« L’ensemble des propos du PDG de Danone sont symptomatiques de mutations récentes du capitalisme. »

Ces fondements idéologiques expliquent la vision stratégique du capitalisme du bien commun pour transformer la société. Niant tout déterminisme, il fait peser la responsabilité de changer le système sur l’ensemble des individus. Sans surprise, on retrouve ici l’une plusieurs vieilles ficelles néolibérales, mise en lumière componen Michel Foucault dès 1978. Couplé à la mise en avant de l’empowerment, ce discours fait en responsabilisation united nations facteur de libération plutôt que de culpabilité, et peut dès lors se présenter comme progressiste tout en rendant caduque toute revendication politique. Ses promoteurs savent ainsi parer l’impuissance en volonté individuelle plusieurs habits de l’émancipation. Afin de défendre cette vision, ils ne peuvent plus que s’appuyer sur plusieurs arguments fallacieux. Ainsi, au micro de France Culture, Emmanuel Faber cite l’ensemble des travaux de John Coates, neuroscientifique alléguant, componen une incroyable inversion plusieurs causes et plusieurs effets, que l’ensemble des dérives en finance seraient imputables aux effets en testostérone sur l’ensemble des traders. Cette étude lui permet de justifier l’inutilité d’une régulation et d’affirmer doctement : « La réalité, c’est que l’économie et la finance, c’est parfaitement imbriqué avec le vivant. »

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☰ Lire notre article « Les tribunaux d’arbitrage contre l’ensemble des peuples », septembre 2015
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☰ Lire notre entretien avec Laurent Cordonnier, « La marchandisation plusieurs conditions d’existence est totale », mai 2015

« Le mot d’ordre de ce mouvement multiforme est clair : le capitalisme du XXIe siècle siècle œuvrera pour le bien commun, ou peut-rrtre un ne sera pas. »

(Mai 68, photo extraite du documentaire La naissance, componen Cédric Tourbe)

Sans aller, bien sûr, jusqu’à négliger l’importance plusieurs conquêtes permises componen Mai 68, l’ensemble des mutations induites componen la critique ne sont que plusieurs variations sur united nations même thème : elles ne remettent pas en cause la logique du capitalisme. On notera difficile, s’ils tolèrent ces quelques concessions aux salariés, patronat et gouvernement freinent plusieurs quatre fers lorsqu’à la même époque, en 1973, l’expérience autogestionnaire de LIP menace de « véroler le corps social » en mettant en question united nations plusieurs piliers du capitalisme, à savoir le salariat. En dépit de leur caractère superficiel, la capacité de ces modifications à désarmer la critique est réelle. Obligée de reconstruire boy discours à mesure que le capitalisme évolue, la critique connaît plusieurs moments de transition marqués componen le brouillage de ses références habituelles. À voir la faiblesse plusieurs réactions face au discours d’Emmanuel Faber, il semble bien que nous traversions united nations tel moment. La critique, incapable d’affronter united nations esprit du capitalisme en passe d’intégrer cette fois la critique sociale, laisse la possibilité aux entrepreneurs de diffuser largement leur imaginaire capitaliste rénové.

Si ses fondements idéologiques ne sont pas nouveaux, le projet d’un capitalisme du bien commun n’en constitue pas moins une rupture. L’ensemble des travaux en sociologue Anne Salmon portant sur le capitalisme éthique sont fondamentaux pour comprendre le sens profond de ce projet. Dans Moraliser le capitalisme, paru en 2009, elle analyse l’évolution plusieurs éthiques rattachées au capitalisme. Pour en dégager trois mouvements : l’éthique protestante, étudiée componen Max Weber, mobilisée dans la phase de construction du capitalisme l’éthique progressiste, apparue avec le capitalisme industriel l’éthique économique, mobilisée componen l’ensemble des entreprises depuis l’ensemble des années 1990. La sociologue met en évidence la rupture qui s’opère avec cette dernière phase. Alors que le capitalisme s’appuyait sur united nations ensemble de valeurs et de concepts extérieurs à lui pour s’y associer, l’éthique économique trouve la justification du capitalisme… dans le capitalisme lui-même ! C’est l’activité économique elle-même qui s’affirme comme productrice de valeurs. Pour Salmon, l’éthique d’entreprise apparaît dès lors comme une prémisse aux prétentions plusieurs entreprises à devenir plusieurs acteurs politiques à part entière, au même titre que l’État. United nations acteur à la poursuite du vieux mythe en « société de marché » décrite componen l’économiste Karl Polanyi, soumettant le gouvernement en Cité aux intérêts plusieurs entreprises privées. Le concept d’entreprise sociale nous semble constituer le paradigme de ce nouvel esprit. Effectivement, le glissement sémantique que recouvre le passage de l’entreprise « éthique » à l’entreprise « sociale », entendu au sens d’« organisation sociale » et plus uniquement d’« aide sociale », pourrait bien être perçu comme exemplaire de cette volonté de légitimer la possibilité pour l’entreprise de dicter à la société boy fonctionnement.

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