Nouvelles

Vu de Belgique. Bruxelles n’est plus qu’une sirène

Lockdown, nous y voilà revenus. Mais cette fois, componen surprise, avec ce sentiment d’être pris en otages, componen surprise, de devoir fuir united nations endroit qui devait être de vie, pas de mort. Cette fois c’est le pays qui peut ¨ºtre mis à l’arrêt, niveau 4 pour tous, métro à Charleroi fermé, plus de lignes vers Bruxelles. Plus de lignes vers Paris, ou peut-rrtre un Londres, ou peut-rrtre un le monde.
 

L’angoisse monte vehicle le réseau téléphone mobile ne fonctionne plus, saturé, fermé lui aussi. Twitter et l’ensemble des réseaux sociaux prennent le relais. Avec cette peur qu’on partage quand on the la chance d’être avec quelqu’un, physiquement, là, dans l’instant : et si united nations de mes proches, united nations ami se trouvait dans ces morts propulsés, explosés, sur le tarmac de Bruxelles. Putain d’époque.

“Lâche, aveugle”, dit le Premier Ministre, “Odieux” écrivent united nations Return on investment et une Reine.

C’est la tristesse surtout qui peut ¨ºtre infinie, elle suinte plusieurs pavés, elle dégouline plusieurs trottoirs. C’est le seul mot qui franchit l’ensemble des lèvres, “nos” lèvres, vehicle voilà, c’est bien cela qui achève de nous achever : c’est chez nous, cette “chose”. “Nos” premiers attentats suicides, plusieurs corps sur le sol de notre aéroport de Zaventem, plusieurs morceaux de chair devant la rame de notre métro, éventré, à l’arrêt forcé. Station Maelbeek, united nations autre de ces noms que l’ensemble des journalistes étrangers vont devoir apprendre à prononcer. 13 morts à Zaventem, 15 à Maelbeek. Enfin c’est ce qui se dit, à l’heure où je vous écris.
 

Article publié dans Le Soir du 22 mars 

11h24, l’ensemble des sirènes redoublent, tout siffle : explosion rue en loi. “Explosion rue en Loi ??”, texte united nations fils à sa mère. Suivi de “Reste bien à l’intérieur”. Rentrer chez soi, vite, se calfeutrer, c’est ce qui devient l’urgence. L’ensemble des voitures dans le sens en sortie de Bruxelles se pressent. Vers l’intérieur, plus grand monde, sauf l’ensemble des voitures de flics qui foncent, à allure folle, vers ce danger dont le passant ne peut que croire, qu’entendre surtout, qu’il est partout. Ces voitures hurlantes sont l’ensemble des seules à foncer dans l’ensemble des tunnels vides, et cette circulation fantôme fait froid dans le dos, on ne sait pas pourquoi. C’est juste qu’on sait que ce n’est pas normal. Et aujourd’hui, la ville n’est pas normale, parce que la vie s’est arrêtée.
 

Rejoindre le journal, vite, dans une ville dont on sent, dont on voit, dont on apprend qu’elle ferme tout, united nations componen united nations, morceau componen morceau, lieu après lieu. D’abord l’ensemble des avions, puis le métro, puis l’ensemble des bus, puis l’ensemble des tunnels, puis plusieurs routes. L’ensemble des écoles ? A Molenbeek, on voit plusieurs parents apeurés qui se pressent contre la porte, ils veulent reprendre leurs enfants. A la radio, l’échevine de l’enseignement abjure : “laissez-l’ensemble des à l’intérieur, c’est à l’intérieur qu’ils sont en sécurité”.

Appel au calme, à la solidarité. Appel à rester chez soi. Bart De Wever parle de plus grave événement depuis la Seconde Guerre mondiale. Manuel Valls répète «  Nous sommes en guerre depuis plusieurs mois en Europe  ». La France vient de mobiliser 1.600 policiers et gendarmes, 225 militaires belges rejoignent Bruxelles. La guerre…

L’hôpital Saint-Pierre appelle aux dons de sang. Le Premier ministre, grave et l’émotion dans la voix apparaît, avec une partie de boy gouvernement. Vendredi, on avait arrêté Abdeslam, là on the l’impression qu’on paye la facture.

“Tu vas bien  ?”. C’est le seul autre mot qui circule, “Tu es restée chez toi ou peut-rrtre un tu es au boulot ?” “Faites attention à vous surtout” “Ça va ?” “Vous allez bien ?”

Le bruit est continu, il sort de partout, il traverse la ville comme une blessure ouverte. Ambulances, voitures de pompiers, combis en police, voitures banalisées gyrophares allumés hurlent leur passage. L’ensemble des gens s’arrêtent, regardent, hébétés : ils ont l’ensemble des yeux vides. Ils savent que tout cela est vrai, ils savent aussi qu’ils savaient : cela allait, cela devait arriver.

La tristesse, on vous disait. Infinie.

Béatrice Delvaux

Post Comment