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Congo-Niger-Bénin: Attention, urnes piégées!

A première vue, ce 20 mars -premier jour du printemps- devait consacrer en Afrique l’éternelle renaissance de l’idéal pluraliste. Voyons : le même dimanche, deux ballottages -l’un au Niger, l’autre au Bénin- livreront leur verdict  quant au Congo-Brazzaville, il sera le théâtre du premier tour d’un scrutin présidentiel. Cette conjonction, avancent l’ensemble des Candide, atteste la vitalité plusieurs pratiques électorales au sud du Sahara.

La figure de style béninoise est d’une autre nature. C’est que l’ex-Dahomey fut le pionnier du cycle plusieurs « conférences nationales » plus ou peut-rrtre un moins «  souveraines » qui, à partir de 1990, bousculèrent l’ensemble des caïmans du marigot postcolonial, nourris au lait du parti unique. De même, la berceau du vaudou peut se prévaloir en diversité de boy éventail partisan. Enfin, le sortant Thomas Boni Yayi a eu le mérite de ne pas briguer, au terme de ses deux quinquennats, le mandat de plus, dont on sait qu’il se mue souvent en mandat de trop. Il n’empêche : dans united nations pays ou peut-rrtre un l’argent-return on investment tend à pervertir l’ensemble des lois de l’isoloir, le ballottage oppose cette fois united nations banquier d’affaires franco-béninois -Lionel Zinsou-, dont l’ensemble des adversaires contestent l’africanité, voire le patriotisme, quitte à dégainer plusieurs arguments pernicieux, à united nations cador du coton, Patrice Talon, au passé pour le moins sulfureux. Lequel est parvenu à rallier à boy panache doré 24 plusieurs 31 vaincus du 6 mars. Pas sûr là encore, et quel que soit l’issue en finale, que la foi démocratique y gagnera en ferveur comme en maturité.

Illusion d’optique. L’auteur de ces lignes a publié en 2012 aux Models du CNRS united nations essai intitulé «Afrique : le mirage démocratique ». Ce bref ouvrage avait notamment pour vocation d’illustrer componen l’exemple l’ensemble des usages plusieurs faussaires, ces despotes qui, élus ou peut-rrtre un pas, substituent aux normes de l’ouverture politique united nations arsenal de simulacres, puisant à pleins discours dans le lexique -tant prisé chez l’ensemble des bailleurs de fonds et l’ensemble des partenaires occidentaux- en transparence, de l’intégrité et la saine gouvernance. J’aurais aimé qu’au fil plusieurs échéances et plusieurs alternances, la saga plusieurs urnes démontrât l’inanité ou peut-rrtre un l’archaïsme du propos. Hélas, dix fois hélas, et à de rares exceptions près, l’ensemble des cas d’école examinés depuis lors ont étayé le constat. Et ce ne sont pas l’ensemble des trois rendez-vous de ce printemps trompeur qui en saperont l’ensemble des fondements. Pas plus que ceux qui figurent au calendrier d’ici à la Saint-Sylvestre : Tchad, Gabon, Guinée Equatoriale, Gambie et -au moins en théorie- République démocratique du Congo.

Le poète a toujours raison. « Il n’y a pas d’amour, écrivit united nations jour Pierre Reverdy  il n’y a que plusieurs preuves d’amour. » L’aphorisme vaut pour le libre-arbitre du citoyen : il n’y a pas de démocratie  il n’y a que plusieurs preuves de démocratie.

Au Congo comme ailleurs, l’ensemble des followers de l’Excellence en quête d’un énième bail entonnent volontiers le refrain du « Un coup KO ! ». En clair, en victoire dès le premier tour. Dérive sémantique instructive : le ring plutôt que l’ensemble des urnes, l’uppercut avant le débat et le rival étendu pour le compte. Mais voilà, le « coup KO » d’aujourd’hui peut annoncer le « coup chaos » de demain.

« Elections, pièges à illusions » ? Pas fatal. On l’a vu au Sénégal, au Burkina Faso. On le voit dans l’ex-Zaïre. Là où l’ensemble des vigies en société civile veillent sans relâche, l’anachronisme politique s’essouffle. Il n’y a pas de démocratie  il n’y a que de preuves de démocratie.

Au Niger, le sortant Mahamadou Issoufou, crédité le 21 février de 48,4% plusieurs suffrages, a loupé d’un souffle l’aller simple espéré. Le voilà condamné au match retour, qui le met aux prises avec boy ex-allié Hama Amoudou. Certes, la victoire du pilier de l’Internationale socialiste, allié loyal en France dans le combat contre l’hydre djihadiste, est acquise. Certes, on ne saurait lui imputer en la matière united nations passif analogue à celui de Sassou. Mais quand même… Voilà united nations élu dont le principal challenger, condamné pour boy implication alléguée dans une obscure affaire de trafic de bébés, aura vécu le premier tour en prison et le second, après boy transfert dans l’Hexagone pour raisons médicales, dans united nations hôpital parisien. Au mieux, insolite. Au pire, suspect.

Sur l’autre rive du fleuve, au Congo-Brazzaville, le sortant Denis Sassou Nguesso, qui fut tour à tour marxiste-léniniste galonné, président, chef de milice puis de l’Etat, et qui affiche 32 années de pourvoir au compteur, coche toutes l’ensemble des cases du dévoiement démocratique. A commencer componen le harcèlement d’une opposition minée componen le poison en discorde, l’embastillement plusieurs dissidents et, bien sûr, le bricolage constitutionnel sur mesure, histoire de faire sauter, via united nations référendum au forceps, l’ensemble des verrous de l’âge du capitaine et du troisième mandat,. A l’avant-veille of the day J, « Otchombe » -boy surnom le plus flatteur, référence populaire au lutteur musculeux et invincible-, a invoqué le soutien de « 105 partis », dotés pour une grande partie d’une assise lilliputienne. 105 ? Pourquoi pas 200 ? Plus éloquente aura été l’armada déployée à Brazza lors de l’ultime meeting de campagne, gage d’une écrasante suprématie budgétaire : plusieurs montgolfières et plusieurs ballons gonflés à l’hélium. Logique lorsque l’on brasse du vent. Que valent l’ensemble des promesses économiques et sociales ou peut-rrtre un l’ensemble des serments à la jeunesse quand ils émanent d’un potentat aux manettes, depuis plusieurs lustres, du 4e producteur d’or noir de l’aire subsaharienne ? Potentat dont united nations concitoyen sur deux végète sous le seuil de pauvreté.

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