvient M. Denis Zehia, le chef du quartier, qui ne veut plus les raconter. Son silence parle pour lui. Les populations Wè n’en avaient pas fini : dans les jours suivants, elles ont été pourchassées dans les forêts et, en juillet 2012, attaquées dans le camp de réfugiés qui jouxte la ville. Le tout sous le regard impuissant de l’Onuci.

A sa prise de fonctions en 2011, M. Ouattara a renoué avec l’encadrement de la production, garantissant des prix aux planteurs et relançant ainsi la filière dont dépendent plusieurs millions d’Ivoiriens. En 2014, la production a atteint le niveau record de 1,7 million de tonnes, soit 35 % de la production mondiale. A lui seul, le secteur représente 15 % du PIB. Aussi la terre est-elle un enjeu majeur, et le partage de ses fruits, une question cruciale. Elle alimente depuis bientôt vingt ans les conflits qui déchirent l’Ouest, la zone la plus fertile du pays.

En attendant, la réconciliation s’effectue par le bas, sans les politiques. A Duékoué, comme ailleurs dans le pays, les communautés ont réappris, par la force des choses, à vivre ensemble. « On s’accepte », entend-on le plus souvent. « Aujourd’hui, on se fréquente, parce que nous n’avons plus rien à gagner, on a tout perdu. Celui qui est président, il est président. Si demain c’est un autre, on fait avec », assure encore le chef du Carrefour. Les jeunes des quartiers hier opposés se reparlent, mais une étincelle pourrait remettre le feu aux poudres. « Dès qu’il y a un truc en ville, on cible les jeunes du Carrefour. On nous dit que nous sommes les frères de Gbagbo », commente un jeune homme. Tous déplorent que des dozos (qui ont participé aux massacres) se promènent encore librement en ville avec leurs fusils de chasse. Cette paix à Duékoué ne serait-elle que celle des vainqueurs ? De ceux qui, hier humiliés, ont pris le pouvoir et imposent aujourd’hui la crainte à leurs adversaires ? Aujourd’hui comme dans le passé, l’impunité nourrit les rancœurs qui hypothèquent l’avenir.

L’impunité nourrit des rancœurs tenaces

La circulation anarchique des motos de Bouaké demeure un héritage de cette période. Nombre de jeunes, faute de perspectives, ont décidé de « rouler moto », devenant chauffeurs de taxi sans permis, ni casque, ni assurance. Ils sont d’ailleurs très nombreux à terminer leur course au centre hospitalier universitaire (CHU), sous-équipé malgré sa réhabilitation depuis l’accession au pouvoir de M. Ouattara. Derrière les façades repeintes à neuf, le CHU, seul de ce niveau pour toute la zone Centre-Nord-Ouest (CNO), soit plus de la moitié du pays, manque cruellement de matériel. Mis à part la santé maternelle et infantile, théoriquement gratuite, le coût des soins demeure trop élevé pour l’écrasante majorité de la population, qui vit d’activités informelles. Pour les rendre plus accessibles, le gouvernement, conscient que 85 % des Ivoiriens ne bénéficient d’aucune protection sociale, a lancé la couverture médicale universelle (CMU) en janvier 2015. Celle-ci, différente de son homologue française, repose sur une cotisation de 1 000 francs CFA (1,50 euro) par mois et par personne, ouvrant droit à la prise en charge des trois quarts du coût des actes courants (consultations, chirurgie, hospitalisation et médicaments). Avec peu de cotisants (176 000), elle n’en est qu’à ses balbutiements.

Depuis qu’en juin 2014 la CPI a confirmé qu’elle jugerait M. Gbagbo, son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), étale au grand jour ses profondes divisions. Les « frondeurs », qui conditionnent leur participation au processus électoral à la libération de l’ancien président, ont tenté — sans succès — de destituer le président du parti et ancien premier ministre Pascal Afi Nguessan. Ses détracteurs lui reprochent de jouer le jeu du pouvoir en conférant au prochain scrutin une onction pluraliste. Certains opposants récusent la composition de la commission électorale indépendante, qu’ils jugent favorable à M. Ouattara, et dénoncent aussi leurs difficultés à faire campagne dans les traditionnels fiefs électoraux du président. De leur côté, les Ivoiriens ne se sont pas précipités pour s’inscrire sur les listes électorales. Seuls 367 000 nouveaux électeurs se sont inscrits sur les listes provisoires, ce qui porte à 6,1 millions le corps électoral pour une population en âge de voter de 9 millions. Est-ce parce que le scrutin paraît joué d’avance ? Par dégoût des querelles politiques qui ont mené le pays à sa perte ? Ou par crainte que des affrontements se renouvellent ? Le président a promis des élections apaisées. Fatigués, il est des Ivoiriens qui se contenteront de ce programme.

En cette nuit de juillet 2015 où l’on fête la fin du ramadan, la jeunesse y déferle dans les rues. Comme des vagues, des bandes de gamins endimanchés jouent au chat et à la souris et traversent en courant les carrefours, interrompant la circulation, avant de refluer, hilares, ivres des libertés qu’offrent les jours de fête. Ils s’affranchissent, ne fût-ce qu’une nuit, de l’autorité des aînés, dans un joyeux désordre qu’aucun policier ne cherche à contenir. Bouaké demeure rebelle, malgré la réunification du pays en 2007 et le redéploiement de l’administration.

Les derniers bâtiments occupés par les forces supplétives qui ont soutenu M. Ouattara ont été évacués en juin 2015, à quelques mois de la fin de son mandat. L’opération, baptisée « Bonheur », coïncidait avec la fin du processus de désarmement. D’après les chiffres officiels, 91 % des 64 000 combattants (des deux bords) recensés ont déposé les armes. Mais le véritable bilan de leur réinsertion ne pourra se faire que dans la durée. Les com’zones qui régnaient en maîtres du Nord ont presque tous été réaffectés hors de leurs fiefs. Mais ils se retrouvent aujourd’hui au cœur de l’appareil sécuritaire de l’Etat. Ayant contribué à installer M. Ouattara, ils demeurent intouchables. Pourtant un rapport des Nations unies pointe l’exploitation illégale de la mine d’or de Gamina, contrôlée par l’ancien com’zone « Wattao », actuel adjoint du commandant de la garde républicaine ; il dénonce également l’arsenal conservé par le com’zone Kouakou Foffie à Korhogo (7). Dès lors, la question de la place de ces com’zones dans les luttes de pouvoir à venir reste entière. Mais cela ne concernera que les élections de… 2020. Car, pour celles du 25 octobre 2015, M. Ouattara, fort de la coalition de partis (8) qui l’a porté au pouvoir, affrontera une opposition divisée.

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Mais, passé Yamoussoukro, il faut encore slalomer entre les innombrables nids de poule qui percent le goudron fatigué, obligeant poids lourds et transports collectifs à faire de brusques et dangereux écarts. M. Ouattara a encore de quoi faire. En attendant, c’est par avion qu’il fait le voyage de Korhogo, capitale du Nord et quatrième ville du pays.

Les innombrables motos chinoises témoignent à leur manière des années où la ville échappait au contrôle d’Abidjan et ressemblait davantage à Ouagadougou, où ces engins font depuis longtemps partie du paysage. La capitale du Burkina Faso fut d’ailleurs la base arrière de la rébellion qui s’empara du Nord en 2002, et c’est à travers ce pays que transitait le commerce faisant vivre la zone sous son contrôle. Ses chefs militaires, les commandants de zone (dits « com’zones »), se partagèrent plus de la moitié du territoire ivoirien, aidés par des civils appelés « délégués à l’administration ». Ceux-ci formaient l’aile politique des Forces nouvelles, incarnée par M. Guillaume Soro, devenu président de l’Assemblée nationale (3). Ensemble, ils mirent en coupe réglée le Nord, prélevant des taxes pour alimenter une caisse dite « la centrale », censée financer leurs troupes et la gestion du territoire.

La région du Guémon, dont la ville de Duékoué est le cœur, est riche de ses forêts que défrichent depuis des décennies les populations allogènes (étrangères, pour la plupart du Burkina Faso) et allochtones (venues d’autres régions de la Côte d’Ivoire). « La terre appartient à celui qui la met en valeur », proclamait Houphouët-Boigny. Après sa mort en 1993, le concept d’ivoirité s’est imposé à la terre. La crise économique a poussé les populations locales autochtones (4) à revendiquer les terres plantées en cacao qu’elles avaient cédées ou concédées aux agriculteurs venus d’ailleurs. Bien des accords ont alors été remis en cause par les autochtones, et, dans le Sud-Ouest ivoirien (où ceux-ci sont minoritaires), des planteurs qui n’étaient pas originaires de la région furent chassés des terres qu’ils avaient mises en valeur. Ainsi débuta un cycle de violences et de représailles qui firent de l’Ouest ivoirien un nid de conflits intercommunautaires.

A l’Ouest, les conflits fonciers ne sont pas éteints, et nombre d’autochtones partis se réfugier au Liberia ont trouvé à leur retour leurs terres occupées (6). Les sous-préfets de la zone tentent, avec le concours des chefs des communautés qui vivent ici, de les régler. Mais la tâche est immense. D’après la loi, la terre ne peut appartenir qu’à l’Etat ou à des individus de nationalité ivoirienne. Ces derniers doivent se faire délivrer par l’administration un titre de propriété. Les démarches pour y parvenir sont coûteuses.

Laisser faire, laisser passer. La devise libérale qui sied bien au gouvernement se vérifie jusque sur les routes. Celle du Nord en particulier, où, au nom de la « fluidité routière », les barrages des forces de l’ordre ont été considérablement réduits. Marchandises et passagers en ont fini avec une décennie où les « corps habillés » en tout genre rackettaient systématiquement tout ce qui se déplaçait. Sur l’autoroute achevée en décembre 2013, qui mène d’Abidjan à Yamoussoukro, la capitale politique, des péages modernes interdisent toute négociation. La voie est libre pour aller au Nord, fief électoral de l’actuel président, et de l’ex-rébellion qui l’a soutenu.

Après plus de 3000 morts, des centaines de milliers de déplacés, des infrastructures dévastées, la seconde puissance économique d’Afrique de l’Ouest était à reconstruire. C’est ce que s’applique à faire M. Ouattara, conscient que les ponts et les chaussées dès aujourd’hui visibles apparaissent comme la face émergée de la Côte d’Ivoire. Celle qui rappelle l’époque où le « miracle ivoirien » figurait en exemple dans les manuels de géographie français, tandis qu’entre Paris et Abidjan les affaires et les arrangements prospéraient.

Paul Sika. – « Glôglô Gospel no 4 », de la collection « At the Heart of Me », 2015

Galerie Cécile Fakhoury, abidjan

En quittant Bouaké vers le sud, les savanes arborées laissent place à la forêt. L’horizon se barre d’un mur intensément vert que domine, en arrivant à Yamoussoukro, la coupole de la célèbre basilique. Elle est depuis vingt-cinq ans le symbole d’une capitale que Félix Houphouët-Boigny, le père de l’indépendance, érigea sur son village. Mais les vastes artères percées dans la ville manquent de voitures, et la cité tout entière semble flotter dans des vêtements trop grands pour elle. Le transfert des institutions, promis par tous ses successeurs, est resté lettre morte.

Malgré leurs frustrations, Sinali et ses amis voteront « à 100 % » pour M. Ouattara à la présidentielle, dont le premier tour a lieu le 25 octobre. Par solidarité régionale, certainement. Car, durant de longues années, le Nord, moins développé, s’est aussi senti relégué par les promoteurs de l’« ivoirité », qui prétendaient faire le tri entre les « vrais Ivoiriens » et ceux « de circonstance ». M. Ouattara, à qui l’on attribue des origines burkinaises, fut par deux fois empêché de se présenter à la présidentielle, au motif de sa nationalité supposée douteuse. Ses détracteurs lui reprochaient de n’être pas, comme l’exige encore la loi fondamentale, « né de père et de mère ivoiriens, eux-mêmes ivoiriens d’origine (2) ». C’est ainsi qu’il devint l’emblème des victimes de l’« ivoirité » et, de fait, le champion des populations du Nord. Cette frustration était partagée par les rebelles qui, en 2002, tentèrent de renverser M. Gbagbo. Leur coup d’Etat ayant fait long feu, ils prirent le nom de Forces nouvelles et « administrèrent » pendant plus de cinq ans le nord d’un pays coupé en deux. Bouaké, sa deuxième ville, leur servit alors de capitale.

Tout le monde se dit victime, mais qui s’avoue coupable ?

« Sans un minimum de justice, la réconciliation est-elle possible ? », se demande le père Cyprien Ahouré, responsable de la mission catholique de Duékoué. Lui qui a vu, à chaque flambée de violence, les réfugiés (Burkinabés, Baoulés, Wè…) affluer a été nommé président de la branche locale de la Commission dialogue, vérité, réconciliation (CDVR) instituée en 2011. « La CDVR nous a laissé sur notre faim. On n’a pas franchi toutes les étapes prévues, notamment celle de l’indemnisation, explique le prêtre. Les ex-combattants ont été pris en compte, beaucoup d’argent a été mis en jeu, mais on ne peut pas donner de l’argent à ceux qui ont utilisé les armes et ne rien donner à ceux qui ont tout perdu. » La catharsis nationale, elle non plus, n’a pas eu lieu. La commission n’a pas publié les résultats de ses travaux, et les images des audiences publiques tant attendues n’ont jamais été diffusées. La commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (Conariv), qui lui a succédé en mars 2015, vient seulement d’ouvrir une première phase d’indemnisation concernant 4 500 personnes.

Galerie Cécile Fakhoury, abidjan