Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réaffirmé mardi, à deux jours d’un sommet extraordinaire à Bruxelles, son refus d’accorder une aide à l’Ukraine sur une période de quatre ans, soulignant que l’Ukraine représente un “défi important” pour l’Europe au-delà du conflit.
Face à la colère des agriculteurs en Europe, notamment en raison des importations ukrainiennes, le dirigeant nationaliste estime que “cette situation montre à quel point l’Ukraine pose un problème sérieux pour l’Europe, indépendamment de la guerre”.
“Il faut être très prudent car l’Ukraine est un pays immense”. Et son rapprochement, voire son adhésion à l’UE, “aura un impact énorme, désastreux sur les économies européennes, en particulier dans le secteur agricole”, a-t-il déclaré dans une interview avec l’hebdomadaire Le Point.
Leur production est ” bien moins chère que celle des agriculteurs français et hongrois, et cela n’est pas viable. Nous ne pouvons pas rivaliser”, a ajouté le dirigeant nationaliste, appelant la Commission européenne à “défendre les intérêts européens contre les Ukrainiens, et non l’inverse”.
En ce qui concerne ce dossier ukrainien, il a souligné la “solitude” de la Hongrie au sein de l’UE, alors que les 26 autres États membres “pensent toujours qu’il existe une solution militaire”.
Après le veto en décembre au versement de 50 milliards d’euros à Kiev sur quatre ans, Budapest a présenté samedi “une offre de compromis”, soulignant la nécessité d’une “décision annuelle, revue en fonction des événements”.
En effet, les élections européennes se profilent, qu’il espère remporter avec d’autres formations nationalistes, puis les élections américaines en novembre avec l’espoir d’une victoire de Donald Trump.
Mais Bruxelles a réagi en menaçant la Hongrie de subir “un vaste blocus financier”, ce qu’il déplore en se basant sur le contenu d’un article du Financial Times.
Selon le quotidien britannique, l’UE a préparé un document appelant les dirigeants des 26 pays à publiquement menacer de priver la Hongrie de tous les fonds qui lui reviennent si aucune solution n’est trouvée jeudi, afin de faire pression sur Budapest en “mettant en danger sa monnaie” et en ébranlant la confiance des investisseurs.
“C’est une sorte de manuel du maître chanteur. (…) Je n’ai aucun doute sur l’authenticité de ce document. Connaissant Bruxelles, ils en sont capables”, a déclaré Viktor Orban, habitué aux confrontations avec ses partenaires.