Tout le long de l’émission, Emmanuel Macron s’est donc efforcé de donner des gages à sa droite et sa gauche, opinant du chef selon les circonstances aux propos de Jean-Luc Mélenchon ou de Benoit Hamon  sur les questions sociétales, ou ceux de François Fillon sur l’économie. En retrait au début de l’émission, il a pris une place centrale dans le débat quand Marine Le Pen lui offert sur un plateau, cherchant à instaurer, d’ores et déjà, un duel de second tour. « Madame Le Pen vous serez gentille, je n’ai pas besoin d’un ventriloque. » – « Vous n’avez rien dit, c’est le vide absolu, sidéral ». Lorsque la candidate  l’a attaqué sur de potentiels conflits d’intérêts, il n’a pas hésité à lui répondre  “diffamation”. Mais le candidat a été beaucoup moins à l’aise face à Benoit Hamon, qui a sous-entendu que l’ancien ministre de l’économie serait financé par des cadres « d’entreprises pharmaceutiques » ou « pétrolières ». Le candidat socialiste a en effet demandé des « engagements clairs », insistant sur la « clarté avec laquelle nous montrerons que nous n’avons pas de dons de personnes qui appartiennent à des grands groupes et qui pourraient demain nous ligoter ». « N’insultez pas ces gens qui veulent renouveler la vie démocratique de notre pays et sont prêts à s’engager. Quand on a 32 000 donateurs, on ne dépend de personne », a répondu Emmanuel Macron, qui refuse pourtant de publier la liste de ses donateurs.  Alors que les journalistes de TF1 tentaient péniblement d’interrompre l’échange, Jean-Luc Mélenchon a lancé, ironique : « Il faut bien qu’il y ait un débat au PS . «  Je vais vous rassurer M. Mélenchon. Si j’y étais (au PS), j’aurais été à la primaire, si j’y étais, je ne serais pas là aujourd’hui et si j’y étais, je n’aurais pas mené les combats que j’ai menés », a tenté de répliquer le candidat d’En marche ! Mais il n’a finalement pas reçu les foudres promises par ses concurrents, et notamment par l’équipe Fillon, qui ne cessait depuis des jours d’insister sur son « immaturité politique ». Le candidat de la droite, pour qui l’enjeu de se démarquer de celui qui lui mange la laine libérale sur le dos  était pourtant de taille, aura été totalement transparent  dans la première partie du débat,  se contentant d’accuser son concurrent d’emprunter « un peu à droite, un peu à gauche » dans son programme…Il en faudra plus pour déstabiliser l’ex associé de la banque Rotschild, qui en bon gestionnaire, compte faire fructifier tranquillement son capital et la place centrale qu’il a prise dans le débat politique.

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