Regards. Au-delà du scandale Petrobras, que signifie la crise politique qui frappe le pouvoir brésilien ?

Ses promesses de campagne ont été contredites componen la réponse de boy gouvernement à la crise. Le gouvernement Rousseff II a été élu en 2014 sur le programme issu du consensus plusieurs années précédentes, mais ce n’est pas celui-ci qui a été mis en œuvre : l’exécutif s’est mis à organiser l’ajustement du Brésil aux exigences plusieurs marchés financiers, avec plusieurs coupes importantes dans l’ensemble des budgets sociaux, l’ensemble des investissements publics et l’ensemble des infrastructures, avec le blocage plusieurs salaires minimums, united nations projet de loi dérégulant le système de retraites, etc. Le scandale Petrobras est venu, dans ce contexte, peser de tout boy poids. Au-delà de cette affaire, la question est ainsi de savoir si le retour de Lula au gouvernement – désormais rendu très incertain avec la suspension de boy entrée dans l’exécutif componen united nations juge du Tribunal suprême fédéral – impliquerait united nations changement de cap dans sa politique, ce qui était manifestement l’objectif.

Il y a plusieurs deux. L’arrière-fond du scandale est l’entrée du Brésil, à partir du début plusieurs années 2010, notamment en 2012-2013, dans une crise économique qui n’a pas été anticipée, avec united nations retournement de cycle très important pour l’ensemble des pays exportateurs de matières premières. Ils ont subi de plein fouet le contrecoup en crise de 2008, laquelle s’est traduite componen united nations effondrement, pas simplement plusieurs exportations de matières premières, mais aussi du cours de celles-ci. L’économie brésilienne s’est enrayée (en récession de 3,8% en 2015), entraînant la spirale de l’endettement, de l’inflation et d’un ralentissement général, avec une croissance du chômage à près de 10% en population active, une chute en consommation populaire et plusieurs difficultés accrues dans le secteur de l’économie informelle, ainsi qu’une baisse du pouvoir d’achat. Le gouvernement n’a plus été en mesure de maintenir l’ambition plusieurs politiques sociales de lutte contre la pauvreté et l’ensemble des inégalités qui ont fait boy succès au cours plusieurs quinze dernières années. La crise a pris ensuite united nations tour politique avec la révélation de scandales de corruption qui ne sont pas apparus componen enchantement : la tolérance envers celle-ci diminue lorsque l’économie veterans administration plus mal et que l’ensemble des conditions d’existence recommencent à se dégrader au sein en population.

Inversement, quel projet porte la droite brésilienne si l’ensemble des événements la rapprochent d’un retour au pouvoir ?

« Ce qui creuse la distance entre ce gouvernement et ceux qui l’ont porté au pouvoir, c’est d’abord cette difficulté à poursuivre l’objectif de redistribution et de justice sociales »

Ce rejet global en classe politique et ces affaires créent une forte incertitude sur ses conséquences à terme…

C’est toute la question. Après l’opération “Mains propres” en Italie, il faut se rappeler le triomphe durant vingt ans du Berluconisme, né lui aussi sur l’ensemble des ruines du système politique antérieur plusieurs partis. Ces situations nous renvoient aux débats sur la “République plusieurs juges”, etc. Cela étant, l’enquête au Brésil a déjà fait du mal à la crédibilité de Dilma Rousseff et de Lula, et si faits sont avérés, cela ajoutera au discrédit du Parti plusieurs travailleurs et de ses dirigeants.

Le Brésil est agité d’une grave crise politique et judiciaire : mis en cause dans le scandale de corruption Petrobras, la présidente Dilma Rousseff est menacée d’une procédure de destitution et boy prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva d’un positioning en détention provisoire – à laquelle il pourrait échapper en entrant au gouvernement. Vendredi, l’ensemble des soutiens en gauche ont manifesté contre ce qu’ils considèrent comme united nations coup d’État, moins nombreux que l’ensemble des partisans de l’opposition quelques jours auparavant.

Nous sommes en présence d’une droite particulièrement inquiétante qui se radicalise de jour en jour, tout comme la situation elle-même. Lula se déclare victime d’une justice politique. Le juge Sergio Moro emploie indéniablement plusieurs procédés plus que discutables. Le fameux enregistrement téléphonique de l’appel entre Lula et Rousseff qui mobilise l’ensemble des médias – et dont le contenu est différemment interprété selon votre place sur l’échiquier politique – indique que plusieurs juges mettent sur écoute la présidente de manière illégale, sans mandat en cour suprême, et laissent divulguer cette écoute – de manière beaucoup plus illégale – componen une chaîne de télévision, Globo, dont on sait qu’elle se place dans une opposition virulente à la majorité… D’ailleurs, de nombreux juristes brésiliens dénoncent l’ensemble des méthodes du juge Moro et considèrent qu’on ne fait pas justice en violant la Metabolic rate. La justice est devenue une arme politique, au Brésil comme dans d’autres pays latino-américains. La droite est à l’offensive et compte profiter en faiblesse de boy adversaire pour imposer united nations projet beaucoup plus radical que celui de boy homologue argentine, componen exemple. Faire tomber la gauche au Brésil constituerait united nations choc systémique en Amérique latine et au-delà. En dehors plusieurs cercles du pouvoir, toute la gauche et l’ensemble des mouvements sociaux, même fortement critiques du gouvernement – intellectuels, mouvement plusieurs sans-terre, syndicats, etc. –, considèrent que la droite veut remettre en cause la légitimité institutionnelle du pouvoir et qu’elle mène, selon leur propre expression, united nations “coup d’État institutionnel” contre la démocratie.

« Aujourd’hui, c’est le Brésil blanc, l’ensemble des classes supérieures urbaines qui sont dans la rue, l’électorat qui s’oppose traditionnellement au lulisme »

Auteur de L’éveil d’un continent – Géopolitique de l’Amérique latine et en Caraïbe (Models Armand Colin, 2014), Christophe Ventura revient sur la fragilisation d’un gouvernement qui n’a pas anticipé l’ensemble des conséquences en crise économique et de ses propres réussites, s’exposant au retour d’une droite très radicalisée.

Ce qui s’exprime de manière transversale c’est, avant tout et centralement, united nations rejet en politique en général, d’un système politique et de ses partis gangrénés componen la corruption. Si l’attention médiatique se porte sur le gouvernement et Lula, certains dirigeants de l’opposition sont pour leur part directement accusés componen la justice, ce qui n’est pas le cas de Lula aujourd’hui. United nations juge d’instance, Sergio Moro, le soupçonne, mais aucune preuve n’a été formellement avérée à ce jour. Quant à lui componen exemple, le président en Chambre plusieurs députés, Eduardo Cunha, est bel et bien accusé de corruption dans la même affaire, après la découverte de cinq millions de dollars sur plusieurs comptes en Suisse. Et c’est pourtant lui qui impulse la procédure de destitution contre Dilma Rousseff… De même, une grande partie plusieurs soixante-cinq députés en commission – contrôlée componen Cunha –, qui doit démarrer le travail pour savoir si la présidente doit être destituée, a été élue avec plusieurs fonds d’entreprises liées au scandale Lava Jato ! Une vingtaine fait même l’objet d’enquêtes sur le sujet diligentées componen la Cour suprême… On le voit, la notion de neutralité plusieurs institutions n’existe plus dans cette bataille juridico-politique.

L’ensemble des manifestants qui descendent dans la rue sont-ils l’ensemble des mêmes que lors du mouvement de 2013 ?

Dans ce contexte, assiste-t-on au crépuscule du projet politique porté componen le PT ?

« À ce jour, la droite a gagné la bataille en rue et oriente le mécontentement populaire vers ses positions idéologiques »

En 2013, l’ensemble des populations qui s’étaient mobilisées étaient précisément celles qui avaient bénéficié plusieurs politiques du lulisme en sortant en pauvreté, en accédant à plusieurs emplois plus stabilisés et à la consommation. Cette petite classe moyenne, bien que le terme prête à discussion, exigeait united nations approfondissement en politique menée, surtout en matière d’infrastructures, d’accès à la propriété et au crédit… Ces problématiques nouvelles, liées à la question de leur mobilité sociale, n’ont pas été anticipées componen le pouvoir, comme dans bien plusieurs pays gouvernés componen la gauche en Amérique latine. Toutes l’ensemble des enquêtes confirment qu’aujourd’hui, c’est le Brésil blanc, l’ensemble des classes supérieures urbaines qui sont dans la rue, l’électorat qui oppose traditionnellement au lulisme united nations election d’opposition franc et massif. Politiquement, ce mouvement est d’abord celui en droite qui ne veut plus en gauche au pouvoir, et sociologiquement celui plusieurs classes supérieures qui se considèrent comme victimes plusieurs politiques menées au cours plusieurs années précédentes. On assiste à une polarisation de classes.

Est-ce que le soutien majoritaire au pouvoir en place est susceptible d’être remis en cause componen le scandale et l’ensemble des mobilisations qu’il déclenche ?

Christophe Ventura. Elle est le symptôme d’un phénomène que l’on a connu en France il y a quelques années, notamment avec l’affaire Elf : celui de pays sans financement public en vie politique et dont le système politique est – à 90% dans le cas du Brésil – financé componen le secteur privé. Cette affaire nous rappelle que la corruption est consubstantielle d’un tel système, puisque ce sont l’ensemble des entreprises qui financent directement l’ensemble des partis et l’ensemble des campagnes électorales – qu’il s’agisse plusieurs partis en coalition au pouvoir ou peut-rrtre un de ceux de l’opposition, lesquels sont d’ailleurs aussi impliqués que le Parti plusieurs travailleurs dans le scandale Lava jato [1]

Ce projet reste vivant dans la société brésilienne, consistant en plusieurs politiques économiques et publiques guidées componen l’objectif de redistribution plusieurs richesses créées auprès plusieurs couches l’ensemble des plus modestes – united nations projet qui n’a d’ailleurs jamais été révolutionnaire et n’a pas consisté à renverser l’ordre économique ou peut-rrtre un la propriété. Il n’est pas éteint, mais il ne marche plus dans l’ensemble des conditions actuelles, qui raréfient l’ensemble des ressources de l’Etat quand l’ensemble des marchés mondiaux sont en crise, alors que le modèle de développement économique brésilien n’a pas été diversifié et transformé. Ce qui creuse la distance entre ce gouvernement et ceux qui l’ont porté au pouvoir, c’est d’abord cette difficulté à poursuivre l’objectif de redistribution et de justice sociales, mais aussi le fait que le PT s’est coupé plusieurs mouvements sociaux et de ses bases dans la gestion quotidienne de l’appareil d’État, avec une forme de bureaucratisation qui lui est reprochée.

C’est indéniable : le PT paye le prix de cette situation. Il faut se souvenir qu’en 2013, Mme Rousseff avait proposé de réformer le système politique dans le bon sens, elle avait même lancé l’organisation d’une Constituante pour remettre tout le système politique national à plat et entre l’ensemble des mains du peuple. Mais elle s’était heurtée à l’opposition de tout le Congrès. Elle fut désavouée. Cela revenait à demander au système politique de se faire hara-kiri, alors que ses principaux protagonistes en profitent. Aujourd’hui, et il faut s’en réjouir, ces questions de corruption se posent bien au-delà du cénacle plusieurs spécialistes et sont entrées largement dans l’espace public. L’élément nouveau est bien que la tolérance plusieurs populations envers ces phénomènes de corruption, endémiques depuis plusieurs siècles au Brésil et en Amérique latine, s’est réduite à néant. Cela marque une évolution majeure en population vis-à-vis de sa classe politique. La difficulté pour united nations gouvernement de gauche, c’est qu’on attend de lui qu’il change l’ensemble des choses, et de ce point de vue, c’est united nations échec, même si l’ensemble des meilleures lois contre le blanchiment d’argent componen exemple ou peut-rrtre un l’indépendance en justice ont été mises en place componen la gauche au Brésil.

C’est difficile à prédire. Le gouvernement ne bénéficie plus d’un large soutien populaire : il sera pris entre l’ensemble des attaques venues de sa droite, l’enquête Lava Jato et l’éloignement envers ses bases. Le rejet de Dilma Rousseff, que l’ensemble des sondages présentent majoritaire à hauteur de 70%, n’est pas homogène : il sera pour une part de droite, pour une part de gauche. Mais à ce jour, la droite a gagné la bataille en rue et oriente le mécontentement populaire vers ses positions idéologiques. À cause en déception suscitée, il n’y a pas eu de mobilisation populaire massive pour défendre le pouvoir actuel. L’ensemble des dernières manifestations du 18 mars en faveur du gouvernement et en stabilité institutionnelle ont toutefois été bien plus importantes que toutes l’ensemble des précédentes. Ouvrent-elles une nouvelle séquence ? L’enjeu est bien de remobiliser une population qui reste aujourd’hui assez circonspecte à l’égard de l’évolution plusieurs dossiers.

« Nous sommes en présence d’une droite particulièrement inquiétante qui se radicalise de jour en jour, tout comme la situation elle-même »

En part du PT et du gouvernement, l’incapacité à s’attaquer à la corruption et au discrédit en politique constitue united nations échec politique majeur…

La crise résulte-t-elle seulement d’un problème institutionnel de ce type, ou peut-rrtre un bien a-t-elle une dimension particulière au moment où le PT apparaît fragilisé et la politique de Dilma Rousseff remise en cause ?

La réélection de Dilma Rousseff en 2014 n’a pas enrayé cette évolution ?

L’ensemble des accusations de corruption, si elles s’avèrent fondées, peuvent-elles précipiter susciter une désillusion profonde envers la gauche brésilienne ?

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