Les chiens de garde du système financier tentent d’interpréter ce Krach et de lui donner de la cohérence. L’« anxiété » des marchés suite au Brexit serait la cause. Ils essayent même de faire croire que bien qu’ils n’aient rien vu venir, le Krach était prévisible. “Ce n’était qu’une question de temps avant que ne survienne un plongeon de cette ampleur”, a affirmé par exemple Yosuke Hosokawa, de Sumitomo Mitsui Trust Bank. “Les éléments négatifs se sont accumulés jusqu’à ce que la digue cède. Nous n’avons pas encore vu le pire, le record de 31 ans (face au dollar) peut désormais être battu”.

A cause de Juncker et de François Hollande ?

Peu après 08H00 à Tokyo, la livre sterling a ponctuellement chuté à 1,1841 dollar, soit un nouveau plus bas depuis 1985. Elle valait deux heures plus tôt 1,2614 dollar, soit un décrochage brutal de 6,1% ce qui est vraiment important pour une monnaie. La livre s’est effondrée vis-à-vis de l’euro également comme jamais et a atteint 94,15 pence pour un euro.
Les implications ? Des spéculateurs qui pariaient sur les taux de change ont du perdre de l’argent. D’autres en ont gagné. Rien de fondamental. L’important est qu’une fois encore, un algorithme a paniqué, entrainant dans son sillage des réponses tout aussi automatiques qui peuvent avoir des conséquences lourdes à échelles mondiales, sans que personne ne puisse les arrêter. De telles attaques spéculatives des algorithmes contre les stocks de riz pourraient plonger dans la famine des régions entières…
Non seulement les « régulateurs » de la finance mettent des heures à s’apercevoir du larcin, mais ils mettront plusieurs mois à comprendre précisément ce qui s’est passé. La Banque d’Angleterre (BoE) a elle promis de lancer une enquête pour espérer comprendre.

Le seul élément « rationnel » qui pourrait avoir déclenché le Krach, ce sont les menaces proférées successivement par le président de la commission européenne et par François Hollande à l’égard de la Grande Bretagne. “Il faut qu’il y ait une menace, il faut qu’il y ait un risque, il faut qu’il y ait un prix”, a lancé le Président français. “Le Royaume-Uni a décidé de faire un Brexit, je crois même un Brexit dur, eh bien, il faut aller jusqu’au bout de la volonté des Britanniques de sortir de l’Union européenne”. Ces phrases, amplement reprises dans la presse internationale, auraient été surinterprétées par un algorithme de trading qui a immédiatement réagi en vendant ses stocks de livres sterling. Les algorithmes étant souvent aussi moutonniers que les traders humains, la livre a plongé sur les marchés de change.
Les mauvaises langues diront qu’il faut être une machine pour croire les promesses de François Hollande. Ou que c’est la première fois qu’un discours du président français a eu des conséquences économiques, aussi brèves soient-elles…

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