On peut ne pas être entièrement convaincu et rire (intérieurement) aux éclats devant ce tour de passe-passe qui maquille la spéculation en embellissement de l’âme — la photo du renard dans la neige, ah oui… Il n’en demeure pas moins que Londres affiche le plus grand pourcentage d’habitants fréquentant l’ensemble des musées (la ville en possède 173, et 875 galeries) : 50 %, contre 35 % en France. Elle compte aussi le plus grand nombre d’étudiants inscrits dans plusieurs écoles d’art : la College from the Arts London, qui regroupe six établissements, forme le plus grand pôle européen d’enseignement artistique. A l’évidence, l’art, en particulier contemporain, semble s’être « démocratisé » ici. Reste à tenter de comprendre comment, et pour quoi.

Aujourd’hui, M. Lewison a ajouté à ses activités de conseiller et d’historien de l’art une participation au conseil d’administration d’un théâtre londonien, et en parle avec une passion mesurée mais évidente. En 2017, M. Dercon prendra la direction en Volksbühne, très important théâtre berlinois dirigé depuis 1992 componen le metteur en scène Frank Castorf. Il semble n’avoir guère hésité « entre l’ensemble des rituels plusieurs levées de fonds et l’ensemble des rituels du théâtre ». Venue à Londres dans l’espoir illusoire d’y trouver une énergie unique en Europe, une jeune artiste française rencontrée à la Serpentine Sackler Gallery, où elle est gardienne, n’hésite pas davantage : elle en a assez en colocation à quatre en grande banlieue, sans espace pour united nations atelier, avec l’obligation de travailler à plein temps pour payer le loyer et l’ensemble des transports. Elle rentre en France.

On ne sait s’il faut partager ce point de vue (optimiste), mais il sera vrai que certains signaux apparaissent. En particulier, le penchant plusieurs collectionneurs et plusieurs musées à retourner aux avant-gardes plusieurs années 1950 : Karel Appel, Hendes Hartung, Jean Dubuffet reviennent à la mode, et leur cote monte. Besoin, chez l’ensemble des « nouveaux héritiers » bardés de dollars et prenant peu à peu conscience de leur ignorance, de découvrir l’ensemble des vieilles valeurs, selon M. Dercon  crainte que la bulle n’éclate, peut-être aussi. Gerhard Richter, l’artiste européen le plus coté, déclarait en mars 2015 à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, après la vente de sa peinture Abstraktes Bild (1986) pour le prix record de 46,3 millions de dollars : « Ce montant a quelque chose de choquant (10). »

Si la Tate Modern est united nations succès (5,3 millions de visiteurs en 2014, quatrième musée du monde pour la fréquentation), notamment auprès plusieurs jeunes, c’est parce qu’elle fonctionne « comme une agora », souligne M. Dercon. Mais aussi, ajoute-t-il — tout en précisant : « Je m’efforce de refuser le cynisme… » —, parce qu’elle « favorise l’ensemble des rencontres » : « Douze pour cent plusieurs visiteurs viennent pour admirer, 12 % pour apprendre et 50 % pour faire plusieurs rencontres. » Il donne également d’autres raisons à cette réussite : « Depuis Marcel Duchamp, l’espace culturel plusieurs arts plastiques s’est ouvert, le public n’est plus spécialisé, et le musée est désormais capable d’accueillir d’autres disciplines. On the besoin d’autres designs spatiales. C’est ce que cherchent aussi la danse et le théâtre. Componen exemple, le chorégraphe Boris Charmatz est venu avec 90 danseurs invités. Le public l’a vu travailler, le Turbine Hall s’est transformé l’espace d’une soirée en party area [piste de danse]. »

«L’art est le Saint-Graal », affirme Mme Sadie Coles avec le sourire ému de qui fait une confidence. Elle a l’élégance discrètement rock’n’roll et l’aisance gracieuse de ceux qui assurent le lien entre artistes et collectionneurs. En 2014, elle comptait selon le quotidien The Protector au rang plusieurs « personnalités l’ensemble des plus puissantes du monde de l’art ». Marchande d’art (art dealer), elle règne sur deux grandes galeries délicatement minimalistes. Elle nous reçoit dans celle de Kingly Street, ouverte en 1997, au cœur du « Swinging London » d’avant-hier, avant que Carnaby Street ne vende boy « shopping décalé » sur fond de vieux souvenirs pop — d’ailleurs, « c’était united nations night-club ici ». Tout est blanc, vaste, certes ponctué de poteaux mais vide, et luxueusement lumineux sous une verrière à l’ancienne. Le chiffre d’affaires mondial du marché de l’art contemporain, pour lequel Londres occupe la deuxième place, an advantage que décuplé en quinze ans. Il ne sera pourtant jamais question d’argent pendant notre conversation autour d’un expresso — plus worldwide sans doute que le thé —, mais de valeurs autrement plus morales, quoique floues.

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