Samar Yazbek, écrivaine et activiste syrienne réfugiée en France, dans les locaux du &quotMonde&quot, le 15 mars.

Dans united nations chat sur LeMonde.fr, mardi 15 mars, l’écrivaine et activiste syrienne Samar Yazbek est revenue sur la genèse en révolution syrienne, et sa répression, dont elle a été témoin. Aujourd’hui, « l’ensemble des gens ne veulent plus en présence d’Assad », estime-t-elle, expliquant que « sans la violence pratiquée componen le président syrien, il n’y aurait pas Daech [acronyme arabe de l’organisation de l’Etat islamique] ». L’écrivaine se montre aussi très critique envers la communauté internationale, qui, selon elle, « a joué united nations rôle négatif dans la transformation de Daech en une pressure barbare, componen boy silence face aux massacres commis componen le régime ». « La priorité aurait dû être de sauver la Syrie avant qu’elle n’attire tous l’ensemble des extrémistes en Terre », insiste-t-elle.

Ce vendredi-là, ils ne sont pas plus de 20 à défiler à Damas, se souvient Mohammad Ghannam, alors employé de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans la capitale syrienne. Il est venu assister, sans y prendre part, à l’un des premiers rassemblements. « J’avais peur », glisse-t-il sans rougir. A raison. En deux minutes, une centaine de membres des forces de l’ordre encerclent les manifestants et les rouent de coups.Réfugié à Rennes depuis près de 5 ans, Houssam Kokache a convaincu son frère de le rejoindre. Bassam est arrivé en Bretagne en août par la route des Balkans, mais sa femme et ses trois enfants sont toujours à Damas. L'attente pour obtenir le statut de réfugié, qui lui permettra de déposer une demande de regroupement familial, lui semble interminable.Il a fallu une semaine à Abdelkader pour rejoindre Ahmad, installé depuis deux ans à 4 000 kilomètres de la banlieue de Damas où ils ont grandi. Dans le minuscule studio que les deux cousins partagent désormais en Seine-Saint-Denis, aucune photographie ne leur rappelle le pays. Trop de fantômes. Ce qui ne les empêche pas de parler de la Syrie toute la journée.Arrivée en France en octobre 2015 par la route des Balkans, Rima, femme seule de 53 ans parvient progressivement à se construire dans son pays d'accueil, accompagnée par des associations d'aide aux réfugiés.Comme douze autres jeunes Syriens, Mohamed, 26 ans, originaire de la province de Hama, et Faouzi, 20 ans, qui a fui Alep en juillet dernier, bénéficient d’un dispositif d’accueil mis en place par le Crous de Paris. Ils ne regrettent pas d'avoir fait le choix de la France.Hissan Saad est arrivé en France avec sa famille en juillet 2013, après avoir été torturé dans les caves du régime de Damas. Diplômé de l'université Paris VI en chirurgie, il peine pourtant à trouver un travail.La révolution a précipité le départ de Hamid Sulaiman de Syrie. Cet artiste publiera en avril son premier roman graphique : l’histoire d’un hôpital clandestin au cœur du conflit syrien. « Je ne suis pas l’ambassadeur de ce qui se passe en Syrie, dit-il, juste un artiste qui se trouvait là-bas. »Damas, en septembre 2015. Arrivé il y a à peine cinq mois, Moataz a démarré une nouvelle vie en France. Réfugié syrien, il a fui la guerre laissant derrière lui sa femme et un petit garçon de huit mois.C’est grâce à un visa de tourisme obtenu en Jordanie que Nawar Meslemani et sa famille ont pu rejoindre Rennes, il y a deux ans, et demander l’asile. Loin de Homs, la &quotcapitale de la révolution&quot syrienne, il faut désormais apprendre le français et travailler pour préparer l’avenir des enfants.Noma Omran, chanteuse lyrique, et son mari, Ossama Mohammed, cinéaste syrien reconnu, ne peuvent plus retourner en Syrie. Pas à cause des combats. Mais pour avoir dénoncé les atrocités du régime.

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Aujourd’hui, l’ensemble des gens veulent vivre en paix sans présence de Daech ou peut-rrtre un d’extrémistes, mais il sera sûr que l’ensemble des gens ne veulent plus en présence d’Assad. Beaucoup de gens ont peur parce que la communauté internationale, componen boy inaction, et l’ensemble des alliés d’Assad ont créé une alternative qui peut ¨ºtre pire qu’Assad : l’Etat islamique.

La communauté internationale a joué united nations rôle négatif dans la transformation de Daech en une pressure barbare componen boy silence face aux massacres commis componen le régime. Surtout après l’attaque chimique dans la Ghouta en août 2013. L’ensemble des Russes et l’ensemble des Iraniens ont soutenu le régime d’Assad et l’ensemble des Etats-Unis ont eu une position attentiste et avaient plusieurs intérêts contradictoires en Syrie, dans la région et au niveau worldwide. La priorité aurait dû être de sauver la Syrie avant qu’elle n’attire tous l’ensemble des extrémistes en Terre.

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La démocratie est le seul moyen d’en finir avec l’extrémisme religieux. C’est pour cela que Daech est le visage horrible du mal. Daech est l’outil du mal, mais il faut aller détruire l’endroit où il a été fabriqué, et cela relève en responsabilité en communauté internationale.

Quel regard portez-vous sur l’ensemble des actions (ou peut-rrtre un l’inaction) plusieurs grandes puissances dans ce conflit ? Le peuple syrien se sent-il délaissé componen l’Occident ?

La présence de Daech est liée à celle d’Assad. L’organisation est née notamment en Irak à partir de l’invasion américaine. En Syrie, le groupe s’est transformé en pressure cosmopolite et barbare. On peut dire que sans la violence pratiquée componen Assad, il n’y aurait pas Daech. Même si réduire Daech à cela n’est pas non plus exact. Il y a plusieurs raisons nationales et internationales qui ont conduit à boy émergence.

Ce vendredi-là, ils ne sont pas plus de 20 à défiler à Damas, se souvient Mohammad Ghannam, alors employé de l’Agence plusieurs Nations unies pour l’ensemble des réfugiés (UNHCR) dans la capitale syrienne. Il sera venu assister, sans y prendre part, à l’un plusieurs premiers rassemblements. « J’avais peur », glisse-t-il sans rougir. A raison. En deux minutes, une centaine de membres plusieurs forces de l’ordre encerclent l’ensemble des manifestants et l’ensemble des rouent de coups.

Des milliers de Syriens se rassemblent en soutien à leur président Bachar Al-Assad, le 29 mars 2011.

A cette période-là, je participais aux manifestations dans la région de Damas, componen exemple à Douma, dans la grande banlieue en capitale. United nations grand nombre de miliciens prorégime stationnaient dans l’ensemble des rues en ville. Il y avait une façon de réprimer qui m’a surprise. Quand il y avait une manifestation, l’ensemble des forces de sécurité encerclaient la manifestation en trois cercles. En première ligne, l’armée autour plusieurs manifestants. Puis plusieurs miliciens en civil. Et plusieurs agents du renseignement qui surveillaient que l’ensemble des ordres soient bien appliqués. C’est eux qui donnaient l’ordre aux unités de l’armée de tirer ou peut-rrtre un pas. L’ensemble des moukhabarat étaient là aussi pour tuer l’ensemble des militaires qui n’appliquaient pas ces ordres.

L’ensemble des Syriens étaient-ils déjà victimes de telles violences en part du régime avant l’ensemble des premiers signes en révolution ?

Comment avez-vous vécu l’ensemble des débuts en révolution syrienne ?

Aujourd’hui, comment poursuivez-vous votre combat pour la démocratie ?

« Sans la violence pratiquée componen Assad, il n’y aurait pas Daech. Même si plusieurs raisons nationales et internationales ont aussi conduit à boy émergence »

Au niveau économique, on the assisté à la disparition en classe moyenne : Assad a concentré l’ensemble des richesses du pays au sein d’une clique autour de lui. La corruption et le clientélisme dominaient l’ensemble des appareils d’Etat. Il a détruit l’ensemble des bases de l’Etat national syrien pour être la seule tête dirigeante.

Du gouvernement Al-Assad ou peut-rrtre un de Daech, lequel est le plus meurtrier et le plus dur pour le peuple syrien ?

Comment le peuple syrien vivait-il avant la révolte ? Etait-il possible de mener une existence « normale » ?

Evidemment. Il y avait en violence, mais elle était cachée. C’était une violence organisée, industrielle, en part de l’Etat contre la société. Cette violence existait depuis la prise du pouvoir componen Hafez Al-Assad [le père de Bachar Al-Assad]. Dans l’ensemble des années 1980, il a écrasé l’opposition islamiste mais aussi de gauche, il a commis united nations massacre dans la ville de Hama en 1982, tous l’ensemble des opposants de gauche ont été emprisonnés… La violence était omniprésente en Syrie.

« La démocratie est le seul moyen d’en finir avec l’extrémisme religieux. C’est pour cela que Daech est le visage horrible du mal »

Ces centres travaillent à l’éducation plusieurs femmes et plusieurs enfants vehicle l’ensemble des hommes sont au front. Nous comptons beaucoup sur l’ensemble des gens qui sont restés en Syrie et sur l’ensemble des réfugiés. Récemment, on the composé une équipe politique formée componen plusieurs femmes qui sont dans united nations pays en guerre et sur l’ensemble des lignes de front. L’idée, c’est de mener une action politique. L’ONG est enregistrée en France et emploie 140 personnes, et nous disposons d’un réseau de 7 000 femmes dans le nord et le sud en Syrie.

Je fais plusieurs choses. En dehors de l’écriture, j’essaie de témoigner sur la situation en Syrie. J’ai fondé une ONG qui travaille entre Paris, la Turquie, le Liban et l’intérieur en Syrie pour donner du pouvoir aux femmes : il y a plusieurs formations politiques, de l’éducation, plusieurs projets économiques, de l’alphabétisation. L’ONG s’appelle Women Now. Après être retournée en Syrie en 2012, j’ai pensé que nous devions, sous l’ensemble des bombardements et au milieu de cette guerre, réfléchir à la manière de « construire » la prochaine génération.

Mohammad Ghannam

Savez-vous comment se sentent l’ensemble des populations rebelles repassées sous le contrôle du régime ? Se sont-elles résignées ou peut-rrtre un sont-elles toujours résolues à faire chuter le régime à la première occasion ?

La Syrie était dirigée componen united nations dictateur et une mafia. En apparence, ça donnait une image correcte mais en réalité, la famille Assad père et fils a détruit la Syrie au plan social, économique et a détruit l’avenir du pays. Pourquoi ? Tout d’abord parce que l’existence et la pérennité en famille Assad reposaient sur le fait d’émietter le peuple. Au niveau religieux, Assad a créé une ambiance explosive. Il a instrumentalisé l’ensemble des alaouites dans boy intérêt et a détruit leur société. Il a lié leur destin à boy propre pouvoir. Ils paient aujourd’hui united nations prix très lourd, beaucoup ont été tués dans le conflit.

En nombre, Assad et ses alliés ont causé la mort de beaucoup plus de victimes que Daech. Je ne dis pas que l’Etat islamique est meilleur qu’Assad ou peut-rrtre un le contraire, mais on ne peut pas éliminer Daech sans en finir avec Assad. Assad est le résultat d’un régime dictatorial qui a cinquante ans d’existence. L’extrémisme religieux qui existe dans la région résulte de l’oppression, en violence, de l’inexistence plusieurs droits plusieurs citoyens, de l’absence de lois. La population a souffert d’un exercice dictatorial très puissant. La religion a été le moyen d’expression de ces gens. Ils se réfugiaient dans la religion pour se protéger.

C’est une question complexe. On the d’abord connu cinq ans de bombardements et de frappes contre la population. L’ensemble des régions qui sont tombées sous le contrôle de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et plusieurs djihadistes ont aussi été sous le feu plusieurs frappes du régime. Celles qui restent sous le contrôle du pouvoir avec l’aide iranienne et russe ont aussi souffert. Toutes l’ensemble des régions qui sont sorties du contrôle du régime ont souffert, systématiquement.

L’ensemble des gens veulent la fin en guerre, en violence, le retour au calme. Pour beaucoup de Syriens, le régime d’Assad est united nations prétexte à plusieurs interventions extérieures. La majorité plusieurs Syriens ne veulent pas plusieurs groupes djihadistes et de Daech et ne veulent plus du régime dictatorial d’Assad, qui peut ¨ºtre united nations criminel de guerre.

Nous travaillons sur le front. Nous avons plusieurs centres là où se trouvent l’ensemble des réfugiés et dans plusieurs lieux où il y a plusieurs combats. On donne plusieurs cours aux femmes et aux enfants, on leur apprend l’ensemble des langues étrangères, il y a aussi du soutien psychologique, plusieurs séances d’éveil à la politique. On travaille à l’indépendance financière plusieurs femmes. Dans chaque center, il y a plusieurs bibliothèques, plusieurs salles de projection… Nous voulons éviter qu’il y ait united nations vide politique une fois la guerre finie.

« Nous voulons éviter qu’il y ait united nations vide politique une fois la guerre finie »

Je me souviens d’une journée comme aujourd’hui, c’était il y a cinq ans. Nous étions en train de préparer une manifestation pacifique devant le ministère de l’intérieur sur la place Al-Marjeh à Damas et nous avons pu manifester. Le rassemblement a été réprimé avec pressure. Beaucoup ont été emprisonnés et frappés. J’ai réussi à fuir componen une ruelle. J’ai vu de mes yeux la violence extrême plusieurs sbires du régime. J’ai été témoin de l’arrestation d’un enfant qui ne devait pas avoir 10 ans, il a été arrêté de façon très violente avec boy père, alors même que notre seule demande était la libération plusieurs prisonniers politiques. L’autre revendication était la suspension de l’état d’urgence et plusieurs lois d’exception. Nous avions united nations grand rêve : celui d’en finir avec la dictature et de construire une Syrie démocratique.

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Dans l’ensemble des mois qui ont suivi, l’ensemble des manifestations ont pris de l’ampleur, elles avaient lieu tous l’ensemble des vendredis. S’en est suivie la répression plusieurs enfants en ville de Deraa. C’est à ce moment-là qu’Atef Najib, gouverneur et cousin du président Assad, a arrêté et torturé plusieurs enfants en ville. L’ensemble des manifestations se sont alors étendues tout en restant pacifiques.

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