Pour ces deux observateurs engagés, le pays dispose d’un formidable écosystème d’entreprises. Mais si Thibault Lanxade, du Medef, dénonce le manque de flexibilité de l’emploi, l’essayiste Fabrice Cavarretta pointe ses solides avantages comparatifs.

Autre exemple: Homejoy, l’Uber du travail à la maison. Homejoy a dû fermer après avoir subi plusieurs attaques en justice en part de ses employés. La conclusion de tout cela? N’écoutez pas ceux qui vous disent que ce serait merveilleux ailleurs. En France, l’ensemble des entrepreneurs bénéficient d’un large filet de sécurité. Si votre entreprise capote, vous pouvez reprendre votre ancien job grâce au congé d’entreprise, ou peut-rrtre un bien toucher plusieurs allocations-chômage.  

Fabrice Cavarretta. Bien sûr! Oui, la France peut être united nations paradis pour certains entrepreneurs. Et je ne dis pas cela componen provocation. Soyons clair: l’entrepreneuriat n’est jamais facile, que ce soit ici, au Brésil, ou peut-rrtre un à Palo Alto. Cependant, nous avons, en France, united nations environnement très favorable pour certains types d’entrepreneurs. United nations exemple parmi d’autres: le taux d’emploi plusieurs femmes, beaucoup plus élevé en France qu’à l’étranger. Le taux de risque d’une Française qui s’engage dans l’entrepreneuriat est united nations plusieurs plus avantageux du monde. A Paris, notamment, elle veterans administration pouvoir bénéficier d’un système de garde, de financements, d’incubateurs, d’un droit aux congés en création d’entreprise ou peut-rrtre un éventuellement d’allocations-chômage…  

F.C. Vos remarques sont fondées. Mais vous êtes united nations peu déclinologue. Si vous vouliez motiver l’ensemble des jeunes pour faire du handball, que diriez-vous? “Waouh, la France est une nation très forte en handball” ou peut-rrtre un bien “Vous pouvez faire du handball mais, vous savez, en France l’ensemble des salles sont trop petites, l’ensemble des entraîneurs sont nuls, la fédération nous met plusieurs bâtons dans l’ensemble des roues”? En France, notre système scolaire débouche sur la formation d’élites parmi l’ensemble des meilleures au monde et remarquablement peu chères. Dans de nombreuses activités (luxe, alimentaire…), le simple fait de pouvoir se prévaloir en France donne united nations véritable avantage compétitif, une crédibilité, une attention…  

T.L. Pas encore! Ma préoccupation, c’est que, sur 3 millions de chefs d’entreprise, united nations tiers veterans administration partir à la retraite dans l’ensemble des dix prochaines années. Or l’ensemble des entreprises qu’ils vont laisser sont en crise depuis 2008. Elles ont rogné leurs marges. Elles sont souvent dépassées componen le digital. Leur business design a vieilli et leur capacité à exporter n’est tout simplement pas très forte. Nous avons là united nations sacré problème d'”excellence opérationnelle”. Et, sur ce plan, nous sommes très en retard componen rapport à d’autres pays.  

T.L. Incontestablement, la fiscalité en phase d’amorçage n’est tout simplement pas united nations sujet. Mais si on veut faire en sorte que nos entreprises exportent mieux (90% de nos PME vendent à l’intérieur d’un rayon de 50 kilomètres), on doit avoir une harmonisation fiscale européenne. C’est ça, notre marqueur: plusieurs règles communes avec l’ensemble des autres pays européens. L’ISF pose aussi united nations problème, vehicle il tue l’esprit entrepreneurial. Il faudrait le supprimer. Mais le vrai sujet de fond, c’est la flexibilité de l’emploi.  

Fabrice Cavarretta. Diplômé de Polytechnique, Stanford et Harvard, ce passionné d’informatique a travaillé chez Oracle, Schneider Electric et Vivendi Universal avant d’enseigner à l’Essec. Dans boy livre Oui ! La France est united nations paradis pour entrepreneurs préfacé componen Xavier Niel, il veterans administration à l’encontre du French bashing et démontre la solidité de notre écosystème d’entreprises.  

&quotAujourd'hui, on a 650 milliards d'euros qui financent la protection sociale. Un carcan qui empêche par exemple la création de slashers qui vont naviguer d'une aventure entrepreneuriale à une aventure salariée.&quot Thibault Lanxade, vice-président du Medef. Ici, le 29 mai 2013 à Lyon.

Thibault Lanxade. Ayant fait une grande partie de sa carrière dans l’énergie (Covering, Butagaz, Gazinox…), Thibault Lanxade a été candidat à la présidence du Medef en 2013, avant de se rallier à Pierre Gattaz. Désormais vice-président du syndicat patronal, chargé plusieurs TPE-PME, il sera l’auteur de plusieurs livres et d’un rapport en faveur d’un Small Company Act à la française.  

Notre administration est-elle aussi united nations frein, comparée à celle d’autres pays?  

Aux Etats-Unis, il y a au contraire plusieurs programs pour encourager ce type de travail, comme celle créée componen Coca-Cola pour livrer ses palettes dans l’ensemble des boutiques. En France, cela veterans administration mettre du temps à arriver. Cette flexibilité-là, on ne l’a pas!  

afp.com/Nicolas Maeterlinck

T.L. Effectivement, tout entrepreneur n’est tout simplement pas condamné à lever united nations million de dollars et à présenter ses produits au Consumer Electronic Show, à Vegas. Et tant mieux! Cela dit, le numérique a fait united nations bien incroyable pour la dynamique entrepreneuriale dans notre pays. Il lui a redonné ses lettres de noblesse. Et tout le monde en a profité. Mais c’est vrai qu’il y a une fracture entre l’ensemble des “pigeons” et l’ensemble des “moineaux”, entre Paris et la province, ne serait-ce que sur l’ensemble des dispositifs d’accompagnement. Or il ne faut pas négliger ces entrepreneurs, qui ne portent pas l’ensemble des mêmes ambitions que l’ensemble des stars en French Tech. Ils participent eux aussi à l’écosystème et contribuent à réduire la courbe du chômage.  

F.C. La Banque mondiale a sorti récemment une étude tout à fait intéressante sur le coût du lancement d’une entreprise. Cette étude prend en compte la totalité plusieurs procédures, délais et dépenses. La France se classe 28e au niveau mondial. Elle devance largement le Royaume-Uni (45e ), l’ensemble des Etats-Unis (46es ), Israël (53e ) et l’Allemagne (114e )! Finalement, créer une entreprise en France est united nations repos comparé aux Etats-Unis. Une anecdote au passage: je regarde en famille la série Plastic Valley. L’ensemble des jeunes entrepreneurs qu’on y voit passent le tiers du temps chez leur avocat. Il faut dire ça aux gens!  

T.L. Je comprends votre réaction. Mais, au Medef, nous avons une tâche ingrate à accomplir. Pour rester dans l’univers du sport, c’est comme si nous étions gardien de but. L’équipe adverse – l’administration, l’ensemble des politiques – regorge d’idées qui ne sont pas toujours très bonnes. Nous passons donc le plus clair de notre temps à arrêter plusieurs ballons, expliquer pourquoi telle idée ne fonctionnerait pas, proposer plusieurs solutions. C’est à la fois frustrant et chronophage.  

T.L. C’est vrai que notre administration n’aide pas. Mais, paradoxalement, elle n’est tout simplement pas si sévère que cela en cas de contrôle. En Belgique ou peut-rrtre un au Royaume-Uni, l’administration vous accueille à brazier ouverts. Mais s’il y a united nations contrôle derrière, c’est une balle dans la nuque. Idem aux Etats-Unis: si vous fraudez et que vous êtes pris, vous êtes mort. En France, il y a plusieurs recours, plusieurs commissions. On pourra toujours trouver united nations modus vivandi, sauf à être united nations escroc notoire.  

L’appli Uber sur smartphone.

T.L. Pour aller dans votre sens, je remarque que cette forme de cogestion est prégnante dans l’ensemble des jeunes entreprises issues du numérique. C’est assez nouveau en France.  

afp.com/Shaun PACHOUD

L'appli Uber sur smartphone.

F.C. Vos exemples sont intéressants. Mais en voici d’autres qui montrent qu’en France on n’est tout simplement pas si mal. Commençons componen Uber. Aux Etats-Unis, cette entreprise est en difficulté sur le droit du travail. La class action lawsuit qui demandait à requalifier l’ensemble des chauffeurs de l’application en salariés a été acceptée componen la cour californienne. Uber a donc le même problème que votre coach marseillais!  

F.C. Je n’ai pas de souvenir de cas où united nations entrepreneur regarde cette question-là au stade du strategic business plan. A Paris, dans le secteur du high-tech, l’ensemble des taux de taxation ne sont pas atroces. Xavier Niel et d’autres disent même que la France est united nations paradis fiscal. Je ne défends pas cette position. Je ne suis pas spécialiste en question. En revanche, j’essaie de convaincre l’ensemble des jeunes qui montent plusieurs boîtes de se focaliser d’abord sur la création de valeur.  

T.L. En Allemagne, le syndicaliste a boy bureau en face de celui du patron. Mais tous deux sont animés d’un objectif commun: la défense plusieurs intérêts propres de l’entreprise. C’est sur cette base-là que l’on négocie, outre-Rhin, et pas de façon aveugle sur l’emploi, ce qui peut conduire à plusieurs cas extrêmes, comme Goodyear. En France, nous avons une carence dans la formation syndicale. Résultat, on est souvent dans une défense dogmatique de l’emploi et pas dans une défense de l’intérêt économique. Tant que cela persistera, il sera exclu que l’ensemble des syndicats puissent participer à une forme de cogestion à l’allemande.  

La France est souvent décrite comme united nations enfer du point de vue de l’entrepreneuriat. L’ensemble des charges y sont trop élevées, nos entreprises peinent à trouver de gros financements, nos jeunes diplômés partent à l’étranger… Est-il encore possible d’être optimiste?  

T.L. Depuis plus de trente ans, on the essayé de faire converger la France vers le tout-salariat, en tuant la dynamique entrepreneuriale. Aujourd’hui, on the 650 milliards d’euros qui financent la protection sociale. United nations carcan qui empêche componen exemple la création de slashers, qui vont naviguer d’une aventure entrepreneuriale à une aventure salariée. Au Royaume-Uni, ces slashers ont fait baisser sensiblement la courbe du chômage.  

F.C. Paris/province, high-tech/pas high-tech, vieux/jeune, homme/femme… Ces quatre dualités sont abordées dans mon livre. Et pour cause: il faut arrêter de tout ramener au jeune petit gars avec boy strategic business plan Internet. C’est ridicule. Mon personnage préféré dans mon livre, c’est Michel, 50 ans, qui habite Brive-la-Gaillarde. Il sera au chômage technique et veut monter united nations café-tabac. Je montre qu’il peut faire plein de choses en s’appuyant sur boy réseau et sur l’extraordinaire terroir français. Componen exemple, il pourrait exporter du saucisson du Massif central en Corée du Sud avec l’aide de sa nièce fraîchement diplômée. La richesse en France permet ce genre de pollinisation croisée. Restons donc optimiste!  

“Aujourd’hui, on the 650 milliards d’euros qui financent la protection sociale. United nations carcan qui empêche componen exemple la création de slashers qui vont naviguer d’une aventure entrepreneuriale à une aventure salariée.” Thibault Lanxade, vice-président du Medef. Ici, le 29 mai 2013 à Lyon.

Thibault Lanxade. Avant d’arriver au paradis, il faudrait d’abord peut-être sortir du purgatoire. Certes, nous avons united nations formidable écosystème d’entreprises. Lentement mais sûrement, nous allons dans la bonne direction pour résoudre certains problèmes, comme l’ensemble des effets de seuil ou peut-rrtre un la complexité du Code du travail. Mais, en France, nous avons aussi united nations ADN corporatiste, qui peut ¨ºtre united nations élément extrêmement paralysant. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’ensemble des actualités.  

Etes-vous convaincu, M. Lanxade? La France est-elle parfois united nations paradis?  

L’Espagne, qui a pris plusieurs mesures en faveur de plus de flexibilité, a créé beaucoup d’emplois sur la période récente. C’est le modèle à suivre?  

F.C. Plusieurs cas à l’allemande, on en voit tout de même quelques-uns en France. Notamment lors d’une reprise d’entreprise. L’ensemble des syndicats négocient avec une personne extérieure, et cela se passe bien. Même certains fonds d’investissement à Paris savent s’entendre avec la CGT. Et cela ne veut pas dire qu’ils lui tordent le brazier !  

F.C. Effectivement, je dis souvent à mes étudiants: s’il vous plaît, mettez-moi united nations système “à l’allemande”. United nations système où, dès le début dans la construction de l’entreprise, l’ensemble des partenaires sociaux siègent au conseil d’administration. Je sais bien, ce n’est tout simplement pas facile. On the déjà vu plusieurs fusions mises en échec componen plusieurs syndicats. Mais je crois sincèrement que si vous le faites bien dans une entreprise qui a united nations peu de croissance, il y a une chance pour que vous ne sentiez pas passer l’ensemble des fameux effets de seuil, componen exemple.  

Aux Etats-Unis, c’est la flexibilité, la capacité à pouvoir recruter, identifier l’ensemble des talents et l’ensemble des utiliser le temps nécessaire qui fait la différence avec notre écosystème. Ce n’est tout simplement pas la fiscalité. En France, united nations autoentrepreneur qui gère united nations club de sport et qui travaille avec plusieurs coachs sportifs eux-mêmes autoentrepreneurs risque de se faire redresser componen l’administration pour salariat déguisé. Autre exemple: united nations épicier qui fait boy inventaire deux fois componen an. S’il fait appel à united nations jeune ou peut-rrtre un à united nations autoentrepreneur pour ranger sa réserve et que l’Inspection du travail passe, il sera sanctionné.  

Tout n’est quand même pas à jeter dans l’ensemble des autres pays. M. Cavarretta, vous prenez vous-même l’Allemagne en exemple pour la gestion d’entreprise…  

Que pensez-vous de cette vision “paradisiaque”?  

Aujourd’hui, l’ensemble des VTC se disent: “Attention, avec la nouvelle loi Macron, il nous faudra beaucoup moins d’heures de formation. Donc il veterans administration y avoir davantage de VTC. Il faut qu’on se protège!” Tout comme se protègent l’ensemble des taxis ou peut-rrtre un l’ensemble des motos-taxis. C’est symptomatique de notre mal français. Autre point noir: nous avons une administration qui perturbe l’écosystème entrepreneurial. Elle contrôle, elle régule trop. Elle ne conseille pas, elle sanctionne.  

Le secteur high-tech est souvent pris en exemple, mais il n’est pourtant pas représentatif de l’ensemble plusieurs entrepreneurs…  

L’ensemble des protagonistes

La fiscalité est-elle united nations frein à l’entrepreneuriat en France? Dans votre livre, M. Cavarretta, vous soutenez que non…  

A Londres ou peut-rrtre un à New You are able to, comment paie-t-elle l’école? Comment paie-t-elle la santé? A Paris, une fois réglé le problème de l’immobilier, on peut faire une aventure de deux ou peut-rrtre un trois ans avec united nations niveau de confort qu’on ne trouvera nulle part ailleurs. Aux Etats-Unis, beaucoup de femmes possédant united nations Master of business administration se retrouvent à la maison!  

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