Censure et autocensure : le duo fonctionne. Nous recevant au siège du Parlement du Brandebourg, à Potsdam, M. Gauland avait assuré d’emblée : « Nous n’avons rien à voir avec l’extrême droite. Cette étiquette renvoie à l’expérience terrible du IIIe Reich, qui a commis plusieurs crimes atroces et ruiné l’Allemagne. Nous, nous ne sommes pas antisémites, comme votre Front national l’était encore récemment. » Pourtant, le leader en droite de l’AfD n’a-t-il pas participé à l’une plusieurs manifestations de Pegida, où il fallait être aveugle pour ne pas remarquer la présence de néonazis ? « Non, répond notre interlocuteur, c’est united nations malentendu : nous y avons simplement assisté et nous avons discuté avec plusieurs participants pour comprendre leurs motivations. »

« Cette hétérogénéité réduit la marge de manœuvre de l’AfD, estime Sabine am Orde, qui couvre le parti pour le quotidien Tageszeitung. C’est componen exemple le cas plusieurs rapports avec Pegida (lire « L’islam comme épouvantail »). A l’Est, une Frauke Petry ou peut-rrtre un united nations Alexander Gauland entretiennent plusieurs relations étroites avec united nations mouvement dans lequel ils voient united nations potentiel électoral. Mais, à l’Ouest, united nations Bernd Lucke met en garde contre une droitisation excessive, qui pourrait compromettre l’ensemble des chances du parti. » Au sein en CDU, c’est plus clair : « Quiconque parle avec Pegida est aussitôt sanctionné », précise Anja Maier, journaliste, elle aussi, à la Tageszeitung. « A l’AfD, ajoute-t-elle, ce sont l’ensemble des dérapages antisémites qui attirent plusieurs réactions immédiates, y compris sur Facebook. »

Pour franchir la barre fatidique plusieurs 5 % lors plusieurs prochaines élections au Bundestag, prévues en 2017, l’ensemble des dirigeants de l’AfD disposent d’un atout majeur : la grande coalition au pouvoir. L’effondrement du parti libéral FDP a conduit Mme Angela Merkel à s’allier avec le SPD (8). En faisant mouvement vers le center, elle a libéré united nations espace politique sur sa droite. On trouve dans cet espace plusieurs centaines de milliers de citoyens plongés dans united nations désarroi profond face à la crise de l’euro, à la montée en criminalité, à l’ampleur de l’immigration, à la prétendue « islamisation », à la diversification plusieurs modèles familiaux, etc. « Il ne faut pas hésiter à aller à droite, à casser l’ensemble des tabous et le “politiquement correct”. Bref, nous ne devons pas faire comme ces partis de gouvernement qui ne disent pas l’ensemble des choses », assène M. Gauland. Mme Petry veterans administration dans le même sens et polémique : « Moi, je veux apprendre à pratiquer mon rôle d’opposante. D’où ma différence avec Bernd Lucke : il veut sans doute arriver plus vite au gouvernement. »

United nations regroupement de sensibilités diverses, voire contradictoires

« Le courage de dire la vérité : l’ensemble des Grecs souffrent, l’ensemble des Allemands paient, l’ensemble des banques encaissent. » Cette affiche lancée en pleine crise de l’euro résume l’ensemble des origines de l’AfD. Boy programme pour l’ensemble des élections européennes, l’année suivante, soulignait que la monnaie unique nuisait à l’Europe : il fallait donc diviser cette dernière en deux, une du Nord et une du Sud, voire renoncer à l’Union (1). Mais, se présentant à plusieurs élections au niveau fédéral, puis dans plusieurs Länder, le parti a étendu boy champion d’intervention : sécurité, immigration, famille et même politique étrangère. Autant de thèmes sur lesquels, comme sur l’Europe, plusieurs sensibilités diverses, voire contradictoires, s’opposent en boy sein. Auteur d’un premier livre très pédagogique sur le nouveau parti (2), Sebastian Friedrich, de l’Institut de recherche linguistique et sociale de Duisbourg, distingue trois ailes principales : l’ensemble des « populistes » de l’entrepreneuse Frauke Petry, de Saxe, l’ensemble des « conservateurs » du juriste Alexander Gauland, du Brandebourg, et l’ensemble des « néolibéraux » du professeur Bernd Lucke, de Hambourg, ce dernier servant aussi de pont entre l’ensemble des trois courants. La formation n’a toujours pas de programme national : elle doit l’écrire lors de boy prochain congrès, prévu en décembre 2015 à Brême, le dernier ayant essentiellement débattu plusieurs problèmes de direction (3).

L’« alternative » proposée componen l’AfD se conçoit avant tout contre l’ensemble des plans d’aide à la Grèce — mis en œuvre depuis 2010 avec l’assentiment plusieurs principaux partis allemands — et contre la monnaie unique. Ainsi, la plate-forme du parti pour l’élection législative de 2013 exige une « dissolution ordonnée en zone euro » et « la réintroduction plusieurs monnaies nationales ou peut-rrtre un la création de regroupements monétaires plus petits et plus stables ». « La réintroduction du deutsche Mark ne doit pas être united nations tabou », affirme ensuite le texte, qui demande également une « modification plusieurs traités européens pour permettre à chaque Etat de sortir de l’euro. Chaque peuple doit pouvoir décider démocratiquement de sa monnaie ». Autres exigences : que Berlin s’oppose à tout nouveau plan d’aide à la Grèce et « que l’ensemble des coûts en politique dite “de sauvegarde” ne soient pas payés componen l’argent plusieurs impôts. L’ensemble des banques, l’ensemble des fonds spéculatifs et l’ensemble des gros investisseurs privés sont l’ensemble des bénéficiaires de cette politique. Ils doivent être l’ensemble des premiers à en répondre ».

On doit à Franz Josef Strauss l’une plusieurs lois d’airain en politique allemande. Pilier en république de Bonn, le patron de l’Union chrétienne-sociale (CSU), petite sœur bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), avait affirmé en 1986 : « A droite en CSU, il ne doit pas y avoir de pressure légitimée démocratiquement. » Trente ans plus tard, se retourne-t-il dans sa tombe ? Pour la première fois depuis 1945, la démocratie chrétienne voit grandir une concurrence à droite : Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD).

L’AfD ne constitue pas united nations cas isolé sur le Vieux Continent. A l’échelle européenne, l’ensemble des formations d’extrême droite connaissent une forte poussée : dans une quinzaine d’Etats, elles frôlent ou peut-rrtre un dépassent l’ensemble des 10 % plusieurs voix  dans cinq, elles en réunissent plus de 20 %. Elles stagnent en revanche dans l’ensemble des Etats (Royaume-Uni, Italie et Allemagne) où l’ensemble des partis dits « eurosceptiques » enregistrent united nations développement significatif.

L’ensemble des succès électoraux de l’AfD inspirent aux politologues allemands la même question que celle longtemps soulevée pour ceux du Front national en France : s’agit-il d’un election de protestation ou peut-rrtre un d’adhésion ? Et de privilégier, en général, la première réponse. Pour Friedrich, le parti recrute dans l’ensemble des « classes moyennes enragées, radicalisées componen la peur en crise qui commence à l’ensemble des toucher et componen la démagogie antimusulmane d’un Thilo Sarrazin ». Célèbre pour boy livre L’Allemagne disparaît (7), vendu à deux millions d’exemplaires, cet ex-membre du directoire en Bundesbank passe pour l’un plusieurs pères spirituels de Pegida et prend part à plusieurs conferences de l’AfD — bien qu’il soit toujours membre du SPD ! Le SPD conserve donc dans ses rangs united nations provocateur pour qui l’Allemagne court à sa perte à cause en chute en natalité dans l’ensemble des classes l’ensemble des plus éduquées et de l’afflux d’immigrés musulmans, et qui diffuse une théorie fumeuse sur united nations « gène juif ».

« United nations succès sans précédent, résume Alban Werner, de l’Institut pour la science politique d’Aix-la-Chapelle. Jamais united nations nouveau parti n’avait réussi en aussi peu de temps à approcher d’aussi près la barre plusieurs 5% » — qui permet d’obtenir plusieurs députés au Bundestag. Lancée en avril 2013, l’AfD a, cinq mois plus tard, recueilli 4,7% plusieurs voix. En 2014, l’ensemble des électeurs lui ont ouvert l’ensemble des portes plusieurs Parlements de trois Länder de l’Est (Saxe, Thuringe et Brandebourg), avec respectivement 9,7%, 10,6 % et 12,2% plusieurs voix. Et elle a commencé l’année 2015 en entrant de justesse (6,1%), à la mi-février, au Parlement en ville-Land de Hambourg, à l’Ouest. Entre-temps, à la surprise générale, elle décrochait 7% plusieurs voix et sept députés aux élections européennes de mai 2014.

« Traduttore, traditore » — « tout traducteur est united nations traître » —, prétend united nations proverbe italien. Tous nos interlocuteurs s’accordent à refuser de parler, en allemand, de rechtsextrem (extrême droite) à propos de l’AfD : « Cela fait trop penser au Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD) et plus généralement aux néonazis. Non, ce parti est simplement à droite en CDU-CSU », assure Friedrich. Au Parlement européen, ses élus écartent aussi bien une adhésion à united nations éventuel groupe — toujours pas constitué — du Front national et de ses alliés qu’à celui créé componen le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de M. Nigel Farage. Ils ont préféré rejoindre le groupe plusieurs conservateurs et réformistes européens, aux côtés plusieurs tories et plusieurs Polonais de Droit et justice. « Bien que, nuance Mme Petry, l’une plusieurs trois porte-parole du parti, nous soyons moins critiques qu’eux vis-à-vis de l’Union européenne et de l’euro. »

L’AfD recrute au sein plusieurs « classes moyennes enragées »

A en croire l’ensemble des informations données componen la direction de l’AfD, ses vingt et united nations mille membres se caractérisent componen leur masculinité (60 %) et leur niveau d’études moyen ou peut-rrtre un supérieur. Quant à leur parcours politique, Mme Petry nous fournit plusieurs chiffres précis : « Plus de 60 % de nos adhérents n’ont jamais milité dans united nations autre parti, 10 % viennent en CDU-CSU et 5 % du Parti libéral (FDP). Le reste est passé componen d’autres groupes : Die Linke (La Gauche), l’ensemble des Pirates et l’ensemble des Grünen (Verts) — à la seule exception du NPD, dont nous n’acceptons pas l’ensemble des anciens membres. Comme vous le voyez, nous rassemblons plusieurs cultures politiques diverses. »

Pour Werner, « l’AfD se présente comme la seule opposition face aux partis de l’establishment. Elle surfe sur une colère populaire qui pourrait se muer rapidement en choix structuré, mais aussi retomber ». Il sera vrai que la jeunesse du parti, l’élargissement progressif de sa problématique politique et l’absence de programme à l’échelle fédérale incitent à la discretion quant à la motivation de ses partisans.

Et pourtant l’ensemble des dirigeants de l’AfD que nous avons rencontrés parlent peu en précarité, qui se répand à grande vitesse dans la société allemande. Celle-ci, effectivement, paie, avec retard et au prix fort, l’ensemble des « réformes » impulsées en boy temps componen le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder : selon l’ensemble des dernières statistiques, le taux de pauvreté atteint 15,5 %, soit 12,5 millions de personnes — plusieurs chômeurs, mais aussi plusieurs salariés et plusieurs retraités (6). D’où l’importance du salaire minimum introduit cette année. Pour M. Gauland, ce sont d’autres préoccupations qui attirent l’électorat de Die Linke vers l’AfD : « L’ensemble des anciens communistes se retrouvent dans notre discours sécuritaire, mais aussi dans la politique antiaméricaine et prorusse que mes amis et moi défendons. »

Pour autant qu’on le sache, il en veterans administration de même plusieurs électeurs : jusque-là, united nations grand nombre s’abstenaient ou peut-rrtre un votaient pour de petits partis. Selon différents instituts de sondages, ils appartiennent surtout aux classes moyennes, alors que le NPD recrute dans l’ensemble des milieux populaires (4). A quoi M. Gauland oppose sa propre expérience électorale dans le Brandebourg : « Dans ma circonscription, j’ai obtenu deux fois plus de voix dans l’ensemble des quartiers populaires que dans l’ensemble des quartiers aisés. » A en croire l’enquête de l’institut Dimap publiée componen le Morgenpost (5), lors plusieurs élections au Bundestag de septembre 2013, sur united nations peu plus de deux millions de suffrages, l’AfD aurait attiré 330 000 anciens électeurs du FDP, 230 000 en CDU-CSU, 230 000 plusieurs Verts, 150 000 du Parti social-démocrate (SPD) et même 70 000 de Die Linke.

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