Les avancées dans le traitement de la maladie de Parkinson : le rôle du microbiote intestinal

Les avancées dans le traitement de la maladie de Parkinson : le rôle du microbiote intestinal

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative liée à l’âge, touchant environ 3 % de la population à l’âge de 65 ans. Il s’agit d’un trouble neurologique progressif qui affecte le , le contrôle musculaire et l’équilibre : lenteur, raideur, tremblements… Autant de symptômes moteurs qui peuvent fluctuer au fil des journées. Cependant, il existe aussi de nombreux symptômes non moteurs, quant à eux invisibles, et pouvant apparaître longtemps avant les premiers symptômes moteurs. Un des plus fréquents est la constipation, à l’origine de l’hypothèse selon laquelle les intestins seraient liés au développement de la maladie.

Le microbiote responsable de symptômes invisibles… mais pas seulement !

En 2019, des scientifiques de l’université de Groningue aux Pays-Bas ont mené des recherches sur le rôle du microbiote dans l’amélioration des symptômes digestifs. Ils ont montré que l’administration de prébiotiques et probiotiques chez les patients parkinsoniens améliore significativement la , ouvrant la voie à des recherches plus poussées sur l’effet des bactéries intestinales sur l’amélioration des symptômes, et ce via la transplantation fécale. Cette méthode consiste à transférer les matières fécales d’un individu, préalablement soumis à divers tests de dépistage, à un patient, grâce à une sonde nasogastrique par exemple. L’université de Gand en Belgique et une équipe du VIB-UGent Centre pour l’Inflammation Recherche ont mené une étude sur les effets de la transplantation d’un microbiote fécal sain à des patients atteints de Parkinson aux stades précoces. Les résultats, publiés dans la revue La Lancette, sont très prometteurs : en effet, les scientifiques ont observé une amélioration des symptômes moteurs, et ce dès la première année suivant la transplantation.

Dans 90 % des cas, la maladie de Parkinson est causée par des facteurs inconnus : on parle de pathologie idiopathique. Il s’agirait d’une combinaison du vieillissement et de facteurs génétiques et environnementaux. La seule certitude repose sur le fait que l’évolution de la maladie est due à la disparition progressive de cellules cérébrales, les neurones dopaminergiques, intoxiquées par des amas protéiques. Or, à un stade précoce de la maladie, les amas de protéines se formeraient dans la paroi intestinale. Ils seraient ainsi conduits aux cellules cérébrales via le nerf vague, composant majeur de l’axe cerveau-intestins.

Une solution pour freiner la progression de la maladie ?

Les avancées scientifiques majeures sur la communication bidirectionnelle entre le système nerveux central et le microbiote intestinal, représentent un enjeu majeur de santé publique. Il est désormais démontré que la dérégulation de cet axe dans la maladie de Parkinson est associée à des manifestations gastro-intestinales précédant les symptômes moteurs, tels que la constipation, ainsi qu’à la pathogenèse de la maladie de Parkinson elle-même. Cependant, bien que de nombreuses solutions permettant d’améliorer la qualité de vie quotidienne des malades voient le jour, la maladie de Parkinson reste incurable à l’heure actuelle. S’il s’agit d’un processus pathologique s’étendant des intestins vers le cerveau, en quoi la transplantation fécale peut-elle freiner l’évolution de la maladie ? C’est à cette question que tentent de répondre les chercheurs.

#Guérir #Parkinson #grâce #transplantation #fécale
2024-04-14 02:46:49

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