Muhammed Faris, le 7 mars à Istanbul. ((AP Photo/Lefteris Pitarakis)

“J’avais l’habitude de voir Bachar Al-Assad tous les jours, lorsqu’il est devenu président en 2000 jusqu’au moment où je suis parti. Ce n’était pas l’homme qu’il fallait pour la présidence. Il est devenu président avec l’aide des services secrets, pour protéger la dictature”.

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Muhammed Faris est aussi très critique envers la Russie, pays où il est aussi considéré comme un “héros”, mais qui défend “le dictateur Bachat Al-Assad”. Il s’en explique à AP :

Aujourd’hui, l’homme qui possédait plusieurs maisons dans son pays natal vit à six dans un deux-pièces du quartier de Fatih, à Istanbul. Il répète pourtant, aux médias qui veulent raconter son histoire, qu’il n’est pas à plaindre.

“C’était un choix. Plutôt que d’être un héros quand mon peuple souffrait, j’ai préféré vivre en exil dans des conditions difficiles, mais avec mon honneur”.

“Je me suis rendu compte qu’un balle pouvait aussi m’atteindre”

A la cinquième tentative, il parvient à entrer Turquie avec sa famille, bien avant que ce même trajet ne soit emprunté par des centaines de milliers de personnes. Tous ses biens furent confisqués par un régime qu’il a complètement renié.

En Turquie, Faris, 64 ans, “participe à des conférences pour partager mon expérience” et entretient un contact avec certaines factions de l’opposition syrienne en exil. Avant son départ, alors qu’il était encore général dans l’armée syrienne régulière, il participa à certains rassemblements organisés par l’opposition. La décision de partir fut prise lorsque la violence est devenue trop proche.

En 1987, Muhammed Faris devenait le premier, et le seul jusqu’ici, Syrien à aller dans l’espace. Il passe près de 8 jours à bord de la station Mir avec deux cosmonautes russes, puis revient sur Terre, où il est couvert de médailles. Dans son pays natal, il devient un héros national. Des rues et des aéroports portent son nom.

“Je suis très attristé par l’interférence russe (…) qui a commencé à tuer des Syriens avec ses avions”.

Après son voyage dans l’espace, il réintègre l’armée et devient général en 2004. Peu après le début de la guerre civile en Syrie, Muhammed Faris fuit le pays en compagnie de sa famille, devenant un des premiers hauts responsables syriens à partir en éxil en critiquant le régime de Bachar Al-Assad.

“La meilleure chose que vous pouvez regarder, c’est la Terre. Donc la chose la plus rassurante, pour les cosmonautes et les astronautes, c’est de regarder la Terre. Vous la regarder comme une bébé qui regarde sa mère. Et vous ne voyez aucune frontière, aucun Etat, aucune différence. J’aimerais qu’on envoie tous les gens mauvais dans l’espace. Je suis sûr que quand ils reviendraient, ils se rendraient compte de cette beauté et arrêteraient d’être mauvais”.

A plusieurs médias qui l’interrogent, Muhammed Faris confie à chaque fois une variante d’une image, ramenée de l’espace et imaginée comme une réponse, un peu naïve, à l’horreur de la guerre dans son pays :

“Je me suis rendu compte qu’un balle pouvait aussi m’atteindre”.

Muhammed Faris, le 7 mars à Istanbul. ((AP Photo/Lefteris Pitarakis)

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