Home » Sports » Le règne hivernal de Mathieu van der Poel avant les Championnats du Monde de cyclo-cross

Le règne hivernal de Mathieu van der Poel avant les Championnats du Monde de cyclo-cross

by Nouvelles
Le règne hivernal de Mathieu van der Poel avant les Championnats du Monde de cyclo-cross

Dites-moi qui vous avez battu, je vous dirai quel champion vous êtes, prétend l’adage sportif. Mais comment faire lorsque, comme Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck), on survole sa discipline, pendant que ses meilleurs rivaux refusent l’obstacle de Tabor ? On n’ira pas jusqu’à dire que le Néerlandais flamboyant est le seul prétendant au titre mondial, dimanche dans la boue tchèque. Mais il s’avance en favori exclusif, sur les terres qui lui ont offert son premier titre mondial chez les Élites, en 2015.

À l’époque, le petit-fils de Raymond Poulidor présentait un visage juvénile et Wout van Aert lui tirait la bourre. Aujourd’hui, MVDP est seul dans son monde. Et il est le premier à le reconnaître : “Si je ne gagne pas à Tabor, je ne peux pas considérer cet hiver comme réussi.”

L’hiver, Mathieu fait ce qu’il lui plaît. Il compose son calendrier de courses à sa guise (quitte à irriter l’Union cycliste internationale, qui aimerait voir les stars multi-disciplinaires porter plus d’intérêt à la coupe du monde de cyclo-cross). Et il se balade sur les différents parcours qui lui sont opposés : 12 victoires depuis son premier cross de la saison, à Herentals mi-décembre, 1 seule défaite, après la chute sur le circuit de Benidorm, et d’innombrables démonstrations de classe absolue.

Du pur Van der Poel : son accélération faramineuse

Pidcock rêve plutôt de VTT

Mathieu van der Poel était à un autre niveau cet hiver, dans une catégorie à part“, salue Tom Pidcock (Ineos Grenadiers). Le troisième homme, le seul à avoir déroché l’arc-en-ciel depuis que Van der Poel et Van Aert ont pris le pouvoir (en 2022, en l’absence des deux “Van”) n’est pas à Tabor pour tenter à nouveau sa chance. Comme Van Aert, Pidcock a réduit son programme hivernal (quitte à frustrer l’UCI, encore) en vue d’une année 2024 des plus chargées. Et il ne tenait pas particulièrement à prendre la leçon. “Cet hiver, j’ai appris que je ne suis pas vraiment heureux de simplement venir et courir“, explique-t-il. “Je veux être compétitif, je ne peux pas prétendre que ça ne m’embête pas [quand ce n’est pas le cas]“.

Mon objectif était de gagner les Mondiaux, je l’ai fait, donc je reviendrai quand j’en aurai envie“, explique le jeune Britannique, qui vise notamment le classement général sur le prochain Tour et l’or en VTT aux Jeux Olympiques. Une discipline dans laquelle il devrait à nouveau se frotter à Van der Poel.

“C’est une autre histoire, une autre discipline”, expliquait Pidcock à Benidorm, lorsqu’un journaliste italien suggérait qu’il était plus fort que Van der Poel en VTT. “Il n’a pas véritablement couru depuis plusieurs années donc il représente une inconnue“.

image

Van der Poel tourne la page Benidorm en s’imposant à Hamme : les temps forts en vidéo

Van Aert, objectif Monument

Van Aert connaît bien mieux la difficile équation posée par Van der Poel au printemps. Est-elle soluble ? “Ces dernières années, Wout a essuyé de nombreuses critiques de la part d’anciens coureurs et de grands champions qui lui disaient qu’il devait réduire son programme de cyclo-cross s’il voulait remporter le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix”, rappelle le sélectionneur belge Sven Vanthourenhout. “Maintenant qu’il l’a fait, je ne pense pas qu’il puisse être critiqué pour cette décision“.

Mais quand même, après la victoire de Van Aert à Benidorm, Vanthourenhout a bien tenté d’attirer le triple champion du monde de cyclo-cross à Tabor. “Je lui ai encore posé la question hier, juste pour être sûr”, reconnaissait-il au moment de dévoiler les effectifs belges pour les Mondiaux. “Mais ce n’est pas à nous de le convaincre.” Alors “il ne faut pas tourner autour du pot. Mathieu van der Poel sera probablement l’ultime favori à Tabor“.

Les Belges, qui font face à une rare disette depuis le titre de Van Aert en 2018, comptent pourtant sur un expert comme Eli Iserbyt, vainqueur de la Coupe du monde, numéro 1 mondial, plus jeune champion du monde espoirs (en 2016, à 18 ans, avant de récidiver en 2018)… “L’arc-en-ciel, c’est le plus beau, le plus grand de tous“, rêve-t-il. “Mais Mathieu sera le grand prétendant. C’est très difficile mais on ne sait jamais… Il faudra être prêt et on verra à Tabor.

image

“La fusée décolle” : l’attaque stratosphérique de van der Poel après 3 tours parmi les humains

Seul contre l’histoire

Van der Poel aussi a beaucoup de choses à voir, au-delà de Tabor. “Je vais y penser“, “il faut y réfléchir“, répond-il régulièrement face aux interrogations quant à son avenir sur les circuits de cyclo-cross. Quintuple champion du monde, il rêve de rejoindre (voire dépasser) le septuple vainqueur Eric de Vlaeminck. Mais avec un sixième titre à Tabor, neuf ans après le premier, au même endroit, MVDP pourrait se dire que “la boucle est bouclée, mais je ne sais pas encore“.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.