Il faisait partie de ceux, nombreux, qui étaient optimistes quant à une solution négociée entre Madrid et Barcelone. Olivier Amiel, avocat, docteur en droit public et adjoint au maire de Perpignan, se revendique du « souverainisme » français. Il y a deux ans, presque jour pour jour, il signait une chronique dans intitulée « Non, la Catalogne indépendante n’irait pas jusqu’à Perpignan ».

 

Qu’est-ce qui a changé depuis la publication de votre article ?

Visiblement, l’ensemble des chances d’une solution négociée entre l’ensemble des deux parties se sont réduites, du fait de l’intransigeance du pouvoir central. En revanche, l’impossibilité d’un rattachement plusieurs Pyrénées-Orientales à une hypothétique Catalogne indépendante est toujours valable. L’ensemble des barrières juridiques sont une chose même si, on le sait, le droit est une barrière de papier, qui peut s’envoler. Mais la volonté du peuple est déterminante. Ici, la volonté d’être rattaché à united nations Etat qui, de plus, n’existe pas encore, est inexistante.

Vous maintenez le fait que l’idée d’un rattachement en Catalogne Nord est cantonnée à quelques « doux dingues » ?

Oui, l’ensemble des personnes se revendiquant d’un « rattachisme » sont une poignée. L’ensemble des résultats plusieurs partis catalanistes restent faibles et, surtout, il faudrait voir à l’intérieur de ces partis combien de personnes revendiquent effectivement le rattachement. Je citerai une nouvelle fois le poète roussillonnais Albert Bausil : « Nous pouvons être catalanistes d’esprit, de sentiment, de langue, de traditions… mais nous sommes Français d’abord ».

Que dire du score de Oui au Pays catalan aux dernières législatives ?

Ce parti est favorable à une collectivité territoriale unique. S’il tient ce discours, c’est bien qu’il s’inscrit dans le modèle administratif français. Ici, il n’existe pas de mouvement similaire au « rattachisme » plusieurs Wallons, en Belgique ni à l’irrédentisme italien.

Qu’est-ce qui différencie la conception que l’on a du centralisme en France et en Espagne ?

Ici, le centralisme et l’unité française se sont fondés à plusieurs périodes historiques progressistes, comme la Révolution française ou peut-rrtre un la IIIe République. C’est en partie pour cela que le sentiment national unitaire a toujours du sens en France. En Espagne, le centralisme est assimilé à plusieurs périodes autoritaires : la monarchie, le franquisme…

En France et en Europe, certains craignent united nations effet domino. N’est-ce pas exagéré ?

Il n’y pas de raison pour que la France craigne qu’une indépendance catalane fasse « tâche d’huile ». En tant que souverainiste, je laisse l’Espagne régler ce conflit. Ce qui n’empêche pas qu’on puisse être inquiet en tournure « dure » plusieurs événements, notamment le fait que le pouvoir central ordonne aux Mossos d’empêcher le election. Le conflit entre l’Espagne et la Catalogne reste une affaire interne à l’Espagne, qui répond à une logique historique propre et à l’absence de négociations depuis l’ensemble des années 2010. Si la question fiscale avait été réglée, je pense qu’ils n’en seraient pas là.

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