“Sur zone, il faut relever tout un tas d’indices”, allant des cadavres d’insectes et d’animaux sauvages, aux brûlures des végétaux, le sens de leur “tombée”, qui peuvent donner de précieuses indications quant à la direction de l’incendie par exemple, poursuit-il.

“Il y a d’abord un aspect classique : tout ce qui est enquête de voisinage, recherche du renseignement à travers la population, les automobilistes, l’analyse de la vidéo-protection pour comprendre ce qu’il s’est passé”, détaille-t-il. Ces premiers éléments vont permettre de délimiter la zone dans laquelle le feu a pris.

Sud Ouest

La zone est “gelée” 

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“On n’écarte aucune hypothèse”, souligne le militaire, qui rappelle que des feux récents ont été déclenchés par le choc d’un outil agricole sur un caillou, ou encore par les étincelles liées au passage d’un train.

À Saint-Cannat ce week-end, le terrain n’était pas forcément des plus favorables aux enquêteurs : le feu est parti “d’un champ en bordure de route, labouré, donc plus difficile qu’une zone neutre et vierge” pour la recherche d’indices, explique Benoît Ferrand, qui affirme qu’avec les moyens techniques modernes, les gendarmes ont en moyenne une “très bonne” probabilité de remonter à l’origine d’un feu.

Dès que les progrès des soldats du feu le permettent, une équipe, à laquelle participe un gendarme technicien spécialisé en investigations criminelles, se rend dans cette zone, qui est “gelée”, comme une scène de crime. Commence alors “un travail méticuleux”, explique le gendarme. Acte volontaire d’un pyromane, accident, incendie “naturel” : rien n’est laissé au hasard pour déterminer l’hypothèse privilégiée.

“Au fur et à mesure”, l’enquête s’affine

Résultat, le vice-procureur a pu annoncer très vite exclure “a priori, l’hypothèse d’un geste criminel”, faute d’élément qui permette de la corroborer, tout comme “l’hypothèse naturelle” comme un orage de chaleur.

Pour les gendarmes, associés à l’Office national des forêts et aux sapeurs-pompiers au sein d’une unité spécialisée, le premier enjeu est de localiser le ou les lieux précis de départ des flammes, détaille le colonel Benoît Ferrand, à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône.

Cadavres d’insectes, brûlures de végétaux, pierres et cailloux scrutés

“Même les pierres et les cailloux” sont passés au peigne fin, ainsi que les paramètres météo, le vent, sa force et sa direction qui “sont importants à prendre en compte dans les calculs pour déterminer les circonstances du départ de l’incendie”. Pour trouver d’éventuels produits inflammables, des accélérateurs de feu trahissant un geste criminel, les gendarmes disposent de chiens spécialement dressés.

Dès les premières heures d’un feu de forêt, de minutieuses investigations sont lancées pour remonter aux origines du sinistre, comme à Saint-Cannat, dans les Bouches-du-Rhône, où les enquêteurs ont identifié la cause probable de l’incendie qui a dévoré 800 hectares : un mégot mal éteint. 

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