Le 42e Festival International du film de Femmes (IFFF) promet une fois de plus une programmation riche et diversifiée. Dès le 1er avril,des réalisatrices venues du Soudan,du Cameroun,d’Afghanistan,d’inde,de Turquie et de Slovénie présenteront leurs œuvres à Dortmund et échangeront avec le public. Au program, une centaine de films mettant en scène des « figures féminines fortes et ambivalentes », invitant à « penser hors des sentiers battus », selon le descriptif du festival.
L’un de ces personnages marquants est Dhunu, l’héroïne du film indien « Village Rockstars 2 » de Rima Das.Ce drame cinématographique, à la fois poétique et lucide, aborde la crise climatique. Dhunu, 17 ans, vit dans un village de l’État indien d’assam.Elle grimpe aux arbres, joue de la guitare avec passion, câline des chèvres, s’occupe d’enfants et assume la responsabilité de sa mère malade. Elle ne veut surtout pas suivre les traces de cette dernière, effectuer un travail agricole pénible ou ramener un fils ivre à la maison.Ce dernier pousse sa mère à vendre des terres pour financer ses rêves égoïstes. Dhunu, elle, aspire à une carrière de musicienne. Mais la redoutable inondation survient, rendant la vie rurale déjà difficile encore plus précaire : l’eau monte jusqu’aux genoux, les récoltes sont détruites, les insectes pullulent ! La pauvreté, le patriarcat et le changement climatique sont dépeints sans complaisance. Malgré ces épreuves, le film est porté par la beauté des paysages, la tranquillité de la vie villageoise, l’amitié et la solidarité entre les femmes. Cette histoire courageuse de femmes émancipées dans des conditions extrêmes a été nommée à la Berlinale 2025 dans la catégorie « Generation 14plus ».
Le film espagnol « Salve María » s’ouvre sur des cris d’enfants.L’héroïne du film de Mar Coll réagit avec un certain détachement face à cette situation. Toutes les femmes ne sont pas automatiquement dotées d’un « instinct maternel ». C’est particulièrement le cas de María, incarnée avec conviction par Laura Weissmahr. Elle apprécie davantage son travail d’écrivaine que de bercer et consoler son bébé dans un cours pour jeunes mamans. Elle fuit donc le quotidien maternel et mène des recherches sur les mères infanticides. Le film dépeint avec humour une « anti-mère », oscillant entre la comédie, la bluette et le thriller psychologique. La maternité peut être un frein à l’épanouissement professionnel, a expliqué Stefanie Görtz, attachée de presse de l’IFFF, soulignant l’importance de ce thème dans la section « longs métrages internationaux ». Le film aborde également le manque de soutien que les hommes peuvent parfois apporter dans une relation.
« Mutterschaft kann für berufliches Weiterkommen eine Sackgasse darstellen. »
L’IFFF met également l’accent sur le regard cinématographique porté sur les développements capitalistes et néocoloniaux. le film « Europa » de Sudabeh Mortezai illustre la brutalité de ces pratiques et le rôle perfide que les femmes peuvent y jouer. Dans cette production autrichienne, lilith Stangenberg incarne avec brio une directrice ambitieuse du groupe international « Europa ». Elle excelle notamment dans son rôle de Beate Winter,qui dissimule habilement son racisme et utilise des méthodes insidieuses pour s’approprier des terres. Cette « sauterelle » prévoit d’expulser des paysans albanais. Dans le jargon de l’entreprise, il s’agit de « favoriser les régions sous-développées par des investissements ». On devine qu’il est question d’exploitation et de profits. La mission de Beate est de convaincre les derniers habitants de céder leurs terres ancestrales. Un paysan en particulier résiste farouchement. La réalisation de mortezai dénonce avec satire et sarcasme les méthodes du capital mondial, alternant la carotte et le bâton.
« Mit Investitionen unterentwickelte regionen fördern. »
La directrice du festival, maxa Zoller, souligne dans l’introduction du programme l’importance de « apprendre à voir et à désapprendre – décoloniser le cinéma ». Il s’agit de reconnaître les « habitudes visuelles discriminatoires ». Le festival offre une occasion d’échanger et de créer des réseaux. Face à la menace de destruction culturelle, Zoller lance un appel combatif : « Faites du bruit ! Touche pas à la scène libre, touche pas à la culture cinématographique ! »
« Werdet laut! Hände weg von der freien Szene, Hände weg von der filmkultur! »
Le 42e Festival International du film de Femmes (IFFF) : Un Aperçu
Table of Contents
Le 42e Festival International du Film de Femmes (IFFF) promet une programmation riche et diversifiée, dès le 1er avril. Des réalisatrices du Soudan, du Cameroun, d’Afghanistan, d’Inde, de Turquie et de Slovénie présenteront leurs œuvres à dortmund. Le festival mettra en vedette une centaine de films mettant en scène des « figures féminines fortes et ambivalentes »,invitant à « penser hors des sentiers battus ».
Films Mis en Avant
Village Rockstars 2 (Inde) de Rima Das : Ce film suit Dhunu, 17 ans, confrontée aux défis de l’âge adulte dans un village d’assam.Il aborde la crise climatique, la pauvreté et le patriarcat. Nommé à la Berlinale 2025 dans la catégorie « Generation 14plus ».
Salve María (Espagne) de Mar Coll : Explore la maternité sous un angle nouveau avec une héroïne qui ne correspond pas aux attentes traditionnelles.
Europa (Autriche) de Sudabeh Mortezai : Dépeint les développements capitalistes et néocoloniaux, avec une directrice d’entreprise qui utilise des méthodes insidieuses pour s’approprier des terres.
Thèmes Abordés
Crise climatique et ses conséquences.
La maternité et ses défis.
les développements capitalistes et néocoloniaux.
Appel de la Directrice
La directrice du festival, Maxa Zoller, souligne l’importance de « apprendre à voir et à désapprendre – décoloniser le cinéma ». Elle appelle à la protection de la culture cinématographique.
Tableau Récapitulatif des Films
| Film | Réalisatrice | Pays | Thèmes |
| —————- | —————– | ——- | ————————— |
| Village Rockstars 2| Rima Das | Inde | Crise climatique, pauvreté, patriarcat |
| Salve María | Mar Coll | Espagne | Maternité, défis professionnels |
| Europa | Sudabeh mortezai | Autriche | Capitalisme, néocolonialisme |
FAQ du Festival International du Film de Femmes
Qu’est-ce que le Festival International du Film de Femmes ?
Un festival qui met en avant des films de femmes et encourage la diversité des perspectives.
Quand et où se déroule le festival ?
Dès le 1er avril à Dortmund.
Quels types de films sont présentés ?
Une centaine de films mettant en scène des « figures féminines fortes et ambivalentes ».
Quels sont les thèmes principaux abordés ?
La crise climatique, la maternité, le capitalisme et le néocolonialisme.
Pourquoi le festival est-il critically important ?
Il offre une plateforme aux réalisatrices et encourage une réflexion critique sur le cinéma et la société.