Les marchés financiers mondiaux connaissent une forte volatilité alors que le contrat à terme sur le Nasdaq 100 a progressé de 1,3% pour tenter de freiner une correction marquée par un recul hebdomadaire de 5,5% dans le secteur des technologies et des semi-conducteurs.
Le repli des valeurs technologiques et l’interrogation sur les investissements en intelligence artificielle
La récente vague de ventes a particulièrement touché les actions technologiques qui avaient porté la hausse des marchés américains au cours des quatre dernières années. Le Nasdaq composé a reculé de 4,5% sur une semaine, tandis que l’indice Standard & Poor’s 500 a cédé 1,9%, enregistrant ainsi leur pire performance hebdomadaire depuis juin. Les investisseurs s’interrogent désormais ouvertement sur la rentabilité future des sommes gigantesques injectées dans le développement des infrastructures et des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
Parallèlement, l’indice des petites capitalisations Russell 2000 a abandonné 3%, alors que le Dow Jones a progressé de 0,7%. À l’échelle européenne, l’indice Stoxx 600 a terminé la semaine sur une hausse supérieure à 2%, clôturant à 644,74 points grâce au soutien des résultats d’entreprises telles qu’ASML et Ericsson. En Asie, l’indice MSCI pour l’Asie-Pacifique est resté stable, tandis que le marché indonésien a accentué ses pertes après les avertissements de la société MSCI Inc sur le risque de perdre son statut de marché émergent.
Cette nervosité s’est propagée à l’échelle internationale. En Asie, la bourse japonaise a perdu 5,4% sur la semaine, tandis que le marché sud-coréen a subi sa plus forte baisse hebdomadaire en 18 ans. Les incertitudes pèsent également sur l’accès au capital des entreprises du secteur. Selon les analystes, la baisse des cours boursiers risque de compliquer les futures levées de fonds nécessaires pour financer cette transition technologique massive.

Il est probable que les marchés boursiers ne se calmeront que lorsque les principaux fournisseurs américains de services de cloud computing auront prouvé que la hausse des revenus tirés de l’intelligence artificielle justifie le développement des infrastructures
Wolf von Rotberg, banque J. Safra Sarasin
Le marché est particulièrement vulnérable aux épisodes de turbulences lorsque des inquiétudes en matière de crédit surgissent, compte tenu de la forte croissance des dépenses d’investissement que nous avons connue en 2026 Yugo Tsuboi, Daiwa Securities
L’impact de la hausse du pétrole et des taux d’intérêt sur l’économie réelle
Parallèlement aux turbulences technologiques, les cours du pétrole poursuivent leur progression et complexifient la lutte des banques centrales contre l’inflation. Le Brent a clôturé à 109,86 dollars le baril, affichant une hausse hebdomadaire de 4,9%, après avoir frôlé les 110 dollars pour la première fois depuis le mois de mai. Du côté du brut léger américain WTI, les cours ont achevé les échanges à 101,41 dollars, marquant un gain hebdomadaire de 10,4%.

Sur les marchés des matières premières et des devises, le cours de l’or a progressé de 0,5% pour atteindre 4188 dollars l’once, tandis que le bitcoin a progressé de 2,3% à 82753 dollars, le tout dans un contexte où l’euro s’est révélé être la devise la moins performante parmi les principales monnaies, et où le dollar américain n’a enregistré aucune variation notable.
Sur le front de la politique monétaire, les opérateurs de marché révisent leurs anticipations concernant la Réserve fédérale américaine. Les données de l’outil CME FedWatch évaluent à 10% seulement la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt lors de la réunion d’octobre, tandis que la perspective d’un tel mouvement en décembre recueille environ 90% des anticipations. Dans le même temps, le marché obligataire enregistre des mouvements d’envergure, le rendement des bons du Trésor à 10 ans s’étant stabilisé à 5,07% après avoir connu des variations prononcées la semaine précédente.
Les résultats des géants technologiques et la perspective des élections américaines
L’attention des investisseurs se tourne désormais vers la publication imminente des résultats trimestriels des grandes entreprises de la tech. Des groupes tels que Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta et Tesla s’apprêtent à dévoiler leurs comptes, ce qui constituera un test déterminant pour mesurer la confiance des marchés dans la viabilité des investissements en intelligence artificielle.
D’autres facteurs d’incertitude s’ajoutent à ce calendrier financier chargé. Selon l’analyse de Capital.com, la conjonction des publications d’entreprises, des interrogations persistantes sur le coût de l’argent et de l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis prolonge une phase classique de réduction des risques sur l’ensemble des places financières internationales.
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