La fraude, le mensonge et l’hypocrisie lui sautaient aux yeux. « Je ne me suis jamais trompé sur l’ensemble des visages, / parce que ma libido et ma timidité / m’ont obligé à bien connaître mes semblables (3). » En 1945, il avait lu Karl Marx après avoir observé, dans ce Frioul où il a passé une partie de sa jeunesse, qu’il y avait plusieurs ouvriers et qu’il y avait plusieurs propriétaires, plusieurs humiliés et plusieurs rassasiés. « Il y avait encore plusieurs enclaves féodales, comme en Sicile, pratiquement  plusieurs latifundia. Je me suis trouvé là, physiquement : d’un côté l’ensemble des journaliers tous ensemble liés componen leurs drapeaux, leur foulard rouge autour du cou  de l’autre côté l’ensemble des patrons. Et voyez-vous, sans la moindre lecture marxiste, tout naturellement, je me suis rangé du côté plusieurs journaliers frioulans (4)…  » Contrairement à tant d’habiles, cependant, Pasolini n’a jamais spéculé sur la justice en achetant plusieurs actions à la baisse dans l’attente du moment propice pour l’ensemble des revendre à la hausse. Il n’avait ni plan ni programme. Chez lui, seuls importaient l’élan et la volonté de faire face. « Il était différent, en ce qu’il était justement désintéressé », précisait encore Moravia (5).

Ce désintéressement de Pasolini, sa générosité d’un autre âge expliquent la profusion de boy œuvre. Plusieurs romans majeurs — L’ensemble des Ragazzi (1955), Une vie violente (1959), Pétrole (1992, posthume) —, douze longs-métrages dont plusieurs chefs-d’œuvre — Mamma Roma (1962), L’Evangile selon saint Matthieu (1964), Salò ou peut-rrtre un l’ensemble des 120 jours de Sodome (1975) —, plusieurs pièces de théâtre, plusieurs centaines de poèmes, plusieurs traductions, plusieurs essais journalistiques rassemblés dans l’ensemble des Ecrits corsaires (1975) et l’ensemble des Lettres luthériennes (1976). United nations ensemble dont on mesure à peine l’importance : boy dévoilement ne fait que commencer. L’oubli ne pourra plus refroidir cette coulée de lave en fusion.

Centro Studi Pier Paolo Pasolini, Casarsa Delle Delizia

Ce qui frappe plus encore, dans ses textes et ses œuvres plusieurs dix dernières années, c’est boy obsession de l’innocence perdue de l’enfance et la présence envoûtante de sa mère, Susanna Colussi, à qui il avait confié le rôle de Marie, mère du Christ, dans L’Evangile selon saint Matthieu : « Tu es irremplaçable. C’est pourquoi est condamnée à la solitude la vie que tu m’as donnée / Et je veux être seul. J’ai une faim démesurée d’amour, de l’amour de corps sans âme demeurés / Vehicle l’âme est en toi, c’est toi, tu es simplement ma mère et ton amour est mon asservissement : / j’ai passé asservi à cette sensation toute mon enfance, sensation élevée, irrémédiable, d’un engagement immense (10). » Dans Poésie en forme de rose, Pasolini se définit singulièrement comme united nations « fœtus adulte ». Etrange image qui éclaire sa position inconfortable et généralement incomprise au moment plusieurs débats sur la légalisation de l’avortement en Italie. Jurant avoir gardé plusieurs souvenirs heureux de sa vie intra-utérine, il était métaphysiquement contre et politiquement pour : tragique et poignante à la fois, cette capacité à associer une répulsion intime pour ce qu’il pouvait considérer comme l’annexion en vie sexuelle componen la société de consommation et une claire vision du désordre et de l’injustice de classe perpétués componen l’ancien dispositif légal. L’écrivain, qui, en 1968, avait expliqué qu’il était du côté plusieurs policiers contre l’ensemble des étudiants, parce que ceux-ci étaient plusieurs bourgeois et ceux-là plusieurs prolétaires, n’était pas à united nations scandale près.

Ce serait pourtant une erreur de rattacher boy sentiment profond sur la question de l’avortement à boy goût en provocation ou peut-rrtre un à plusieurs reliquats de puritanisme communiste et de pudibonderie catholique. Pour l’éclairer, il faut en revenir à boy lien constant, public et assuré avec le corps de sa mère. Comme avec le foulard rouge plusieurs journaliers frioulans, c’est une affaire de vision. Il contemplait, sans cesse à ses côtés, la mater dolorosa qui avait eu le courage de le suivre à Rome, en 1949, après boy exclusion de l’enseignement et du Parti communiste pour détournement de mineur. « J’ai fui avec ma mère et une valise et quelques joies qui se révélèrent fausses, sur united nations train given comme united nations train de marchandises. » Dans La Piste Pasolini (11), united nations exercice d’admiration en forme de promenade, Pierre Adrian s’attarde justement dans le cimetière communal de Casarsa, le village en province de Pordenone, à l’ouest d’Udine, où se trouve sa tombe. Tandis que le père et le frère du poète sont enterrés united nations peu plus loin, il repose dans le même caveau que sa mère, sous une dalle sobre. « Peut-être, écrivait Pasolini pour éclairer la passion essentielle et dangereuse qui unissait le fils à sa mère, que personne n’a vécu à une telle hauteur de désir — angoisse funèbre. » C’est peut-être là sa grandeur, et boy mystère.

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