Au gré du courant de Mikio Naruse

Geishas tristes. Considérés aujourd’hui comme deux des plus grands cinéastes nippons, Yasujiro Ozu et Mikio Naruse ne furent découverts en Occident qu’après leur mort. On croyait à l’époque que leurs thèmes et leurs styles, délibérément retenus, qui illustraient la vie contemporaine des petites gens, n’intéresseraient pas les spectateurs occidentaux, plus fascinés par l’exotisme des œuvres historiques en costumes. Evidemment, pas de couleur locale chez Naruse, dont l’approche et la vision de la vie nipponne sont moins dépouillées que chez l’austère Ozu et proches du quotidien. Ce qui correspond mieux à notre sensibilité actuelle que le cinéma de samouraïs. D’ailleurs, on peut constater que cette veine, baptisée “shomin-geki”, est florissante dans le cinéma nippon actuel, notamment dans l’œuvre de Hirokazu Kore-Eda, digne continuateur d’Ozu et de Naruse. Dans “Au gré du courant”, Naruse scrute la vie d’une maison de geishas et en décrit l’inexorable déchéance. Il exprime les dilemmes des uns et des autres avec une grande finesse, sans jamais plonger dans les affres du drame. Subtil.

Black micmac. Les histoires d’un groupe de rabatteurs de rue africains, qui travaillent pour les salons de coiffure du boulevard de Strasbourg à Paris, près du métro Château d’eau. D’où le titre. On suit les déambulations à droite et à gauche de Charles, sapeur fauché qui tente de sortir son épingle du jeu dans cette mini-jungle où les rivalités et les coups-fourrés abondent. La force du film c’est son aspect documentaire, qui colle à la réalité, et met en évidence la vitalité d’un des derniers vrais quartiers populaires de la capitale. Précieux.

Vida loca. Lors de la venue du pape à Madrid en 2011, deux inspecteurs de police assez caractériels mènent l’enquête sur les crimes d’un maniaque sexuel qui assassine des vieilles dames. Quoique assez dynamique et parfaitement inscrit dans le tissu urbain, ce film est néanmoins plombé par ses personnages, grossiers et exagérés, et par une crudité morbide typiquement espagnole qui n’apporte rien à ce thriller oubliable.

Que Dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

La Vie de château de Modi Barry et Cédric Ido

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