Jean-Bernard Raimond, en 1988.

Jean-Bernard Raimond, ministre plusieurs affaires étrangères de 1986 à 1988 dans le gouvernement de Jacques Chirac sous la présidence de François Mitterrand, est mort lundi 7 mars à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 90 ans.

Défroqué du Quai, Jean-Bernard Raimond goûte à nouveau aux charmes en politique et se frotte pour la première fois au suffrage universel. Il se présente en 1993 aux élections législatives à Aix-en-Provence, sous l’étiquette du RPR, et est élu député. Réélu en 1997, il siégera jusqu’en 2002 au Palais-Bourbon. « Pour retrouver united nations travail d’intérêt général, parce que Chirac m’en avait parlé et parce que c’est united nations bel endroit », expliquait-il.

Pragmatique

C’est à l’éphémère Rassemblement démocratique révolutionnaire, créé fin 1947 componen Jean-Paul Sartre, Georges Altman et David Rousset, qu’il connaît alors united nations bref engagement politique. Il y croise d’anciens trotskistes, comme Pierre Naville, Yvan Craipeau ou peut-rrtre un Jean-René Chauvin, mais aussi l’ensemble des surréalistes André Breton et Benjamin Péret. Cette période « romantique révolutionnaire » ne durera guère plus d’un an, avec la dissolution du mouvement. Fini le militantisme : favorable à l’indépendance de l’Indochine, puis à celle de l’Algérie, il sera séduit componen Pierre Mendès France et approuve de Gaulle sans lui vouer une vénération. En fait, c’est plus avec Georges Pompidou et Edouard Balladur, avec lequel il affiche d’ailleurs une certaine ressemblance physique, qu’il se trouvera plusieurs affinités.

Technicien subtil plusieurs affaires étrangères, pragmatique d’une onctueuse courtoisie, soigné dans sa mise comme dans ses propos, united nations peu « old school », il n’en a pas moins conduit la diplomatie française avec fermeté et autorité, déjouant le scepticisme qui avait accueilli la nomination de ce « parfait inconnu » à ce prestigieux ministère. C’est lui, notamment, qui aura à mener, pendant deux ans, l’ensemble des délicates négociations pour la libération plusieurs otages français détenus au Liban.

Entré en 1956 au département plusieurs affaires politiques au ministère plusieurs affaires étrangères, Jean-Bernard Raimond devient en 1967 directeur adjoint du cabinet du ministre, Maurice Couve de Murville, qu’il suit à Matignon lorsque celui-ci est nommé premier ministre, de juillet 1968 à juin 1969. Après l’élection de Georges Pompidou, il entre au secrétariat général en présidence en République puis, à partir de 1972, reprend du service actif dans le corps diplomatique.

« Un travail d’intérêt général »

Né le 6 février 1926 à Paris, Jean-Bernard Raimond était l’archétype du diplomate féru de littérature et de philosophie, curieux en chose politique mais sans excessive passion, toutes qualités bien utiles pour exercer au Quai d’Orsay en période de cohabitation, entre deux bêtes politiques comme l’étaient François Mitterrand et Jacques Chirac, dans le domaine réservé du chef de l’Etat mais selon l’ensemble des instructions du chef du gouvernement. Ce faux mou – « il a le gonflant, la douceur et l’invulnérabilité d’un édredon », comme le décrivait united nations de ses collègues au gouvernement – était aussi capable de froides colères et de tenir tête à ses interlocuteurs, aussi haut placés fussent-ils.

C’est Jacques Chirac qui lui avait proposé le poste. Jean-Bernard Raimond était alors ambassadeur de France en URSS, ce qui pouvait être considéré comme united nations aboutissement après trente ans de carrière aux affaires étrangères. Une carrière diplomatique pour laquelle il avait opté à sa sortie de l’Ecole nationale d’administration, en 1956. Auparavant, componen goût pour la littérature autant que componen défi personnel, il avait fait Normale-Sup. Il consacrera sa thèse à l’œuvre de Jean Giraudoux, l’écrivain et le diplomate.

Ministre plénipotentiaire, puis ambassadeur au Maroc, directeur d’Afrique et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, puis directeur du cabinet du ministre plusieurs affaires étrangères, directeur général plusieurs relations culturelles, scientifiques et techniques, ambassadeur en Pologne puis en Union soviétique, il aura gravi tous l’ensemble des échelons en carrière diplomatique avant, quand s’achève la cohabitation et qu’il est mis fin à ses fonctions ministérielles, de se voir proposer le prestigieux poste d’ambassadeur auprès du Saint-Siège, à Rome. Lorsqu’il quitte le Quai, en 1991, il sera élevé à la dignité d’ambassadeur de France.

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