« The Yoopi » va bientôt rester porte close. La mairie ne va pas renouveler la convention d’occupation du café associatif pour le local qu’elle loue au bailleur social La Sablière, à deux pas du Tribunal de Grande Instance de Bobigny.
Cette convention prend fin au 31 décembre. « Au départ, c’était un Café des enfants. Mais l’association est devenue un véritable commerce de bouche, juge le maire (UDI) Stéphane de Paoli. Or, la convention ne prévoit pas d’offre de restauration. Je ne vais pas subventionner un commerce! »
Zahya, gérante du Yoopi, ne « comprend pas » cette position, après avoir été soutenue à l’ouverture par la municipalité. « Le fait que l’on vende un peu de nourriture n’est pas nouveau ! Pourquoi un tel revirement ? », s’interroge-t-elle.
« Concurrence déloyale »
Elle estime que sa séparation, il y a quelques mois, avec un adjoint de la majorité municipale pourrait être à l’origine de ce «changement d’attitude ». « Non, c’est une affaire personnelle, nous ne nous en mêlons pas », balaye Stéphane de Paoli.
La mairie accuse le café de « concurrence déloyale » envers les restaurants voisins, et notamment la « Brasserie du Palais », à 50 m. « Nous n’avons que trois plats à la carte, nous ne sommes pas un restaurant ! Et puis, ce n’est pas avec 10 000 € de chiffres d’affaires par an que nous faisons de la concurrence… », insiste Zahya, en affirmant « très bien s’entendre » avec les propriétaires de la brasserie voisine.
Pourtant, ils se sont plaints, « plusieurs fois » selon Stéphane de Paoli. Rachi, gérante de la Brasserie du Palais depuis un an, acquiesce. Elle considère la situation « injuste » : « Au Yoopi, ils n’ont pas le même statut, pas de salariés, pas de charges, énumère-t-elle. Du coup, leurs prix sont beaucoup plus bas ! On ne peut pas lutter. »
Ils ne veulent pas vider les lieux
Selon Rachi, la brasserie du Palais est passée de « 80 couverts à seulement 13 » depuis que le Yoopi a repris l’offre de restauration « en janvier ». « Les anciens propriétaires de la Brasserie avaient déjà signalé le problème, donc le Yoopi avait arrêté la restauration, rappelle-t-elle. Quand nous sommes arrivés, ils ont repris pensant que l’on ne dirait rien… »
Zahya répond qu’il s’agit de « problèmes d’organisation ». « Nous sommes bénévoles, nous avons une vie de famille et des contraintes extérieures, plaide-t-elle. Notre situation nous permettait de reprendre en janvier, tout simplement. »
Zahya, convaincue d’être dans son bon droit, n’envisage pas de quitter les lieux. « Ce ne sera pas possible, tranche, ferme, Stéphane de Paoli. Notre décision est prise. » La future utilisation de ce local n’a, pour le moment, pas été choisie.
DROIT DE RÉPONSE de Madame Zahya El Ghardouf, gérante du Yoopi Café
«L’objet de l’association est de favoriser le développement du lien social et les rencontres inter quartiers. Dans cette optique, le café associatif met à disposition des enfants et des parents un espace pour pouvoir rencontrer d’autres familles et partager des activités financées partiellement par les cotisations des adhérents ce qui permet la mise à disposition d’une structure d’accueil. La base est donc totalement participative et non commerciale faute de but lucratif ; Il ne s’agit pas d’une activité de commerce de bouche comme votre publication le laisse croire, sans crainte de contredire un précédent article « le café où les enfants sont rois » qui précisément décrit l’esprit du lieu et le sens de la démarche, précisant le système d’adhésion et de cotisations ce qui montre suffisamment que ce lieu est réservé aux adhérents.
A aucun moment la Mairie n’a directement ou indirectement fait valoir ce grief de prétendue concurrence déloyale non plus que la Brasserie voisine n’a jamais fait de démarche en ce sens. Il n’y a aucun document formel en ce sens, aucune mise en demeure ni sommation. De même aucun constat d’une telle activité n’a été dressé à ce jour ce qui prive de fondements ses accusations à visée purement médiatique.
En outre l’activité du Yoopi café est contrairement à ce que soutient Monsieur le Maire, subventionnée par la Municipalité jusqu’à présent, qui a été étroitement associée à sa création comme à chacune des étapes de son développement. L’activité étant restée inchangée et réservée aux adhérents la critique est faite avec une grande légèreté.
L’association ne développe aucune activité qui soit contraire à ses statuts et qui pourrait être considérée comme commerciale : la prétendue activité de restauration est si discontinue qu’on ne peut y voir d’activité comparable à celle de la brasserie voisine.
En tout état de cause le Yoopi café ne saurait faire l’objet d’une sanction au titre de restriction d’implantation dans un périmètre fixé entre le bailleur social et la Braserie du Palais, qui lui sont totalement inopposables.
Enfin la Mairie, sauf ingérence, ne peut se substituer aux droits du bailleur social entité avec laquelle la convention a été signée et qui décidera des suites à donner à l’expérience du Yoopi café.»
Note de la rédaction
La municipalité loue les locaux au bailleur social et est libre d’en disposer. Elle peut ainsi choisir de ne pas renouveler la convention signée avec l’association AAE. Association à laquelle Zahya El Ghardouf n’appartient plus.
Sur sa page Facebook, le « Yoopi Café » se définit comme une « entreprise d’alimentation et de boisson ». De même, sur une autre page « The Yoopi », les publications ne font état que des repas proposés à l’heure du déjeuner.
Concernant la « concurrence déloyale », il s’agit d’accusations émises par la municipalité et la Brasserie du Palais. Ces derniers ont le droit de s’exprimer et de défendre leur point de vue. Comme a pu le faire Zahya El Ghardouf.
2018-11-09 11:00:00
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