Dans le hall de l’aéroport, les messages alertent les voyageurs et rappellent les règles de base : un taxi stationne toujours à la borne prévue à cette effet et une course pour Paris ne doit pas dépasser 55 euros. En parallèle de cette action de prévention, une cinquantaine de policiers procèdent à des contrôles quotidiens. Depuis la mi-juillet, 401 taxis clandestins ont été évincés, selon la préfecture de police de Paris. 

Le phénomène est pourtant loin d’être endigué si l’on en croit Hassan, un vrai chauffeur de taxi qui estime que les moyens déployés ne suffisent pas. “Tous les jours, ils sont là et ça nous porte préjudice, nous à l’arrière. Ils mettent leurs taxis ou leurs VTC et vont directement racoler le client en criant : ‘Taxi, taxi, taxi !’. Et puis, ça monte devant vous. Vous, vous êtes là, toujours en attente, alors qu’eux sont arrivés 5 minutes avant vous et partent déjà !”

Sa mésaventure a laissé à Fanny un goût amer. En mars dernier, cette Francilienne qui vit à Suresnes a été piégée par un faux taxi à la sortie de Roissy-Charles de Gaulle. “Je sors de l’aéroport et il y a comme un agent avec une chasuble, une casquette”, raconte-t-elle. Elle lui fait donc confiance quand il la redirige un peu plus loin, vers un parking public où un taxi l’attend. “J’ai vu qu’il n’y a pas de compteur, je me suis dit c’est bizarre et j’ai posé des questions”, poursuit Fanny qui explique que le chauffeur a essayer de l’“embobiner” en lui assurant qu’il n’y avait “pas de micmac” et que, désormais “les taxis ne font que Paris, ils ne font pas la petite banlieue” Bilan de la course, Fanny a dû payer un peu plus de 120 euros en liquide pour 33 km de trajet.

audio vidéo

La traque des taxis clandestins à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, près de Paris : le reportage de Lorélie Carrive

Depuis début août, l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, près de Paris, alerte les voyageurs sur les taxis clandestins. Des écrans mettent en garde contre ces taxis sans licence ni signal lumineux sur le toit. Les messages sont traduits en anglais et en chinois à destination des nombreux touristes qui visitent la capitale. Pendant ce temps-là, la police traque cette activité illégale.

Difficile à vivre pour Hassan qui, lui, doit patienter jusqu’à plusieurs heures avant de prendre une course à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Un de ses collègues rappelle qu’il en va aussi de “la sécurité des passagers”. Ces taxis clandestins n’ont pas d’assurance, et parfois même pas le permis. Ils encourent jusqu’à 15000 euros d’amende et un an d’emprisonnement, selon le Code des transports.

à franceinfo

Parmi les agents qui patrouillent, il y a les Boers, la police des taxis. Habillés en civil, sweat-shirts et baskets, ces policiers se mêlent au flux des voyageurs pour repérer les chauffeurs indélicats. Un agent vient d’intercepter un taxi et s’apprête à vérifier sa licence : “Bonjour, c’est la police des taxis. On vous laisse prendre vos clients, on va faire un petit contrôle juste après, d’accord ?” Finalementtout est en règle, le taxi peut partir : il s’agit d’un chauffeur privé muni d’une réservation en bonne et due forme. 

Hassan, chauffeur de taxi parisien

On nous vole notre pain, tout simplement. 

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