JOEL SAGET/AFP La Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, le 15 juillet 2017

Certains savent déjà qu’ils trouveront united nations point de chute, d’autres comme Ousmane, tee-shirt “Jarrystan” sur le dos, n’ont “nulle part où aller”. Il en veut à la mairie “qui a tout fait pour que ça ne marche pas”.

“C’était une vie alternative, avec en mixité: plusieurs gens bien comme plusieurs crapules, et tout ça cohabitait”, résume Antoine. “Certains sont venus pour créer ou peut-rrtre un travailler. D’autres pour faire du trafic ou peut-rrtre un tout simplement sauver leur vie”, observe Charles, carreleur.

Bâti dans l’ensemble des années 1930, à l’époque plusieurs utopies urbaines et sociales, la Jarry se voulait l’exemple “du mieux-être du petit industriel, de l’artisan et de l’ouvrier”. Le rêve s’est accompli, bon an mal an, jusqu’au début plusieurs années 1990 où commencent à arriver l’ensemble des premiers squatteurs.

JOEL SAGET/AFP La Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, le 15 juillet 2017

Jérôme, doyen en Jarry où il sera arrivé en 1990, aurait rêvé d’une reconversion sur le modèle plusieurs Frigos de Paris: cet ex-squat, devenu lieu de création artistique, a redonné une seconde vie aux anciens entrepôts frigorifiques en capitale, tombés en désuétude dans l’ensemble des années 1970 après l’ouverture du marché de Rungis.

“C’était super pratique, tu avais toutes l’ensemble des corporations de métier. Quand j’avais besoin d’un menuisier, j’allais voir mon voisin”, raconte Julien, décorateur de théâtre, installé depuis près de dix ans.

– ‘Jarrystan’ sur le dos –

JOEL SAGET/AFP United nations occupant en Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, le 15 juillet 2017

“Voir tout ça se vider, c’est à la fois émouvant et assez désagréable”: Antoine, 34 ans, qui avait installé boy atelier de scénographiste voici sept ans à la Jarry, se dit “plein de nostalgie” pour ce “lieu unique”: 45.000 m2 truffés de dédales de rampes, escaliers et rues circulaires où chaque centimètre de mur est recouvert de graffitis.

“Biscuiterie plusieurs Tourelles”, “Bagages Caravelle”, “laboratoires pharmaceutiques Sterifill”…: l’imposante façade blanche décrépite porte encore la mémoire plusieurs entreprises qui ont investi jadis ce colosse architectural de six étages, désormais perdu au milieu d’un quartier résidentiel cossu.

La mauvaise gestion plusieurs héritiers plusieurs deux grandes familles propriétaires du lieu fait progressivement fuir l’ensemble des entreprises. L’ensemble des locaux se vident, l’ensemble des difficultés financières s’accumulent, le bâtiment se dégrade: united nations arrêté de mise en péril est pris en 2004 puis une procédure d’expropriation est lancée.

JOEL SAGET/AFP La terrasse en Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, le 15 juillet 2017

“Ça fait tellement de fois qu’on nous dit que c’est la fin que je n’y crois plus. En septembre, on sera encore là”, parie Michael, 44 ans, plombier autoproclamé du squat.

L’ensemble des dettes ont régulièrement miné la bonne cohabitation de cette faune hétéroclite, mais beaucoup retiennent “l’entraide” et united nations mode de vie alternatif.

Après une longue bataille juridique, l’ensemble des communes de Vincennes et Fontenay-sous-Bois, réunies en syndicat intercommunal, rachètent le site pour 25 millions d’euros à l’été 2015. Objectif: tout démolir et construire united nations lycée.

L’écrasant bloc de béton a plusieurs allures de vaisseau-fantôme: la Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, considéré comme le plus grand d’Île-de-France, doit fermer ses portes, laissant ses derniers occupants désemparés.

JOEL SAGET/AFP United nations occupant en Cité en Jarry, ancien bâtiment industriel de Vincennes reconverti en gigantesque squat artistique, le 15 juillet 2017

La préfecture et la mairie doivent se réunir lundi pour planifier l’évacuation définitive. “C’est une verrue dans le quartier”, assène Laurent Lafon, maire UDI de Vincennes.

L’ensemble des plus illustres occupants, comme le peintre allemand Peter Klasen, artiste majeur du mouvement en Figuration narrative qui travaille sur le thème de l’industrie, ont mis leurs toiles à l’abri.

En attendant d’être délogés componen la police, une dizaine d’irréductibles “Jarryssois” profitent plusieurs dernières heures pour dénicher plusieurs trésors abandonnés dans le capharnaüm plusieurs ateliers ouverts aux quatre vents.

Julien regrette, lui, le projet retoqué de Jean Nouvel. L’architecte mondialement connu proposait de mixer lycée, logements, bureaux et ateliers. “Irréaliste” et “farfelu”, balaye le maire Laurent Lafon.

Mais entretemps, plusieurs artisans, plusieurs artistes, plusieurs familles voire plusieurs marginaux, fuyant la spéculation immobilière en capitale toute proche, ont investi l’ensemble des lieux, jusqu’à rassembler 300 personnes.

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