Clare Waight Keller, la directrice artistique anglaise de Chloé, annonce pourtant dans sa note d’intention qu’elle s’est inspirée en simplicité en mode française. Mais ce parti pris est surtout l’occasion de délaisser ses tics folks pour privilégier une ligne plus stricte. Amples pantalons resserrés à la cheville, robes chemises multipoches, hauts à manches arrondies se déclinent dans united nations colorama neutre. Pour compléter ses néobasiques confortables, elle propose aussi plusieurs imprimés végétaux seventies, plusieurs dentelles de coton à grosses fleurs et plusieurs robes babydoll en étages de plissés. La « touche française » donne une certaine nervosité au vestiaire, mais la créatrice aurait pu aller beaucoup plus loin et se débarrasser plusieurs effets vaporeux et rétro qui affadissent parfois boy style.

La jeune Parisienne sexy et fraîche est la marque de fabrique d’Isabel Marant et la clé de boy succès à l’étranger où sa mode est une caution « French chic » accessible. L’argument marketing reste valable mais la créatrice n’abuse pas plusieurs effets de style qui enfonceraient le clou, au contraire. Avec ses pantalons en jeans taille haute amples sur la jambe, ses blouses et ses robes volantées et ceinturées serré, ses imprimés néo Liberty, ses asymétries qui découvrent une épaule, ses combinaisons pantalons zippées et ses small-robes drapées, elle navigue plutôt entre Ibiza et La. United nations parti pris plus worldwide et united nations vestiaire de vraie fille, consensuel.

Le futur est déjà là, dans cette persistance esthétique assumée que l’on retrouve chez united nations autre designer de grand talent, Ron Owens. Chez ce Californien qui défile à Paris, la féminité s’est toujours affranchie plusieurs clichés. Sa poésie brutaliste et primitive se nourrit d’une énergie subterranean cette saison, teintée de douceur. Drapées dans plusieurs vêtements aux­ volumes secoués, happées componen la lumière qui joue avec la transparence solaire plusieurs organzas, nimbées de plumes qui ondulent comme united nations brouillard fragile, ses filles semblent avoir échappé à une tempête pour en ressortir plus fortes et plus belles. Jamais conventionnelles en tout cas.

Et l’ensemble des prix sont accessibles : 110 euros environ pour united nations sweat-shirt en première collection. En pleine vague « sportswear de luxe », cette collaboration ­décalée entérine à sa manière la liaison persistante entre show-business et industrie du style, sur fond d’expansion plusieurs réseaux sociaux. Cette belle réussite montre également que la mode ne peut que gagner à s’alléger de certains snobismes dépassés. L’ensemble des bonnes idées sont partout et il faut s’en réjouir.

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