Masques en tissu fabriqués à la main rejetés par la CNESST pour les employés de magasin

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Dernière mise à jour 21 juillet à 17 h 28 min

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse canadienne
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VAL-D’OR-Plusieurs grandes chaînes de magasins ont fait fabriquer à grands frais des masques en tissu réutilisables… qui ne peuvent pas être utilisés. Dans un document dont La Presse Canadienne a obtenu copie, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) oblige les employés des ateliers à porter un masque chirurgical (jetable) voire le N95 pour les employés qui ne sont pas en retard un plexiglas. Le document précise en outre que les masques en tissu faits à la main ne sont pas conformes dans de tels cas.

La nouvelle a été confirmée par un porte-parole de la CNESST, Maxime Boucher. «C’est effectivement la politique de la CNESST à l’égard des entreprises», a-t-il déclaré. Cependant, il n’a pas été possible de savoir quelles sanctions sont prévues pour les employeurs qui n’offrent pas ces masques en quantité suffisante à leurs salariés. La directive CNESST prévoit un minimum de quatre masques jetables pour chaque salarié et indique que tout masque souillé ou trop humide doit être changé.

Assez c’est assez, dit AQMAT

L’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT) estime que cette volte-face de la CNESST est trop. «Trop c’est trop», déclare le président et chef de la direction de l’AQMAT, Richard Darveau. Déjà nos membres doivent jouer la police avec les clients et ce sont eux qui doivent payer pour les clients récalcitrants, c’est maintenant une autre mesure que nos membres devront mettre en œuvre. »M. Darveau dénonce également la valse-hésitation de la Santé publique dans le cas du masque. «J’ai une quincaillerie de Montréal, membre de notre association, qui avait été crucifiée sur la place publique parce qu’il avait des masques chirurgicaux pour ses employés alors que nous étions en pénurie. Nous avons même encouragé nos membres à faire don de leurs masques au personnel de santé pour tenter de pallier la pénurie. Avec ce que nous savons aujourd’hui, aurions-nous dû les garder? “

Richard Darveau indique que les membres de l’AQMAT ont à cœur la santé et la sécurité de leurs employés. La question n’est pas là, selon lui. «C’est toujours deux poids deux mesures, deux mesures, soutient-il. On arrive qu’on ne sait plus sur quel pied danser. J’ai aussi une pensée pour tous les commerçants qui, pensant faire la bonne chose, ont dépensé des milliers de dollars pour faire fabriquer des masques pour leurs employés et qui se font dire par la CNESST que ces masques ne sont pas conformes. “

Richard Darveau a indiqué qu’il veillera à ce que ses quelque 1 000 membres soient informés de ces nouvelles directives. Pendant ce temps, des sources nous disent que des chaînes de matériel comme BMR sont en pourparlers avec le ministère de la Santé pour assouplir les règles de port de masque pour les employés.

Texte publié dans le cadre de l’Initiative de journalisme local (La Presse canadienne)

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